Mardi 25 novembre 2014 2 25 /11 /Nov /2014 18:24

Japon- Octobre 2014

 

a-30-picoides leucotos  オオアカゲラ


Lundi 24 novembre 2014 1 24 /11 /Nov /2014 16:57

octobre 2014

 

il pleut depuis deux jours. Le second typhon rode encore dans le secteur. Il s'efforce de nous montrer ce qui lui reste de vigueur après s'être délesté de sa surcharge sur le littoral pacifique... La pluie n'en reste pas moins pénible. Sur les routes étroites que nous empruntons la visibilté se réduit à chaque tournant. Le coin et le temps sont tristes, mais nous savons que là où nous nous rendons, il y a un "onsen", un de ces bains chauffés par l'eau des volcans, un de ces endroits, où l'enfer s'est décomplexé pour laisser une grande place au paradis... de quoi oublier le mauvais temps qui nous harcèle.

Il fait nuit, lorque nous poussons le noren du onsen. Côté femme, le bain ne relaxe personne. Geste après geste j'applique le rituel qui consiste à laver son corps et ses cheveux avec beaucoup de soin, puis je rentre lentement dans cette eau diaboliquement soufrée... tout fume autour de moi, la température de l'eau est de 42 °. J'ai l'impression de me ramolir jusqu'à la racine des cheveux... Par la fenêtre entrouverte, j'entends la pluie rebondir sur le toit... Les nuages empoissent l'air. Je m'enfonce davantage dans le bain presque brûlant... et de temps en temps comme un rappel à la vie, la lune se taille un minuscule passage à travers cette nuit opaque pour venir éclairer quelques instants l'eau trouble des volcans.

 

5 heures du matin, il a gelé dans la voiture où nous avons passé la nuit... Sortir de nos duvets est une priorité qui ne nous emballe guère... mais nous sommes au pied du Haku San, 1600 m de dénivelé nous narguent gentillement entre les érables rouges.

Montagne sacrée où se prosternent moines et pélerins, nous ne pouvons nous permettre de reculer.

 

 

 

 

chemin des moines

au dessus de la vallée

le pont porte les prières

 

 

 

 

pont hakusan


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Mercredi 19 novembre 2014 3 19 /11 /Nov /2014 17:26

octobre 2014


Partir, loin de chez soi, quitter ses habitudes, rompre avec le confort de sa langue, le réconfort des expressions qui la colorent, voilà bien des changements qui chahutent un quotidien à l'étranger. Nous ne pouvons progresser, que porter par la force du pays qui nous accueille. Le temps prend ce qu'il veut sur notre patience, il nous détermine l'espace qu'il nous configure sans nous demander notre avis. Et nous nous conformons aux règles. Nous savons que ce sont elles, et elles  seules qui nous feront évoluer. Un peu plus adaptés par ces leçons d'attention, nous avançons au hasard de nos décisions.

Péninsule de Noto. La mer du Japon n'a pas rongé toutes les côtes nords de l'île. Un petit bout de terre nargue la mer et le reste du pays. Quelques villages exigus, faits de bois et de paille dominent les criques déchiquetées par les tempêtes où se nourissent, insouciantes, quelques aigrettes sacrées. De minuscules rizières se superposent sur les versants abrupts.  Entre homme et rizière, l'équilibre s'ajuste au raz de l'eau. Le riz se récolte toujours traditionnellement.  Une fois coupé, on le suspend en gerbe sur des structures de bois au milieu des champs. La beauté des reliefs s'en trouvent totalement enrichie et lorsque par fantaisie, s'en vient souffler un petit vent chaud et doux du large, se glisse entre grains et paille, un murmure de moisson, un chant, dont seul les rizières en connaissent le sens. Dans cette péninsule, l'art de ramasser le sel est à lui tout seul une voie sans équivoque. On emprunte à la mer ce minéral avec parcimomie. Ici, les gestes sont répétés depuis la nuit des temps, ils n'en restent pas moins impressionnants de justesse. La mémoire des ancêtres veille sur l'excellence.  Le long de la côte se succèdent quelques exploitations familiales qui soustraient quotidiennement à l'eau de mer, ce précieux cristal. Comme toujours au Japon, tout se fait avec une conscience parfaite. Rien n'est négligé. Tout est soigné avec perfection.


Wajima, au bout de la péninsule pointent les premiers toits en tuiles... La nuit tombe encore une fois trop tôt, et il nous faut trouver un endroit où planter la tente.

 

 

 

du temps,  le temps s'oublie

faucher  le riz n'est qu'une étape

 



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Vendredi 7 novembre 2014 5 07 /11 /Nov /2014 12:30

octobre 2014

 

5h30 du matin, le jour se lève. Pas de décalage horaire. Au Japon, on vit à l'heure solaire. Lever tôt, coucher raisonnablement tard, la perception du temps change, même si celui-ci est invariable au notre. Mais voir la nuit tomber à 18 h alors que nous sommes en octobre, perturbe un peu notre notion d'espace et de temps. Pourtant, ces heures matinales nous deviennent très vites familières.

 

Le sentier du volcan Yake dake s'ouvre à nous de façon surprenante. La forêt qui nous accueille filtre la lumière avec obstination. Les arbres nourris par les caprices du volcan, dressent leurs houppiers en désordre vers l'inconnu. Ils sont immenses et leur âge ne se compte certainement plus. Je lève la tête vers leurs cimes que je ne peux percevoir. Les plus vieux d'entre eux, ont la face nord de leurs troncs recouverts d'une épaisse couche de mousse qui les protège de la neige et du vent glacial. Il règne dans cette forêt une lourdeur oppressante, incroyablement envoûtante. Les racines des hêtres, des érables, des marronniers et des hinoki, s'entrecroisent sur le sentier compliquant considérablement notre progression. Mille mètres de dénivelé nous attendent. Comparés aux mille six cents que nous allons entreprendre pour gravir le Haku San, troisième divinité du Japon après le Fuji San, cela semble être des broutilles. Mais nous ne savons pas encore bien appréhender les pentes des volcans de ce secteur.

La montée se fait silencieuse d'autant plus que des ours noirs sont signalés dans le coin. Pourtant, rien ne viendra perturber cette ascension éprouvante pas même les oiseaux. Passerelles et échelles nous secondent dans cette lente progression et le sommet derrière d'épais nuages et fumerolles aux propriétés toxiques, se laisse entrevoir par intervalle...

Les couleurs d'automne moirent étrangement la brume, et malgré la fatigue, je me laisse complètement submerger par cet étonnant paysage. Avançant avec une endurance remise à l'épreuve chaque instant, le souffle se fait difficile, les pentes sont raides et le froid mordille les joues. La végétation se retire peu à peu du relief, mettant à nu une roche volcanique rugueuse au contact pourtant chaud. Chaleur qui nous rappelle simplement que sous nos pieds, ça bouillonne. Quelques indications bordent le chemin jusqu'au sommet, qui enfin après de longues heures de marche nous ménage une petite place dans les fumerolles délétères..

 

sommet du Yake dake

du Japon

nous ne voyons que nos chaussures.

 

Le Yake dake s'enferme dans son mutisme de volcan un peu oublié... Il ne nous révéle rien de ce qui l'environne. Ce géant à l'altitude modeste, nous aura accordé le droit de le gravir sans manifester de contrariété, ce qui pour des gaïjin comme nous est déjà une très grande faveur.

 

 

Enfin après tant de temps, je reprends mes pinceaux...


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Mardi 4 novembre 2014 2 04 /11 /Nov /2014 15:54

octobre 2014

 

Ici, les dieux sont capricieux. Il est préferable de ne jamais les contrarier. Leur éveil a pour sale habitude d'embraser la montagne et les prêtres shinto veillent chaque saison sur leur repos. Au bord d'un étang, coincé au fond d'une vallée, quelques moines s'attachent à perpétuer les traditions remontant à des origines tellement lointaines que très peu de japonais en connaissent leurs racines. Peu importe, ils sont là et nous aussi. Il me semble légitime d'être là même si c'est  par hasard. Je frôle un peu de leur croyance sans vouloir m'y impliquer davantage. Deux barques glissent majestueusement sur une eau limpide au point de voir le moindre détail des poissons et des herbes qui y vivent. La transparence de cette eau m'hypnotise, je ne mesure pas sa réalité... Une musique aussi fluide et inattendue que cette clarté qui ricoche sur l'étang, accompagne les maîtres de cette cérémonie destinée aux esprits de la montagne. Le temps s'écoule sans contrainte. Lentement les deux embarcations, l'une aussi singulière que l'autre, font le tour du petit lac, puis retournent sur le ponton en bois. Repassant sous le torii, les prêtres quittent le monde des dieux et redeviennent de simples mortels. Les japonais se prosternent avec la même simplicté que ce que leur impose le code de respect qu'ils pratiquent sans modération au quotidien.

La nature semble pourtant indifférente à toutes ces offrandes... mais l'est -elle vraiment ?

On ne peut comprendre le Japon, si on ne s'interroge sur sa spiritualité.

Nous quittons les lieux de cérémonie avec la même retenue qu'à notre arrivée. Peut-être un peu plus rassurés, peut-être un peu plus attentifs à la couleur changeante du ciel et de la terre.  Nous souhaiterions simplement que les dieux restent encore un peu cléments. Demain, nous gravirons le Yake dake, volcan actif, situé dans la continuité du Ontake, quatrième de cette chaîne explosive. Nous ne voudrions pas que notre audace les contrarie. Nous connaissons maintenant leur susceptibilité meurtrière.

 

 

brûme,nuage, fumerolle

de loin

on peut tout imaginer

 

 

  霞,雲, 発煙 ,遠いすべて想像することげできます


kasumi kumo hatsuen subete sôzôsuru kotogedekimasu




Publié dans : Japon Honshu

Dimanche 2 novembre 2014 7 02 /11 /Nov /2014 15:18

octobre 2014

 

Station de bus, gare de Kyôto, le typhon laisse place à un ciel de toute beauté. Nagomi, nous accompagne pour ce départ vers des régions plus sauvages. J'ai du mal à cacher ma tristesse. Ses yeux sont chargés de larmes, les miens retiennent tout juste ce qu'il faut pour ne pas m'effondrer.

300 km plus loin, montagnes et volcans pointent leurs instabilités vers le ciel, sans attendre qui que ce soit. Il nous faut changer de bus plusieurs fois, pour aller aux confins de ces vallées où les voitures n'ont plus accès. Il fait nuit lorsque nous plantons notre petite tente sous les arbres, le silence qui règne dans ces lieux, impose la discrètion. La majesté des montagnes que nous ne pouvons voir, incarne nos esprits. Il nous faut attendre le lendemain, pour pouvoir enfin mesurer la grandeur de cet endroit.

Parc national de Chubu-Sangaku, préfecture de Nagano... Kamikochi... le monde perd sa candeur si près du Ontake...

 

 

vol de nuit 

le monde s'interrompt un instant

quelques plumes suivent le mouvement


 

 

 

 

 


Publié dans : Japon Honshu

Samedi 1 novembre 2014 6 01 /11 /Nov /2014 22:45

saisissant et troublant, ce documentaire est un véritable hymne à la vie, à la mort et à l'amour de l'humanité.

 

 


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Vendredi 31 octobre 2014 5 31 /10 /Oct /2014 19:14

octobre 2014

 

Le Japon est un pays qui s'approche avec pudeur. Mes pas me poussent dans un monde d'une densité que je ne connais pas. Hokkaïdo est sauvage et ne se laisse pas pénétrer facilement, Honshu la grande est partiellement apprivoisée et très peuplée, elle n'en reste pas moins mystérieuse.

 

Première nuit à Kyôto. Kitaôji, quartier nord ouest de Kyôto, le monde et son battement de vie semblent n'avoir jamais quitté une certaine ruralité... Train, et métro nous mènent là où nous avions prévu de dormir. Nous nous perdons à plusieurs reprises dans ce dédale de rue et de ruelles débordant de jardin. Le moindre espace libre est conquis par de la verdure... arbres et fleurs en tout genre débordent des maisons traditionnelles toujours en bois et en papier... l'une d'entre elles nous ouvre ses portes pour la nuit. La fatigue nous terrasse, mais la beauté de ce lieu confortable, nous repose et nous accorde un peu de sommeil malheureusement interrompu par l'implacable décalage horaire. Finalement, Kyôto nous accueillera quatre jours, durant lesquels la puissance de ce pays et son incontournable mystère me permettront de retrouver une amie japonaise dont je n'avais plus de nouvelles depuis quelques années.

Les temples et  les jardins, les uns plus immenses que les autres, me donnent le vertige. Je ne trouve plus de mots pour qualifier ce que je vois. Bouddhisme et Shintoisme remplissent mes yeux d'architecture complexe et variée. Tout est en bois, en terre en corde et en papier. La fragilité de ces matériaux s'efface derrière l'énigme de ces constructions gigantesques. Les japonais vivent au rythme de tous ces dieux qui se frôlent sans se heurter... leur voie unique et imperméable aux religions occidentales, nourrit la spiritualité du peuple nippon avec une simplicité tellement évidente, que la tentation d'adhérer à leur croyance pourrait se manifester si je n'appartenais pas déjà en partie à la pensée " kami no michi ".


ces  kilomètres d'élégance prolongent mon regard à l'infini.


avant le temple, sous le torii 鳥居, nous passons de notre monde à l'autre monde

 

là où sont les oiseaux

premières couleurs d'automne

le jour s'achève

 


Un typhon est signalé au large du Pacifique. Son souffle ne s'épuise pas assez vite et Okinawa prend le plus gros de la tempête. Quelques milliers de kilomètres plus loin, nous cherchons un abri potentiel pour nous protéger des pluies torrentielles et des vents violents qui nous menacent.

 

 

lendemain de tempête

les dieux de la mer

ont pris leur tribut


 

 

 

dans les rues de Kyôto

en offrande au dieu assis sur le banc

quelques kaki




 


 


Publié dans : Japon Honshu

Dimanche 26 octobre 2014 7 26 /10 /Oct /2014 12:31

Le film, inspiré de faits réels, raconte l'histoire de deux frères, Junpei et Kanta, sur l'île de Chikotan après que celle-ci eut été annexée par l'armée soviétique de l'oblast de Sakhaline après la seconde guerre mondiale. Les habitants de l'île doivent alors vivre dans des conditions de vie difficile, mais l'espoir renaît grâce à deux enfants, Junpei et Tanya.

 

Lors de mes pérégrinations à Hokkaïdô 北海道 il y a trois ans,  j'ai eu l'occasion de voir combien cet épisode de l'histoire japonaise a laissé des traces douloureuses dans le coeur des autochtones.



Publié dans : films

Dimanche 26 octobre 2014 7 26 /10 /Oct /2014 12:13

 d'une incroyable beauté et d'une douceur absolue ce film nous emmène avec finesse et intelligence là où la vie se termine, là où le mystère commence ...

Île d'Amami, au Japon. Une chamane, à mi-chemin entre les hommes et les dieux, se meurt lentement d'une maladie incurable. Elle accepte, donc, la mort non comme une fin, mais un renouveau. Autour d'elle, son mari, sa fille, ses voisins l'accompagnent en entonnant sa chanson préférée....

à vous de découvrir la suite de ce joyau...

 

 

( viendra ensuite la suite de mon voyage... goutte à goutte... dans mes pas... dans ma tête, et dans mon coeur )

 

 

Publié dans : films

Vendredi 24 octobre 2014 5 24 /10 /Oct /2014 20:01

octobre 2014

 

Aéroport d'Ôsaka ... premier octobre de cet automne si doux, l'avion descend lentement sur le tarmac et mon coeur s'emballe. Tout le monde parle japonais autour de moi. J'écoute leurs impressions de retour, une caresse à mes oreilles qui tentent de s'habituer à la rapidité de leurs échanges. Le sol de cet archipel aux couleurs incertaines de ce début d'automne, me devient soudain accessible et je me laisse engloutir par le monde nippon sans résistance.

L'aéroport est immense, une foule inextricable, se croise et s'entrecroise avec une agilité innée. Tout le monde se frôle, personne se bouscule... L'art de vivre japonais est unique au monde. La force des kami coule dans leurs veines depuis si longtemps que leur sensibilié en est complètement modifiée.

Dans ce méandre infernal il nous faut trouver la gare pour prendre le train en direction de Kyôto. Les tableaux indicateurs sont tous écrits en japonais... nos sacs à dos n'épargnent pas nos épaules et les 24 h de voyage commencent à alourdir nos esprits.


 


 

incroyable beauté !

ma peau la reçoit

avant mes yeux

 

 

 


Publié dans : Japon Honshu

Vendredi 26 septembre 2014 5 26 /09 /Sep /2014 14:03

laissant mon odeur

occupée la maison vide

juqu'à mon retour


 

un tour de clé

un seul


grand soleil -


dans mon coeur

ceux qui restent avec lui

 

 

 

 

me serrant dans ses bras

son émotion discrète

de japonaise déracinée

 

 

silence sur les ondes

le ploc de la grenouille

s'absente de l'étang

 

 

 

 


Lundi 15 septembre 2014 1 15 /09 /Sep /2014 08:56

heures douces avant la pluie

les pommes de pins se referment

 

 

fraîcheur du soir

mes vieux os cherchent refuge



où puis-je aller ?


rien a changé

le monde se meurt... depuis si longtemps

 

 

je marche au bord du chemin

les arbres s'élèvent fragiles entre les cailloux

où s'enfuit-elle l'eau qui coule devant moi 

sans fin ?

où souffle t-il le vent qui me pousse 

sans frein ?

 

 

la montagne s'alourdit

 


tant de mélèzes embrasent

jour après jour

ses flancs

 

 

de gros nuages s'agrippent à mes cheveux et du jardin la dernière récolte de saison pend le long du mur

 

 

le chien de la maison a perdu la vue...

 

 

 silence

j'entends les lamentations des étoiles

 

 

jour et nuit se croisent

quelque part

au dessus des colchiques

 

 

 

mourant lentement

au pied du vieux cèdre

un bouleau privé d'immensité


 


 

 

 

 

 

 


Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 17:24

sur le dos de cette terre j'embrasse la pluie

 

dans chacun de mes pas qui glisse sur cette roche trempée, je sens de nouvelles forces nomades prendre leur aise dans mes veines. Lorsque sans gène elles atteignent mes songes, elles les  quittent ne laissant dans ma tête qu'un souvenir confus...


marchant sur le dos de la terre comme je trace les esquisses sur papier de riz


le vent efface mon passage... l'air frais désorienté par les nuages que la montagne déverse avec abondance, ne retient rien de mon existence... ce paysage immense m'absorbe dans sa souveraineté... S'amusant à courser la brume épaisse que le lever du jour conçoit avec fantaisie dans ces montagnes sauvages, l'aigle, seul héritier du vent et du ciel glatit de tout son être, donnant par cette résonance improvisée une intensité palpable au vide qui l'accompagne.

 

mon jardin ce matin n'a aucune limite - la page que je tourne reste blanche...

 

Sur le bord du chemin l'herbe est tellement haute qu'elle touche le bout de mes doigts. Quelques odeurs nouvelles remontent jusqu'à mes rêves... le coeur rempli de ces couleurs, j'avance et cherche à les deviner... Me resteront-elles inconnues ? je ne le pense pas... dans ma tête j'ai la connaissance consciente et inconsciente de mes ancêtres et dans le parfum de ces herbes, le temps des rencontres imprévues...

 

 

souffle et rêves s'évadent en ce début d'automne... 


 

sous la mousse et les glands pas encore tombés mille saisons se pressentent.

 

 

 


Mercredi 13 août 2014 3 13 /08 /Août /2014 13:58

frôlant mon pinceau

le petit chardonneret

se pose sur le cosmos

 

 

des yeux....

sans le retenir

 

 

pinceau durci

par mon absence

 

 ce matin

les nuages tombent dans la vallée

 

 

 

quittant les Cévennes aujourd'hui pour les Alpes, je marcherai dans les traces d'autres mystères... du chemin empierré  aux sommets rugueux... portant dans ma tête les doutes de mes limites, je me perdrai dans les brumes hostiles des jours avec et sans lumière... toutes les directions, m'attirent... et dans les semelles de mes chaussures de marche pousse chaque jour le besoin de bouger de plus en plus loin... mon pinceau reste au fond de mon sac... chaque image qui m'entoure, se définit comme une immensité impossible à reproduire... je ne m'en inquiète plus vraiment... la peinture est en moi comme l'est la poésie... Ce sont leurs présences circulant dans mes veines qui me redressent chaque jour et me donnent la force de voir ce qui ne se voit pas... Le mois d'octobre me conduira au Japon, au coeur même de Nagano... dans ces montagnes remplies de vie impalpable... Sac à dos et transports en commun, longues marches à travers des paysages insoumis, j'espère une fois de plus pouvoir toucher du bout de mon esprit cette culture indéfinissable...

 

 

 

au centre du jardin

l'immense tournesol guide

le potager


 

 

 

 

 

 

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