Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 21:25

 

un chef d'oeuvre à part  entière, un monument de vie, de désir de plaisir, de rire, de pleur et de douleur et dans cette vie là, rien est fait à moitié...  Construit à la manière d'une tragédie grecque, le film pénètre nos cellules, nos muscles, nos coeurs et nos cerveaux, broyant nos certitudes, pulvérisant nos retenues, électrisant tout le reste sans ménagement. Le jeu bouleversant des acteurs, les vibrations tour à tour enjouées et tristes du bluegrass  vont nous chercher aux tripes. Et les tripes chamboulées nous voilà réfléchissant de manière décalée sur la condition humaine, dans un accrochage singulier entre émotion et raison.


 

 

 

Repost 0
Published by anna - dans films
commenter cet article
5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 19:02

ce petit clin d'oeil qui vient de cette femme que j'ai appris à connaître à petits pas, parce que les grands n'étaient pas nécessaires, ni pour elle, ni pour moi...

à cette femme, qui regarde les choses avec une telle simplicité que cela me déconcerte... à cette femme, que j'ai vue filer la laine avec une telle adresse que j'en suis restée sans voix... Elle, riche en beauté, et en modestie, elle, dont le compagnon est poète, oublie un peu trop que la poésie l'habite sans condition.

Nous partageons la même sensibilité pour les haïku avec le même détachement, le même regard dénué d'intérêt,  avec la même envie d'écrire, de penser, d'essayer, de découvrir la magie des mots et la force des silences, sans contrainte.

 

du cèdre qu'elle a vu penché, s'inclinant lentement vers son destin,  à son épicéa gardant son poulailler,  elle a réuni quelques mots, pour rapprocher deux arbres éloignés l'un de l'autre, dans une proximité colorée et parfumée de résine...

 

Merci Véronique .

 

anna

 

 

le frêle épicéa du poulailler

cousin lointain

du cèdre penché

 

Véronique

 

 

 

 

 

Repost 0
28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 13:04

 

 

... je le vois, je le regarde, je l'observe, je le touche...  je sens sa chaleur, sa froideur, sa rusticité ostentatoire... Depuis quand veille t-il sur moi et m'éveille t-il un intérêt quasi monacal ? Dans sa solennelle présence, le mur recueille sans méfiance toutes les fréquences, qui le traversent... Vieux, sans âge, puisque je ne lui en connais pas, il  se tient là depuis si longtemps, qu'il ne sait plus qui l'a bâti... Ouvrant la porte de la cuisine, un courant d'air décroche une vieille carte postale. Son empreinte dévoile la profondeur d'un ocre qui n'a pas vu de soleil depuis de nombreuses années. Sur ce torchis vernaculaire, court, et se rencontre une gamme inouïe de nuance... À la lumière changeante  de la journée, il convertit les couleurs en force et expose de nouvelles eurythmies... pour quelques variations...
Ses renfoncements, ses irrégularités appellent l'ombre des imperfections et renvoient la lumière des ondes pénétrantes. Prisonniers du mur, les infrarouges attendent la nuit pour se travestir en halo électrique...  Entre les louches et les cuillères en bois accrochées au mur, une araignée a élu domicile. Sa toile immense voile le destin de l'oblique rayon courant insousciant sur le jaune un peu fatigué de la cloison... et je suis en face, tenant mon pinceau imprégné de noir... au dessus du washi blanc... cherchant cet éclat éblouissant, cet impénétrable wabi sabi qui me donneront toutes les nuances, toutes les émotions du vieux mur assagi, pour guider ma main suspendue...

 

 


emportant les couleurs de la carte postale
un malheureux
courant d'air

 

 

Repost 0
22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 12:38

ce sont les nuits que j'aime le plus... lorsque le silence se fait tel, que j'arrive à l'embrasser... lorsque la lune pleine, s'enfile dans le moindre recoin du sous bois, ne laissant rien au hasard prospectant le moindre soupçon de ténèbre... lorsque le cèdre  penché prend son air obscur des jours d'angoisse, et que son inclinaison change l'horizon... lorsqu'à chacune de ses  destabilisations, son allure évoque quelque chose d'autre qu'il me reste à comprendre... La nuit retient les formes, les absences, les lumières et les couleurs, elle ne lâche aucun mystère, attend tout simplement les lueurs de l'aube pour me redonner un jour sans équivoque... une vie avec et sans secret...

 

Voilà, plus d'une semaine, que je suis revenue vers cette montagne, ventre et centre de mon esprit... voilà huit jours, que je n'ai touché personne mis à part,  le chien de la maison, l'âne vieillissant, la chatte maternant et  les poules bavardes... voilà huit jours que je converse avec les tomates rouges, jaunes, noires et roses que j'ai plantées au printemps...  voilà huit jours que je dialogue avec les poissons du bassin, que je devise avec les noisettes et les pommes que je ramasse, que je m'entretiens avec les haricots que je cueille... Voila huit nuits, que le passage des chouettes, apportent à mes nuits une note de vérité... me rappelant dans le plus pofond de mon sommeil, que je suis là, dans le ventre de la montagne, à l'interieur des arbres, sous les mousses et les lichens...

 

chaque jour, je me charge et me recharge  de cette solitude et je me sens de mieux en mieux, chaque jour je sors de mon lit en regardant le jour se lever avant de me remettre au boulot... travaux de jardin, de coupe d'herbe, de ramassage de fruits précèdent le travail intelectuel de l'après-midi... le rythme est donné, il me suffit de m'accommoder de ce qui m'est offert. Mes journées se déplacent ainsi dans le temps, discrètes et silencieuses, évitant de déranger l'ordre des choses...

 

et puis de temps à autres je me remets au goût du jour... Les infos arrivent malgré moi, sur mon espace virtuel... et je ne peux ni ne veux  les esquiver...  Le chaos s'empare alors de mes dernières résistances et je me fracture en mille morceaux... les larmes suivent désespérément  le cortège d'ignominie qui s'étale devant moi...

 

puis, je laisse aller, ce qui doit aller... Je redeviens farouche, sauvage, rugueuse... recommençant encore et encore à chercher l'équilibre du temps, la force de sourire, de rire, avec les simples de mon existence...

 

 

 

sans route ni trottoir

le chien pisse dans le vide

 

 


 

Repost 0
20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 13:44

et des nuages hier soir

j'ai vu sortir

un singe

 

 

 

そして雲に抜けて私が猿の外に見た昨晩

 


 

 

Repost 0
19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 11:52

Ciel blanc ce matin, le cri d'alarme d'un pic noir traverse la vallée... cela faisait un bout de temps que je ne l'avais pas entendu celui là... Alors que le mois d'août est un mois de labeur et de retrait pour les oiseaux, certains lèvent le défi, et manifestent leur volonté d'être et de rester là où ils sont...

 

Des Alpes françaises aux Alpes italiennes, mes pas ont foulé les fleurs et les sentiers d'altitude tout juste impressionnante... J'ai vu des choses étonnantes... Des forêts entières capables d'avaler des montagnes... des abres, d'engloutir sans ménagement des rochers grands comme des maisons... des mousses, de s'accumuler les unes sur les autres, accrochant à la moindre surface susceptible de les porter ou de les entretenir, leurs microscopiques amarres... Éponges parmi les éponges elles filtrent et engorgent avec soin tout le surplus d'eau retenu entre les racines... Cachées derrière toute cette splendeur de vie, j'ai découvert des cascades à faire pâlir les plus grands peintres de sumi e... des trous d'eau aux profondeurs vertigineusement bleues... des glaciers désespérément magnifiques.  Je n'avais jamais poussé ma foi des montagnes jusqu'aux Dolomites. Ce nom résonnait dans ma tête depuis mon enfance comme un sanctuaire de l'impossible ascencion... Et je me suis laissée conduire tanquillement vers ces monolithes de calcaire, comme si le temps était enfin venu pour cette aventure là... comme si le temps organisait à ma place mes itinéraires initiatiques.

 

 

devant - derrière

nos pas se croisent 

avec beaucoup de fatigue

 

 

silencieux

son appareil photo

au paysage sans parole

 

 

 

vent froid

passant le col

avec nous

 

 

 

aussi haut !

les étoiles ont du mal

à se cacher

 

 


 


 

 

 


Repost 0
6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 17:42

aérant ses draps

 à la fenêtre

comme autrefois

 

 

 

sous le balcon en bois

l'odeur chaude

d'une étable encore habitée

 

 

 

à perte de vue

des montagnes

des montagnes

 

 


Repost 0
4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 21:57

immobile en silence

près de mes larmes

qui coulent toutes seules

 

 

Repost 0
23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 17:05

 

les journées d'orage laissent place aux chaleurs caniculaires ... à la cagne de l'après-midi, les fleurs se referment  jalousant les très rares gouttes de rosée que la nuit généreuse leur offre chaque matin... Il fait chaud-chaud... l'âne comate sous le cèdre assoiffé... les oiseaux silencieux se dissimulent sous le feuillage des érables et des châtaigners... le chien s'étale de tout son flegme sur le carrelage frais de la cour, les poules se terrent dans les trous qu'elles ont creusés et ventilent bec ouvert... mes mains transpirent sur les pinceaux,... je ne fais rien de bon... je peins, je déchire, je jette, je recommence... je déchire, je jette, je dégouline et je recommence... la voie est dure à saisir... je ne me relâche pas assez... trop en guerre avec moi même... je me bats contre mes défaillances et je recommence... mon dos est raide, mes bras trop figés, mon esprit saturé...  je dois apprendre encore et encore... à laisser faire le temps...

 

il fait de plus en plus chaud...  une petite brise sympathique se faufile dans la maison... Les nuages ont disparu laissant le ciel passablement délavé... les ondes de chaleur troublent le paysage... tout devient flou...

 

Il est temps pour moi de repartir... il est temps pour moi de laisser la maison à sa sérénité... la relève est là... Le  gardien du refuge, des arbres et des montagnes est revenu...

 

un lucane

traverse

la cuisine...


 

甲虫が台所を渡ります   (kabetomushi ga daikotoro o watarimasu)

 

 

l'araignée du recoin

descend boire

l'eau de l'évier

 

 

toile tissée à la fenêtre...

une mouche se colle

 

 

 

petites fourmis discrètes

en commando organisé

vers le sucrier

 


et le chant des cigales

que je finis

par oublier...

 

 

rangeant les dernières affaires

un pinceau échappe

à ma volonté

 

 

 

le chien lève la tête

 

 

 

 

 

 

Repost 0
20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 15:23

à l'ombre des herbes hautes

un peu de fraîcheur

pour les voyageurs

 

 

un nuage passe

puis deux

sur le rang de tomates

 

 

entre les haricots

les fleurs de courges

s'ouvrent en famille

 

 

sud sud-ouest

tous les légumes du jardin

contemplent la vallée

 

 

南南西に菜園のすべて野菜

谷へ眺める

 

 

 

 

Repost 0