Écrire, c'est migrer au fond de son âme, sans jamais savoir où le vent, la
fatigue et l'instinct nous déposent, sans jamais connaître les limites de son voyage.
Tant de haïku derrière moi... et tout à découvrir... la connaissance est sans limite, le doute aussi...
anna
dessins, sculptures, photos, écrits
des traits de vie
de mes mains à vos yeux
et mes pas s'enfoncent dans la mousse laissant le silence devant et derrière moi... Chaque foulée imprègne le sol de mon odeur... Ils
passeront après moi, les petits et les grands, reniflant ce que je dépose sans le savoir... je me fais de plus en plus légère de plus en plus minuscule, mon corps s'accorde avec mon esprit pour
ne laisser derrière moi, qu'un semblant de rien... juste assez pour que la forêt qui se referme dans mon dos, s'empresse de m'oublier...
face à face
le défi des perce-neige
la lenteur du printemps
regard tendu
sur les sommets enneigés
un aigle royal
dernières plaques de neige
aucune trace de loup
je regarde la beauté qui m'entoure et cherche dans ma tête les mots en japonais pour pouvoir dire avec mon coeur ce que je ressens...
une performance magnifique de Martina Gedeck qui vous plonge au coeur des montagnes autrichiennes, dans un isolement absolu et
irréversible....
beauté troublante et dérangeante d'une femme en survie... d'une femme qui ne cesse à travers ses réflexions et ses épreuves, de trouver le courage
de continuer à vivre dans un paysage superbement démoniaque, sans issue.
C’est le dernier film, le dernier soupir, la dernière confession de Théo Angelopoulos : la poussière du temps recouvre le présent, pour le meilleur
et pour le pire.
La petite mare, que j'ai creusée non loin de lui, attend les premières pluies de printemps...
je pars aujourd'hui, à la rencontre des migrateurs .... descendant bien plus au sud encore que d'habitude ... pour des nuits sans sommeil... et des
jours attentifs au moindre changement