suite ... et sans commentaire .... GENIAL!!!
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=283977 link
http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-6-mai-2012-le-printemps-francais-4 link
Publié dans : écrits, livres et réactions
Écrire, c'est migrer au fond de son âme, sans jamais savoir où le vent, la fatigue et l'instinct nous déposent, sans jamais connaître les limites de son voyage.
Tant de haïku derrière moi... et tout à découvrir... la connaissance est sans limite, le doute aussi...
suite ... et sans commentaire .... GENIAL!!!
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=283977 link
http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-6-mai-2012-le-printemps-francais-4 link
d'après l'émission de Daniel Mermet " là bas si j'y suis" sur france inter Lien du podcast :
http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-6-mai-2012-le-printemps-francais , ou là link
6 Mai 2012, le président sortant et son concurrent François Flamby ont été balayés par un grand souffle d'air frais. Le MIRAC (Mouvement Indépendant
pour une Réelle Alternative Citoyenne) l'a emporté. Le premier ALTER GOUVERNEMENT vient d'être proclamé lors d'un grand pique nique populaire dans les jardins de l'Elysée. Paul ARIES, Ministre de
la ville et du commerce, Franck LEPAGE, Ministre de la Culture, Suzan GEORGE, Ministre des Affaires étrangères, Michel et Monique PINCON CHARLOT, Ministres de la Réforme de l'Etat...
En exclusivité et avec trois mois d'avance, notre Grand Reporter, Giv Anquetil, a rencontré les figures du "French Spring".
A NOTER, les éditions Aden rééditent "la Dette ou la vie", un ouvrage collectif du Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde (CADTM) sous la direction d'Eric Toussaint et Damien Millet. Là-Bas si j'y suis vous le recommande chaudement !
à écouter et à réécouter, à faire écouter sans limite. Cette émission du 8 février remplit les cerveaux d'air, les pensées de fraîcheur, empêchant par cette oxygénation salvatrice, la très menaçante flébite des neurones de dévaster notre moral...
merci Daniel et toute l'équipe de "là bas si j'y suis" ... et que la mise en scène continue... qui sait
!!!!
sur mon carnet
en point final
une goutte de pluie
Dans la région d'Azuka, berceau du Japon, la vie s'écoule avec ses légendes... histoire d'amour, de confrontation, de passion et de rêve... tout se déroule comme au temps des dieux qui habitaient les trois montagnes environnantes...
fragile et bouleversant, le temps se déplace dans l'attente... les morts traversent la vie des vivants sans les déranger, juste pour leur rappeler que ce sont les montagnes, les rivières, le ciel, tous les éléments qu'ils ont tendance à détruire, qui les relient à ce qu'ils ne peuvent voir...
ce film est un hymne à la nature, à l'homme à la femme, à l'union, à la séparation, à la beauté du doute...
à ne surtout pas manquer
Tanger, de l'aube à la nuit, le temps, l'espace, le sommeil sont rares. Quatre jeunes femmes de vingt ans travaillent pour survivre, elles sont réparties en deux castes, les textiles et les crevettes. Leur obsession, bouger et fuir sans cesse...
"tomber de très haut, on se fracasse en bas et on parle plus, tandis que tomber soi-même, voilà une vraie dégringolade, une putain de chute.
je suis un tremplin, une planche, au bord d'un plongeoir
20 ans le vertige
on court
on bouge
je vole pas, je me rembourse
je cambriole pas, je récupère
je trafique pas, je commerce
je me prostitue pas, je m'invite
je mens pas, je suis déjà ce que je dis
je suis juste en avance sur ma propre réalité"
au printemps
avec les feuilles en plus
l'arbre contemple les poissons
barge à queue noire
hiver
au coeur de l'arbre
un sommeil inconnu
lynx
lorsque le cinéma invite des acteurs d'une telle dimension pour exprimer pudeur et dignité, on ne peut que s'incliner devant un tel chef d'oeuvre d'intelligence et de finesse... Tout est dit sans parole... Chaque image dévoile une réalité ordinaire à fleur de peau... Chaque regard croisé nous transporte vers une beauté relationnelle discrète et silencieuse.
Il est tombé cet été... Une nuit de tempête l'a brisé.
Il était né entre les rochers de granit, avait grandi là, sur cette terre sans manière, avec laquelle il avait négocié chaque année de sa vie, un peu plus de profondeur, un peu plus de surface... Terre qui n'a eu d'autre choix que d'accepter ce pacte exhorté d'un faîne, égaré là il y a quelques 70 ans... Terre, qui chaque automne gagnait en échange de sa présence, souplesse et odeur. Il s'était agrippé aux pierres avec une rage de vivre propre aux êtres en péril.. et s'était aménagé lentement un espace presque inviolable. Plongeant ses racines entre les rochers, il prenait possession du lieu sans laisser de place à ses descendants...
L'été, au dessus du torrent, lorsque ses feuilles s'alourdissaient d'humidité, il faisait bon s'adosser contre lui... Le soir lorsqu'un brin
de brise chatouillait son feuillage, on pouvait entendre son rire nonchalant glisser le long du tronc et se perdre dans l'entrelacement des racines... Son allure semblait faite
d'éternité.
La maladie l'a touché sans que personne ne s'en rende compte... chaque année, il fleurissait et produisait davantage de fruits, prenant soin par ce subterfuge de dissimuler ce détail qui ne trompe pas les initiés... la mort était déjà en lui.
je l'ai trouvé ainsi, allongé par terre, les branches brisées dans le torrent...
L'été s'est terminé sur son agonie, l'automne ne lui a pas servi de linceul. Ses congénères un peu plus loin, accablés par son sort, n'ont rien eu à dire...
tronçonneuse en main, merlin et coins dans l'autre... je suis arrivée ce matin, pour le débiter....
Il est mort depuis 6 mois... je me permets aujourd'hui de prendre ce qu'il m'offre de plus précieux ...
De coeur à coeur, je le remercie sans un mot et je me mets au travail...
bruit régulier du torrent-
frappant de toutes mes forces
le coin éclate le tronc
quartier après quartier
l'arbre se métamorphose
en bois de chauffage
chant de l'arbre qui s'ouvre
chaque frappe raisonne
dans la montagne
m'arrêtant
pour voir le travail
et souffler.
soulevant les copeaux
le vent revient
plus froid
sur la souche
un admirateur à plumes
pas même inquiet
devant la rivière qui s'écoule tout en clapotant son histoire, je regarde sans la voir la berge d'en face... mes pensées ont dépassé ses limites... en un rien de temps, elles ont traversé les forêts, les montagnes, les continents, et se trouvent déjà en train de flotter sur la mer du Japon... Trois cormorans remontent le courant à tire d'ailes, emportant une fraction de seconde un bout de mes pensées ... puis le silence revient, bref et rapide... Je suis désorientée... Une bourrasque de vent guerrier, me rappelle à mon devoir... Marquant sa souveraineté, il évince cette quiétude en rebroussant rageusement les vaguelettes de la rivière... Sans vouloir contrarier les caprices du temps, les branches des arbres, fléchissent sous la menace ... Serrant ma main un peu plus fort, l'enfant inquiet m'appelle... je reviens lentement à ses interrogations... Le bébé dans mon dos s'est endormi, et nous avons encore du chemin à faire...
provisoires
dans la boue
les traces de gibiers et de chiens
gris
les berges les arbres, les oiseaux
et les nuages flottant vers la mer
l'enfant
s'endort
dans le sac de portage
son souffle
sur ma nuque
le plus grand
ramasse les plumes
de cormoran
là où nous avions bivouaqué
plus même la trace
du feu
lente et massive
la rivière élargit
ses limites
l'érable jaspé
se courbe un peu plus
sur l'eau
au printemps
avec les feuilles en plus
l'arbre comtemplera les poissons
Nous voilà à 500 km du cercle polaire... un endroit où les actions humaines et la psychologie paraissent être lestées d'un poids particulier, conséquence d'un climat, d'une présence de l'espace et de la lumière.
L'action se situe à Barrow, petite bourgade du nord de l'Alaska, au coeur de la communauté inuite, à laquelle appartient d'ailleurs le réalisateur, né à Seattle mais venu tourner dans le berceau de sa famille avec des comédiens du cru, tous non professionnels.
Une dispute entre trois adolsecents ivres d'alcool et de crack tourne mal, Un des trois jeunes hommes est tué . les deux autres dissimulent son corps et inventent l'hypothèse d'un accident à l'origine de la disparition de leur camarade
cet accident tragique, devient révélateur d'un mal-être adolescent et plus généralement du malaise d'une civilisation au sein de laquelle les règles morales cessent d'être clairement perçues.
relevant le defis de cet immensité glacé les deux jeunes hommes apprendront à faire face à leur responsabilité et assumeront leur erreur...
d'après un roman de Yasuhiko Tagiguchi dont le cinéaste Masaki Kobayashi (l'auteur de Kwaidan en 1965) réalisa en 1962 une superbe adaptation, Takashi Miike a osé relever le défis et faire un remake de ce classique du cinéma japonais...
Mise en abîme des émotions, à travers l'insoutenable épreuve endurée par Motome ( au début du film), ou cruauté et suspens altèrent avec une esthétique épurée des lieux du rituel, le film évolue ensuite en mode poétique, contemplatif avec un sens de l'honneur d'une pureté déconcertante... honneur des pauvres gens prenant le pas sur celui de samouraïs figés dans des carcans moraux absurdes et inhumains.
Hara Kiri trouve sa poésie dans les flocons de neige tourbillonnants, dans la mousse et les voiles, dans les lattes de bois et les arbres. En jouant des couleurs, des formes et des textures, le réalisateur pose un hommage vibrant aux artistes du Japon ancien en opposant à leur épure un univers foisonnant mais tout aussi profond.
caressant l'écorce
du vieux hêtre
comme un vieil amant
mes doigts discernent
la respiration
de ce plusieurs fois centenaires
sans neige
ses branches sans feuilles
fléchissent
sous ses racines nouées
un petit trou
fraîchement creusé
toutes ces années immobiles
à tendre ses branches
vers les oiseaux
hiver -
au coeur de l'arbre
un sommeil inconnu
un à un
j'abandonne les haïku
le long du sentier
tichodrome échelette
question cynique
et maintenant
à qui appartient la radioactivité ?
neuf mois plus tard
dans l'urine des enfants
le spectre de Fukushima
Seppuku
la planète
se suicide
ce soir
les laines fraîchement colorées
sèchent au dessus du poêle
sur mon rouet
des fils de soie se mélangent à la laine-
nuit claire
je pense au Japon....
celui que je connais
celui que je ne connais pas
tard dans la nuit
au piano
je reprends ce morceau mélancolique

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves
j'irai là
où la beauté
est sans décor
sous ma jupe
le vent
comme un intrus
la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude
--
avec la pluie
parfois
j'aime être triste
pluie en rafale
contre la vitre
et sur les joues
--
revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique
sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret
le rose discret
sur sa pâleur
timide
visage ouvert
premier rayon de soleil
premier sourire
que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches
odeur de thym
dans les cheveux mouillés
des contours sauvages
le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.
le chant du vent
dans mes os transis
... glacial...
-