Vendredi 26 septembre 2014 5 26 /09 /Sep /2014 14:03

laissant mon odeur

occupée la maison vide

juqu'à mon retour


 

un tour de clé

un seul

je dévale l'escalier


grand soleil -

dans mon coeur

ceux qui restent avec lui

 

 

oiseau

pour 14 heures de vol

retour au Japon

 

 

me serrant dans ses bras

son émotion discrète

de japonaise déracinée

 

 

silence sur les ondes

le ploc de la grenouille

s'absente de l'étang

 

 

 

 


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Lundi 15 septembre 2014 1 15 /09 /Sep /2014 08:56

heures douces avant la pluie

les pommes de pins se referment

 

 

fraîcheur du soir

mes vieux os cherchent refuge



où puis-je aller ?


rien a changé

le monde se meurt... depuis si longtemps

 

 

je marche au bord du chemin

les arbres s'élèvent fragiles entre les cailloux

où s'enfuit-elle l'eau qui coule devant moi 

sans fin ?

où souffle t-il le vent qui me pousse 

sans frein ?

 

 

la montagne s'alourdit

 


tant de mélèzes embrasent

jour après jour

ses flancs

 

 

de gros nuages s'agrippent à mes cheveux et du jardin la dernière récolte de saison pend le long du mur

 

 

le chien de la maison a perdu la vue...

 

 

 silence

j'entends les lamentations des étoiles

 

 

jour et nuit se croisent

quelque part

au dessus des colchiques

 

 

 

mourant lentement

au pied du vieux cèdre

un bouleau privé d'immensité


 


 

 

 

 

 

 


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Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 17:24

sur le dos de cette terre j'embrasse la pluie

 

dans chacun de mes pas qui glisse sur cette roche trempée, je sens de nouvelles forces nomades prendre leur aise dans mes veines. Lorsque sans gène elles atteignent mes songes, elles les  quittent ne laissant dans ma tête qu'un souvenir confus...


marchant sur le dos de la terre comme je trace les esquisses sur papier de riz


le vent efface mon passage... l'air frais désorienté par les nuages que la montagne déverse avec abondance, ne retient rien de mon existence... ce paysage immense m'absorbe dans sa souveraineté... S'amusant à courser la brume épaisse que le lever du jour conçoit avec fantaisie dans ces montagnes sauvages, l'aigle, seul héritier du vent et du ciel glatit de tout son être, donnant par cette résonance improvisée une intensité palpable au vide qui l'accompagne.

 

mon jardin ce matin n'a aucune limite - la page que je tourne reste blanche...

 

Sur le bord du chemin l'herbe est tellement haute qu'elle touche le bout de mes doigts. Quelques odeurs nouvelles remontent jusqu'à mes rêves... le coeur rempli de ces couleurs, j'avance et cherche à les deviner... Me resteront-elles inconnues ? je ne le pense pas... dans ma tête j'ai la connaissance consciente et inconsciente de mes ancêtres et dans le parfum de ces herbes, le temps des rencontres imprévues...

 

 

souffle et rêves s'évadent en ce début d'automne... 


 

sous la mousse et les glands pas encore tombés mille saisons se pressentent.

 

 

 


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Mercredi 13 août 2014 3 13 /08 /Août /2014 13:58

frôlant mon pinceau

le petit chardonneret

se pose sur le cosmos

 

 

des yeux....

sans le retenir

 

 

pinceau durci

par mon absence

 

 ce matin

les nuages tombent dans la vallée

 

 

 

quittant les Cévennes aujourd'hui pour les Alpes, je marcherai dans les traces d'autres mystères... du chemin empierré  aux sommets rugueux... portant dans ma tête les doutes de mes limites, je me perdrai dans les brumes hostiles des jours avec et sans lumière... toutes les directions, m'attirent... et dans les semelles de mes chaussures de marche pousse chaque jour le besoin de bouger de plus en plus loin... mon pinceau reste au fond de mon sac... chaque image qui m'entoure, se définit comme une immensité impossible à reproduire... je ne m'en inquiète plus vraiment... la peinture est en moi comme l'est la poésie... Ce sont leurs présences circulant dans mes veines qui me redressent chaque jour et me donnent la force de voir ce qui ne se voit pas... Le mois d'octobre me conduira au Japon, au coeur même de Nagano... dans ces montagnes remplies de vie impalpable... Sac à dos et transports en commun, longues marches à travers des paysages insoumis, j'espère une fois de plus pouvoir toucher du bout de mon esprit cette culture indéfinissable...

 

 

 

au centre du jardin

l'immense tournesol guide

le potager


 

 

 

 

 

 


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Vendredi 1 août 2014 5 01 /08 /Août /2014 14:36

appuyée contre la rambarde du balcon, l'infinité de la nuit me semble encore plus iréelle... les étoiles bousculent  mes pensées...  c'est le temps des rêves. Tout se confond. Les oiseaux volent dans ma tête... le papier sous mon pinceau leur reste indifférent. Ils n'ont plus envie de s'y poser. Ils longent mes songes criant leur raison d'être, sans se soucier de mes tourments. Esprits du ciel et de l'air, inombrables dans mon coeur, illimités dans le ciel,  trouvent le passage des dieux sans laisser d'ombre.

 

 

Japon éternel

je reviens chez toi

 

 

tes montagnes m'ouvriront-elles leurs portes, tes temples, leur immuable sagesse.?

 

mois des érables rouges

j'espère ramasser sur ton chemin

un début d'automne

 

 

 

poésie instable tu as quitté le bout de mon pinceau, quitté l'encre diluée dans la pierre, quitté  la cime des arbres que je souhaitais peindre, et pourtant je te sens dans mon sillage, collée à mes basques, cachée dans mes faits et gestes, circulant, nerveuse sous ma peau, grouillante sous ma chevelure... je me tourne vers toi sans jamais te voir, tu te défiles sans cesse, me laissant divaguer dans le vide de mes  errances... Si la parole t'était accordée, quelle voix prendrais-tu pour me dire que tu resteras à jamais secrète ? Quel chant fredonnerais-tu pour m'attirer dans tes abîmes ?

 

ne me laisse pas, je t'en prie ! Conduis mes gestes les plus simples... entoure moi de ta patience... guide mes absences... et surtout accompagne moi au Japon... j'ai besoin de toi pour circuler sur ces routes tremblantes, j'ai besoin de ton courage pour gravir ces montagnes en colère... sans toi, je ne verrais plus la beauté du monde



 poésie instable

 je te chercherai

      même

sur le dos de ÔNamazu

 

 

ÔNamazu: poisson chat  ( légendaire) vivant dans la vase des profondeurs de la terre, capable  s'il n'est pas maîtrisé par le dieu Takemikazuchi de faire trembler le Japon.

 

 



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Lundi 21 juillet 2014 1 21 /07 /Juil /2014 19:59

ciel nuageux
au bord du chemin

j'attends mon ombre

 

 

manque de sommeil

le soleil s'étire lui aussi

avec mollesse

 

 

quelques gouttes d'eau

les fleurs s'envolent avec les papillons

 

 

saison des fleurs et des papillons, pendant que les unes se referment délicatement sur les autres, les autres vagabondent avec génie et exigence autour des plus belles couleurs, cherchant la game chromatique la mieux adaptée à leur noce et à leur agonie. Le temps de vie de ce petit monde est tellement compté, que rien n'est négligé... le moindre battement d'aile se fait avec art et goût. La plus petite éclosion s'éffectue avec une subtilité unique... ils sont les maîtres d'oeuvre les plus accomplis, de notre quotidien... Ils sont l'harmonie achevée de leur espèce...

 

au bord de ce chemin perdu, s'éveille lentement dans mon coeur, le bruit de pas des poètes errants... silhouettes aux vêtements fatigués, ils m'apparaissent flottant entre ciel et terre, portés par leur inconstance fragile vers des écritures improbables. Usés par le temps, sans expression, leurs yeux vides se posent dans les miens... Entre leurs corps secs et incertains, se meut insoumise, l'ombre que j'attendais depuis ce matin. Je ne suis pas encore des leurs, mon écriture et ma peinture doivent encore se débarasser de moi.

 

 venu d'un autre monde un cri d'oiseau transperce le ciel... 

 

fin de journée, un faible rayon de soleil réchauffe mon corps assoupi, lui rendant par cette clémence instable l'ombre qui lui appartient.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Vendredi 27 juin 2014 5 27 /06 /Juin /2014 16:38

un chef d'oeuvre et certainement le dernier pour Isaho Takahata... Un genre qui  vous trotte dans la tête des jours et des jours après l'avoir vu ... Un conte ancien de l'époque Heian qui reste très contemporain... une main de maître et un génie de poète pour le dessiner et le transmettre avec autant de sensibilité et de tendresse...

à voir et à revoir ...

 

 


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Lundi 16 juin 2014 1 16 /06 /Juin /2014 18:18

dans la rousseur de ses cheveux

les premiers fils blancs

succombent au temps

 

 

 

fredonnements immémoriaux

elle berce son enfant

aux yeux bleus


 

 

aux jeunes rouges queues ignorants

 père et mère imposent le départ


le vieux mur en pierre résonne comme une cathédrale

 

 

 


  pinceau

  encre

  washi

 

 je m'appuie contre le vieux chambranle de porte...

 

 

 

 

bleu et bleue

ciel et mer

n'ont rien à faire ensemble

 

pas si simple à écrire en noir....

 

 

 

 

paralysée par la douleur

je lis de vieux poèmes

japonais

 

 

soulagée par la beauté des mots

je retourne à mon travail de peintre.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 


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Mercredi 21 mai 2014 3 21 /05 /Mai /2014 10:14

de moins en moins d'oiseaux traversent les mers, et les océans... habitués à voir le monde à l'envers ils perdent leur densité dans les nuages. Avec beaucoup d'effort ils retrouvent le magnétisme des pôles, mais les plus faibles tombent comme des mouches sur des terres inhospitalières... les villes sont des remparts de fréquences qu'ils ne savent pas surmonter...

Chaque printemps je constate d'autres absences... je les remarque muette, le coeur rempli de tristesse... Cette année martinets et hirondelles sont moins nombreux... ont-ils oublié de venir nicher dans nos étoiles ? La présence des limicoles se fait moins dense... leur chant décroît dans les marais... et je cours cours cours derrière eux, ma lunette sur l'épaule, mes jumelles autour du cou...  je franchis les roubines, marche dans les landes désertes, pietine la sansouire, foule la salicorne et remonte les cours d'eau jusqu'aux limites du possible...  je regarde le ciel, attendant le moindre changement... J'ai mal au dos, mal aux pieds, le soleil brûle ma peau, mais je cours, cours, cours désespérée et anéantie... 

Je n'ai plus la force de me demander pourquoi, nous en sommes arrivés à ça... j'ai bien trop peur de la réponse... et mon coeur s'emballe incontrôlable lorsque je ne me les imagine plus...

 

Ce soir la lune intimide les étangs, sa lumière paralyse les traces, anamorphose les ombres, réveille légendes et fantômes abandonnés dans ces eaux rampantes... je n'aime pas ce silence de mort qui flotte entre les joncs... Une peur ingérable sort de ce vide, remonte le long de mes jambes, s'infiltre dans mon ventre, sangle ma poitrine, étrangle ma gorge... me laisse au bord du noir sans air...

 

 

 

 

 

expropriant la nuit

le chant du butor étoilé

fête ses noces fragiles




 

 


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Jeudi 15 mai 2014 4 15 /05 /Mai /2014 14:43

la main de l'enfant se pelotonne dans la mienne... je resserre doucement mes doigts sur les siens...  Avec la force d'une survivante je respire le souffle qui passe dans nos cheveux... l'herbe du pré chatouille le petit menton tout rond de la fillette...  les bleuets accompagnent son rire dans l'immensité...

 

 

naturellement

les fleurs de nos deux robes

suivent nos petits pas...

 

 

la parole des arbres ricoche sur les pierres du chemin, éclairant de sa pertinence le rire de l'enfant postée devant l'éternité.

 

elle est là... tellement présente que j'ai l'impression de la connaitre depuis la vie des temps... elle, et les trois autres de ses frères et cousins...Cela fait donc déjà si longtemps que je tourne dans ce monde ? est-ce cela qui m'interroge avec tant d'insistance aujourd'hui...?

nous restons là, sans rien dire, détachées de tout... avec ce regard tranquille des contemplatifs...

 

Elle a déjà cette force sereine de ceux qui acceptent sans se résigner...  alors que mes forces roulent dans l'espace et le temps...

 

 

métamorphose

un brin de conscience

me rappelle

cette odeur de métamorphose

 

 

 

là haut dans la montagne

l'immense battement de coeur

des abeilles...

 

 

Je resserre davantage mes doigts sur les siens.  J'entends mon coeur ordonné la mesure de la reprise... j'entends sa respiration... et ses yeux qui s'ouvrent vers le chemin à suivre...

 

 

 

 

 

 

 


Publié dans : haïku-haïbun- nomade

Lundi 5 mai 2014 1 05 /05 /Mai /2014 09:14

 

Là où le mystère commence, la réalité vacille... l'art a la force de nous aider à traverser les limites de nos frontières. On perd les sens auxquels nous sommes habitués et nous nous laissons porter vers des impressions nouvelles, totalement hallucinantes. Le voyage en vaut le détour, mais au retour, les questions restent invariablement sans réponses... Voilà toute la puissance de l'existence et le courage que l'art nous impose pour le supporter.

Voilà peut-être ce que Kurosawa a voulu nous offrir... et son cadeau est un hymne à la vie...

 

 


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Jeudi 17 avril 2014 4 17 /04 /Avr /2014 13:00

jardin zen dans mon jardin

le temps ratisse le temps
sans jamais le changer


Publié dans : haïku-haïbun- nomade

Mardi 15 avril 2014 2 15 /04 /Avr /2014 12:49

avec cette odeur de café

quelques songes égarés


 

vieillesse incertaine...


 

un ruban blanc

retient

mes cheveux blancs

 

 

dans mes vêtements flottants

 se retirent

les souvenirs encombrants


 

 


 

 


 

 

 

 

 


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Mercredi 26 mars 2014 3 26 /03 /Mars /2014 22:12

dans cet air froid-gelé

une voix traverse

la montagne

 

 

morsure de neige

et coups de soleil

c'est le troisième mois de l'année

 

 

comme un trésor

au fond du sillon

un rang de pommes de terre

 

 

 

entre deux giboulées

le soleil vient à ma rescousse

 

 

 

 terre du jardin

remontant par mes mains

son odeur de mère fertile


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

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Mercredi 26 mars 2014 3 26 /03 /Mars /2014 22:05

à l'ombre des secrets se chuchotent d'autres secrets ... à l'ombre de la beauté voilée se cache l'incertitude d'une jeunesse meurtrie et d'une nouvelle force de vie ...

 

Superbe !!!

 

 

 

 


Publié dans : films
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