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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 19:16

qu'est ce que le voyage ? un déplacement du corps et de l'esprit dans une dimension inconnue... une illusion qui enchaîne un semblant de réalité ? une mise à mort de ragots reçus par des colporteurs désinvoltes ? une mise à nue de ses propres limites ? Un plein qui se vide...? un vide qui s'absorbe dans le mystère d'un pays qui tend l'oreille vers des éléments improbables...? qui saurait le dire ? qui pourrait prétendre définir ce qui ne se comprend pas ?... 

Le Japon garde ses secrets... Au quotidien, les Japonais défendent leur archipel, en le rendant quasi inaccessible aux étrangers... Pour cela, il leur suffit de parler une des langues les plus compliquées du monde et de ne  s'exprimer qu'avec celle-ci... Déjà très compliqué dans les grands centres urbains, il est très périlleux de vouloir parler autre chose dans le reste de l'archipel... Et pourtant, les Japonais sont des personnes chaleureuses, pacifiques et tranquilles... Serviables et bons vivants, ils rendent très facilement services. Tout en sourires et tout en courbettes ils dissimulent sagement leurs émotions... L'ojigi, qui consiste à adresser la parole aux gens, en inclinant la tête, devient vite une pratique pour les  gaijin (les étrangers)... 

les Japonais apprécient qu'on admire la beauté de leur paysage...  Jamais, nous n'avons parlé de Fukushima... cela ne semblait tout simplement pas possible... comme si cette catastrophe avait érigé une barrière insurmontable de tabous. Le drame habite chaque habitant de l'archipel,  leur rappeler, n'aurait éveillé qu'une blessure supplémentaire... Dans cet océan aujourd'hui saturé de pollution, les hommes continuent de pêcher et de consommer les innombrables richesses que dispensent ces eaux devenues sinistres... Que leur reste t-il, derrière les mensonges, derrière le déni et le mépris que les responsables du nucléaire leur accordent ?... que leur reste-t-il pour nourrir leurs enfants ?... combien de temps encore leur soleil se lèvera t-il dans l'épaisseur de cet insupportable doute ? 

 

 

survolant trop haut

Fukushima

les centrales muettes

 

 

au loin des bateaux de pêche

 

 

 

la baie de Sendai

  repose ici 

 

 

silence

 

 

dernier regard sur l'île

de plus en plus petite

 

 

j'ouvre mon livre

 

 

à la page 25

le contour d'une feuille d'érable

sèchée

 

 

 


 

 


  Hokkaido 7440

 

 


 

 

 

 

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 20:19

sur les routes bordées de végétation impénétrable,  il nous semble ne plus pouvoir changer de direction... Sur d'interminables kilomètres le paysage se limite à de grandes allées de bambous nains ou s'accroche la brume... le macadam  vaincu par le violent écart des saisons, se fend en longues gerçures d'où émergent racines et fleurs. Plus nous nous éloignons de la civilisation, plus ces routes de plaines et de montagnes  nous réservent d'étonnantes surprises. Ces routes dont on devine la longue retraite pendant l'hiver, s'interrompent parfois,  sans aucune forme de sollicitude. Le goudron se transforme en piste plus ou moins carrossable sur un nombre indéfini de kilomètres, pour redevenir goudron avec la même originalité... Surpris la première fois, nous comprenons vite que le Japon ne cesse de nous guider vers  ses limites et son bon sens....

 

 

sous les bambous

un vieux banc en pierre

brisé

 

 

ICI

personne oublie

la contemplation

 

 



 temple shinto

 sous le torii

un homme s'avance


 

 

 à Hokkaidô l'été est chaud, moite et collant, alors que l'hiver glacial engloutit sous des quantités de neige impressionnantes le moindre relief... La Sibérie touche à peine l'île, nous sommes entre le 40 ° et le 50 ° parallèle... C'est là, pourtant, dans les marais de Kushiro, au coeur de l'hiver que les grues Tancho viennent exécuter une des plus belles chorégraphies proposée par le monde des oiseaux... Au printemps, elles quittent ces marais, et migrent vers Sakhaline et le Kamtchatka... Sur ces terres hostiles elles pondront deux oeufs, n'en garderont qu'un et élèveront à la hâte leur descendance... L'hiver vient vite dans ces régions ... et souvent sans prévenir, à peine l'été passé, il s'incruste brutalement  dans les régions les plus septentrionales...

 

Un peu dans le gaz, à force de bambous et de forêts étouffantes, nous avions failli louper deux des quelques très rares grues du Japon un peu marginales, qui restent en été...

Le noir et blanc de leurs livrées ont éveillé mon regard et m'ont sortie en un clin d'oeil de cette torpeur verte dans laquelle je me laissais complètement submerger...

 

Lààààààààà !!! là !!! là !!! Elles sont là ...incroyable !!!

 

Je reste sans expression, l'émotion paralyse mon cerveau... Faire tant de kilomètres sans savoir si la rencontre se fera... et les avoir soudain si proches, n'arrive pas à convaincre ma réalité... Mon présent en est tout bouleversé... et mon comportement reste atone...

 

Hokkaidô 7780

 

 

 

 

 

étrange sensation

le chant  de la grue

fourmille sous ma peau

 

 


 


 

 


 

 

 

 

 

 

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 20:13

 côte est, pas un seul japonais se baigne dans l'océan... Il s'étend devant nous, bleu et solitaire... Au loin les bateaux de pêche reviennent au port ... pas un voilier, pas un seul bateau de plaisance à l'horizon ... Cela fait un bien fou de voir ces étendues exclues de toute infrastructure touristique. Nous longeons tranquillement la côte vers le nord... une suite de villages de pêcheurs, aux allures modestes s'accrochent aux rives du littoral... Il faut dire qu'ici, les habitants sont aux premières loges en cas de tsunami, et de charmants petits panneaux nous signalent très régulièrement de village en village  où s'abriter en cas d'alerte...

 

Hokkaido 8232

 

 

village de pêcheurs

la simplicité

a une odeur de poisson

 

 

c'est la lumière

de Hokkaidô

qui me reste en mémoire

 

 

 

Hokkaido 8437

 

nous remontons ainsi  jusqu'à la mer d'Okhotsk... La péninsule de Shiretoko nous accueille ainsi, sans frasques et sans fantaisies. Le parc national de Shiretoko a été enregistré au patrimoine mondial de l'UNESCO... Nous comprenons très vite pourquoi.... Dans cette partie du Japon, même les montagnes ont un comportement étrange ... elles changent d'allure encore plus vite qu'ailleurs... quant aux animaux, tels que les cervidés et les renards, ils ne semblent guère se soucier de la présence humaine et viennent brouter ou zoner en bord de route comme si de rien était... Personne ne sait pourquoi, mais c'est ainsi. Les ours se font plus discrets, mais ils sont très nombreux sur cette péninsule, puisque c'est l'endroit au monde où leur densité est la plus importante. Leur nourriture est si bien assurée sur ces terres qu'ils se contentent d'une surface de vie nettement moins importante qu'ailleurs. En aïnou, (peuple premier de l'île de Hokkaidô ) Shiretoko, veut dire  l'extrémité de la terre, c'est peut-être pour ça que tout y est étrange...

 

 

source d'eau chaude

dans le bain

son enfant au sein

 

 

quelques mots

et de très grands sourires

je me baigne à leurs côtés

 

 

 

l'eau fume

une odeur de souffre

flotte sur la peau

 

 

je n'ai jamais vécu quelque chose d'aussi  agréable que ce moment partagé avec cette jeune femme tout en rire et en sourire, dans ce onsen extérieur  bricolé à flanc de montagne. Toute la population locale vient s'y laver et s'y baigner ... Ces bains publiques à la mode des volcans sont vraiment jouissifs pour le corps et pour l'esprit...

 

 

 

dans le bain chaud

quelques gouttes de pluie

une mère savonne son enfant

 

 

leurs longues chevelures noires

flottent

dans le bain chaud

 

 

  Hokkaido 7820

 

je mets au fur et à mesure de mes possibiltés de nouvelles photos dans l'album Hokkaidô

 

 

(ps: en mon absence se sont rajoutés tous ces grigris (tweeter etc ) stupides et puérils au bas de chaque écrit... Je ne peux malheureusement pas  les retirer ... et je m'en excuse... Il faudra donc faire avec ... et ça me désole )

 

 

 

 

 

 

 



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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 18:01

Lorsqu'on aime un pays,  et qu'on part à sa rencontre, on ne revient jamais indemne... Un bout de moi est resté perché sur les volcans, est resté caché dans les grandes forêts anciennes jamais exploitées...

 

les sentiers qui sillonnent les montagnes sont bordés de part et d'autres de bambous fins et denses... pas moyens de pénétrer cette épaisseur végétale... derrière ce rempart vert, quelques bruits parviennent à nos oreilles... c'est l'inconnu... on ne peut que deviner ce qu'il se passe... Il fait chaud et humide... de gros insectes nous accompagnent parfois d'un peu trop près, mais nous nous habituons à leur bourdonnement pas si menaçant que cela...


 

levant la tête vers le ciel

 le vert des arbres

 

 

 

de gros papillons

noirs et bleus

ouvrent le chemin

 

 

 

 dans mon dos

sueur ou pluie

je ne sais plus

 

 

 

 

Hokkaido est en quelque sorte le jardin des japonais... ils viennent s'y réfugier durant les quelques jours de vacances qu'ils ont par an ...( en moyenne 15 jours)... Sur les chemins que nous empruntons, ils ne sont pas très nombreux, mais toujours très surpris de nous voir là... A la manière d'un pot pourri de mots puisés aux frontières de l'anglais et du japonais, quelques  échanges de paroles s'improvisent sur les sentiers... et de grands sourires scellent l'étonnement... 

 

durant ce mois d'août, sur cette île rebelle, nous n'avons croisé qu'une petite dizaine d'occidentaux...

 

 

 

 ciel obscur

le sommet du volcan

s'éclipse

 

 

 


pluie et grêle sur les bambous

un tout petit refuge

sur le col


 

 

j'ai mal aux pieds.. j'ai du mal à continuer de grimper dans ces restes de laves durcies... La montée est abrupte, il faut s'accrocher à la montagne et le sac me paraît de plus en plus lourd... Devant moi, mon compagnon reste imperturbable... les volcans le fascinent la montagne le passionne... il monte au rythme de son souffle...

Debout depuis 4 h du matin pour parcourir ces 1700 m de dénivelé, que le Rishiri-zan impose depuis la mer, nous marchons sans relâche... Nous évoluons sur une crête vertigineuse que nous devinons plus que ne la voyons...   Lors de ses éruptions, le volcan a façonné des contours rugueux et spectraux,  qui nous guident vers ce sommet, que nous finissons, par atteindre, trempés et fatigués... Mais  Hokkaido a quelque chose de fondamentalement magique, elle est capable de dévoiler la plus grande de ses beautés là où plus aucun espoir n'est attendu ... Ce jour-là, à peine le sommet franchi le Rishiri-zan  lève ses brumes et retire sa colère, pour nous offrir en quelques minutes un paysage gargantuesque, surplombé d'un ciel profondément bleu... Un bleu qui se noie aux confins de la mer du Japon et de la mer d'Okhotsk.

Sakhaline devant nous se dissimule dans un reste de brume... mais nous sentons sa présence... nous sentons, comme pour les îles Kouriles que nous avions vues quelques jours avant, flottée sur ces eaux sibériennes  la longue histoire conflictuelle qui embrase régulièrement le Japon et la Russie...


 

au sommet du volcan

en équilibre

un temple bouddhiste

 

 

un à un

j'abandonne les haïku

le long du sentier

 

 

 

 

Hokkaido 8727 

 

 

Le Rishiri-zan est un volcan situé au Nord-Est de Hokkaido sur une île dont il prend toute la surface... Les éléments se déchaînent souvent dans ce pays...  ils laissent derrière eux une terre modelée, compressée  explosée et mystérieuse...

 

Il faut que je me remette à peindre... Hokkaido a marqué mon esprit... un bout de mon coeur flotte encore là-bas, Je souhaiterais pouvoir accrocher dans mes pinceaux, un  peu de son secret, un peu de sa discrétion, un peu de sa grâce et tout son témpérament ....

 


 



 

 

 

 

 

 

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 22:44

7 heures du soir, la nuit tombe sur Hokkaido... Nous sommes dans l'aéroport de Sapporo et cherchons à récupérer la voiture de location qui nous permettra de découvrir toute l'île...  Cela ne se fait pas sans mal... Les permis internationaux, ne suffisent pas, il nous faut, pour pouvoir utiliser une voiture dans ce pays, les traduire en japonais.

 

 

omnibus

une clochette tintinnabule -


 

 

le train sillonne

bambous et rizières

le laissent passer

 

 

Chitose - Sapporo

d'une gare à l'autre

pas un mot d'anglais

 

 

Nous voilà munis de nos permis régularisés... Il ne reste plus qu'à quitter la ville en conduisant à gauche, ce qui n'est pas aussi simple que cela... Mais il nous faut trouver un endroit pour camper...

 

Rien n'est facile... la végétation est dense et ne laisse pas beaucoup de possibilité d'incursion... Nous finissons par nous enfiler dans un chemin et trouvons, malgré les panneaux nous prévenant d'éventuelle présence d'ours, un endroit pour planter notre tente...

 

 

de la même couleur que la forêt

la tente

dissimule notre présence

 

 

deuxième  nuit à Hokkaido

sommeil de plomb

pas un oiseau dans la forêt

 

 

Le lendemain nous nous équipons d'une carte, d'un guide de camping totalement en japonais et apprenons à nous servir convenablement du  GPS, moitié anglais, moitié japonais qui se trouve dans la  voiture...

 

 le décalage horaire, nous inflige d'impitoyables coups de barre, mais nous résistons et continuons notre périple... Il nous faut également nous alimenter... autre épreuve insolite, que nous finissons par surmonter en arrivant tant bien que mal à trouver ce dont nous avons besoin...


 

sans détour

la route monte

vers le premier volcan

 

 

camping sommaire

les voitures restent sur le parking

 

 

source d'eau chaude

dans le bain fumant

vue sur le volcan

 

Ils appellent cela des onsen... c'est ce que le Japon a de plus traditionnel...  Des bains d'eau chaude plus ou moins souffrée  provenant des volcans... Il y a un protocole à respecter avant de s'y tremper... tout le monde s'y baigne nu, mais depuis l'occupation américaine, la mixité des bains a été interdite... hommes et femmes se baignent séparément. Peu importe, le plaisir n'en est pas altéré... C'est tout simplement jouissif...

 

 

 

la vapeur des sources chaudes

chargent la nuit

de brume

 


 

 

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 03:55

25 heures de voyage de Sapporo à Montpellier, dont 15 heures de vol ... je viens de rentrer cette nuit... je n'ai pas dormi depuis tout ce temps, mais le décalage horaire me garde bien éveillée... tout un fatras de camping et d'affaires est étalé autour de moi... je ne me presse pas pour le ranger...

 

l'odeur de Hokkaido

traîne dans mes bagages


 

j'ai tant de choses à raconter ... tant de choses à partager... je ne sais pas par quoi commencer... cela viendra petit à petit... Mais Hokkaido, la belle, la sauvage, la volcanique , la seconde île du Japon,  est un joyau de beauté... Pour les japonais, elle reste celle qu'il faut protéger à tout prix... ils ont été surpris de nous voir arpenter les sentiers abruptes de leurs volcans et plus étonnés encore de nous voir ( les presque seuls occidentaux) camper parmi eux, dans les campings incroyablement reculés, et cela pendant un bon mois ...

 

et puis ce matin heure de Tokyo, une fois l'avion dans le ciel.....

 

 

départ de Tokyo

au dessus des nuages

le Mont Fuji 

 

 

...................

 

je vais essayer de dormir.....

 

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