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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 19:59

ciel nuageux
au bord du chemin

j'attends mon ombre

 

 

manque de sommeil

le soleil s'étire lui aussi

avec mollesse

 

 

quelques gouttes d'eau

les fleurs s'envolent avec les papillons

 

 

saison des fleurs et des papillons, pendant que les unes se referment délicatement sur les autres, les autres vagabondent avec génie et exigence autour des plus belles couleurs, cherchant la gamme chromatique la mieux adaptée à leur noce et à leur agonie. Le temps de vie de ce petit monde est tellement compté, que rien n'est négligé... le moindre battement d'aile se fait avec art et goût. La plus petite éclosion s'éffectue avec une subtilité unique... ils sont les maîtres d'oeuvre les plus accomplis, de notre quotidien... Ils sont l'harmonie achevée de leur espèce...

 

au bord de ce chemin perdu, s'éveille lentement dans mon coeur, le bruit de pas des poètes errants... silhouettes aux vêtements fatigués, ils m'apparaissent flottant entre ciel et terre, portés par leur inconstance fragile vers des écritures improbables. Usés par le temps, sans expression, leurs yeux vides se posent dans les miens... Entre leurs corps secs et incertains, se meut insoumise, l'ombre que j'attendais depuis ce matin. Je ne suis pas encore des leurs, mon écriture et ma peinture doivent encore se débarrasser de moi.

 

 venu d'un autre monde un cri d'oiseau transperce le ciel... 

 

fin de journée, un faible rayon de soleil réchauffe mon corps assoupi, lui rendant par cette clémence instable l'ombre qui lui appartient.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 16:38

un chef d'oeuvre et certainement le dernier pour Isaho Takahata... Un genre qui  vous trotte dans la tête des jours et des jours après l'avoir vu ... Un conte ancien de l'époque Heian qui reste très contemporain... une main de maître et un génie de poète pour le dessiner et le transmettre avec autant de sensibilité et de tendresse...

à voir et à revoir ...

 

 

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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 18:18

dans la rousseur de ses cheveux

les premiers fils blancs

succombent au temps

 

 

 

fredonnements immémoriaux

elle berce son enfant

aux yeux bleus


 

 

aux jeunes rouges queues ignorants

 père et mère imposent le départ


le vieux mur en pierre résonne comme une cathédrale

 

 

 


  pinceau

  encre

  washi

 

 je m'appuie contre le vieux chambranle de porte...

 

 

 

 

bleu et bleue

ciel et mer

n'ont rien à faire ensemble

 

pas si simple à écrire en noir....

 

 

 

 

paralysée par la douleur

je lis de vieux poèmes

japonais

 

 

soulagée par la beauté des mots

je retourne à mon travail de peintre.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 10:14

de moins en moins d'oiseaux traversent les mers, et les océans... habitués à voir le monde à l'envers ils perdent leur densité dans les nuages. Avec beaucoup d'effort ils retrouvent le magnétisme des pôles, mais les plus faibles tombent comme des mouches sur des terres inhospitalières... les villes sont des remparts de fréquences qu'ils ne savent pas surmonter...

Chaque printemps je constate d'autres absences... je les remarque muette, le coeur rempli de tristesse... Cette année martinets et hirondelles sont moins nombreux... ont-ils oublié de venir nicher dans nos étoiles ? La présence des limicoles se fait moins dense... leur chant décroît dans les marais... et je cours cours cours derrière eux, ma lunette sur l'épaule, mes jumelles autour du cou...  je franchis les roubines, marche dans les landes désertes, pietine la sansouire, foule la salicorne et remonte les cours d'eau jusqu'aux limites du possible...  je regarde le ciel, attendant le moindre changement... J'ai mal au dos, mal aux pieds, le soleil brûle ma peau, mais je cours, cours, cours désespérée et anéantie... 

Je n'ai plus la force de me demander pourquoi, nous en sommes arrivés à ça... j'ai bien trop peur de la réponse... et mon coeur s'emballe incontrôlable lorsque je ne me les imagine plus...

 

Ce soir la lune intimide les étangs, sa lumière paralyse les traces, anamorphose les ombres, réveille légendes et fantômes abandonnés dans ces eaux rampantes... je n'aime pas ce silence de mort qui flotte entre les joncs... Une peur ingérable sort de ce vide, remonte le long de mes jambes, s'infiltre dans mon ventre, sangle ma poitrine, étrangle ma gorge... me laisse au bord du noir sans air...

 

 

 

 

 

expropriant la nuit

le chant du butor étoilé

fête ses noces fragiles




 

 

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 14:43

la main de l'enfant se pelotonne dans la mienne... je resserre doucement mes doigts sur les siens...  Avec la force d'une survivante je respire le souffle qui passe dans nos cheveux... l'herbe du pré chatouille le petit menton tout rond de la fillette...  les bleuets accompagnent son rire dans l'immensité...

 

 

naturellement

les fleurs de nos deux robes

suivent nos petits pas...

 

 

la parole des arbres ricoche sur les pierres du chemin, éclairant de sa pertinence le rire de l'enfant postée devant l'éternité.

 

elle est là... tellement présente que j'ai l'impression de la connaitre depuis la vie des temps... elle, et les trois autres de ses frères et cousins...Cela fait donc déjà si longtemps que je tourne dans ce monde ? est-ce cela qui m'interroge avec tant d'insistance aujourd'hui...?

nous restons là, sans rien dire, détachées de tout... avec ce regard tranquille des contemplatifs...

 

Elle a déjà cette force sereine de ceux qui acceptent sans se résigner...  alors que mes forces roulent dans l'espace et le temps...

 

 

métamorphose

un brin de conscience

me rappelle

cette odeur de métamorphose

 

 

 

là haut dans la montagne

l'immense battement de coeur

des abeilles...

 

 

Je resserre davantage mes doigts sur les siens.  J'entends mon coeur ordonné la mesure de la reprise... j'entends sa respiration... et ses yeux qui s'ouvrent vers le chemin à suivre...

 

 

 

 

 

 

 

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 09:14

 

Là où le mystère commence, la réalité vacille... l'art a la force de nous aider à traverser les limites de nos frontières. On perd les sens auxquels nous sommes habitués et nous nous laissons porter vers des impressions nouvelles, totalement hallucinantes. Le voyage en vaut le détour, mais au retour, les questions restent invariablement sans réponses... Voilà toute la puissance de l'existence et le courage que l'art nous impose pour le supporter.

Voilà peut-être ce que Kurosawa a voulu nous offrir... et son cadeau est un hymne à la vie...

 

 

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 13:00

jardin zen dans mon jardin

le temps ratisse le temps
sans jamais le changer

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 12:49

avec cette odeur de café

quelques songes égarés


 

vieillesse incertaine...


 

un ruban blanc

retient

mes cheveux blancs

 

 

dans mes vêtements flottants

 se retirent

les souvenirs encombrants


 

 


 

 


 

 

 

 

 

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 22:12

dans cet air froid-gelé

une voix traverse

la montagne

 

 

morsure de neige

et coups de soleil

c'est le troisième mois de l'année

 

 

comme un trésor

au fond du sillon

un rang de pommes de terre

 

 

 

entre deux giboulées

le soleil vient à ma rescousse

 

 

 

 terre du jardin

remontant par mes mains

son odeur de mère fertile


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 22:05

à l'ombre des secrets se chuchotent d'autres secrets ... à l'ombre de la beauté voilée se cache l'incertitude d'une jeunesse meurtrie et d'une nouvelle force de vie ...

 

Superbe !!!

 

 

 

 

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Published by anna - dans films
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