Mercredi 9 avril 2008
Mal de pierres de Milena Agus,

Une Sarde aux yeux étranges et grands ouverts ... une femme, dans les années quarante ... toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie ....

un bijou ...!!

extraits:

  Alors ils changeaient de trajet, et quand le Rescapé voyait que grand-mère était distraite et s'arrêtait soudain sur le milieu de la route pour regarder une façade d'hôtel ou les feuillage des arbres, ou Dieu sait quoi, comme elle a été coutumière jusque dans sa veillesse, il posait une main sur son épaule et d'une légère pression la poussait sur le bord de la route .
"Une  princesse, vous vous comportez comme une princesse. Vous ne vous souciez pas du monde, autour de vous, c'est le monde qui doit se soucier de vous, votre seule tâche est d'exister. C'est bien ça ?"
Cette fiction amusait grand-mère, être princesse de la rue Manno, actuellement de la rue Sulis,et avant de la province du Campidano.
Sans rendez-vous précis, ils arrivaient de plus en plus tôt au petit déjeuner, afin d'avoir plus de temps pour le journal, qu'ils lisaient tout près l'un de l'autre sur le banc, et pour leur promenade où le Rescapé, trouvait toujours l'occasion de poser sa main, sur son épaule pour la diriger dans une autre direction.
un jour le Rescapé demanda à voir les bras de grand-mère en entier et quand elle releva les manches de son chemisier, il parcourut d'un doigt attentif ses veines à fleur de peau.
Une beauté, tu es une vraie beauté, dit-il passant du vous au tu. Mais toutes ces cicatrices ?" Grand-mère répondit, qu'elle s'était coupée au travail aux champs.
"Pourtant on dirait des entailles au couteau.
- On coupe tellement de choses. C'est le travail de la terre qui veut ça .
- Mais pourquoi sur les bras et pas aux mains ? on dirait des coupures volontaires, elles sont nettes "
Elle ne répondit pas, il lui prit la main, l'embrassa, embrassa toutes ces cicatrices de ses bras et suivit du doigt les traits de son visage.

.....;.....

Le Rescapé dit que grand-père était un heureux homme, vraiment et pas comme elle le prétend un malchanceux qui aurait écopé d'une pauvre folle, simplement, elle était une créature que Dieu avait faite à un moment où il n'avait pas envie de femmes habituelles en série, Il avait eu une inspiration poétique et Il l'avait créée, grand-mère riait de bon coeur, disait qu'il était fou lui aussi et que c'était pour ça qu'il ne voyait pas la folie des autres.

------------

Tout le monde était persuadé qu'un homme de cinquante ans ne regarde pas une femme de son âge , mais ce raisonnement valait pour les choses du monde. Pas pour l'amour. l"amour ne s'attarde ni sur l'âge, ni sur rien qui ne soit l'amour. Et c'est exactement de cet amour là que le Rescapé l'avait aimée. la reconnaîtrait-il tout de suite ?Quelle mine ferait-il ? Ils ne s'embrasseraient pas en présence de grand-père, de papa, ou de la femme du Rescapé ou de sa fille. Il se serreraient la main et se regarderaient longtemps. A en mourir. Mais, si elle essayait de sortir seule et qu'elle le rencontrât seul, alors là oui, ils tomberaient dans les bras l'un de l'autre et s'embrasseraient pour récupérer toutes ces années; et s'il le lui demandait, elle ne rentrerait plus jamais chez elle. car l'amour est plus important que tout le reste.




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Mercredi 2 janvier 2008
La Cimade a lancé, avec 14 autres associations, une pétition pour dénoncer un projet de directive européenne sur l’enfermement et le renvoi des étrangers en situation irrégulière (voir texte ci-dessous). Si elle était adoptée, cette directive harmoniserait par le bas les normes en vigueur dans les différents Etats membres et porterait gravement atteinte aux droits de l’'Homme en banalisant le principe de l’enfermement des personnes comme mode de gestion des migrants.

> Ce projet de directive relevant – pour la première fois sur les questions d’asile et d’immigration – de la procédure de codécision entre le Conseil des Ministres européens et le Parlement, nous estimons essentiel que les citoyens et les sociétés civiles se mobilisent et interpellent les parlementaires européens afin qu’ils refusent d’adopter un tel projet.

 

je vous  invite  donc à signer cette pétition sur le site www.directivedelahonte.org 

 

> La Cimade

 

>---------- Texte de l'appel ----------

 


En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées, ce projet de directive stigmatise les sans-papiers et les transforme en délinquants à exclure.

 

> Le projet de directive qui sera présenté au Parlement est le premier dans ce domaine qui fasse l'objet d'une procédure de co-décision avec le Conseil des ministres. Le Parlement a donc enfin la possibilité de mettre un terme à cette politique régressive qui va à l'encontre des valeurs humanistes qui sont à la base du projet européen et qui lui donnent sens.

 

> Les parlementaires européens ont aujourd'hui une responsabilité historique : réagir pour ne pas laisser retomber l'Europe dans les heures sombres de la ségrégation entre nationaux et indésirables par la systématisation des camps et de l'éloignement forcé.

Nous appelons les parlementaires européens à prendre leurs responsabilités et à rejeter ce projet.

 

www.directivedelahonte.org

 
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Mardi 4 décembre 2007
Retour sur mes pas, revoir ma cabane, devant la porte, hésiter avant de la franchir.. la pousser doucement , revoir le lit,  la petite table sur laquelle j'ai écrit mes premiers textes, et mes  longues lettres d'amour ... la fenêtre entrouverte laisse entrer l'air des rizières ... ma petite table est installée devant cette ouverture sur le levant ... je suis restée sans bouger dans cet espace si petit et dans lequel j'ai vécu tant de choses ... Une main s'est posée sur mon épaule ... " viens !! ne reste pas là !!! ", mon amie m'a emmenée dehors, a refermé la porte, et m'a dit, je vais relouer la cabane ... !!

Je suis allée retrouver le vieux fondeur de bronze  avec qui je travaillais de temps à autres  lorsque j'habitais là-bas ...j'ai élagué  les arbres juste au-dessus du petit  rhône,  jusqu'à la tombée de la nuit ... puis,  le soir une fois de plus  s'est allongé sur cette eau tranquillement grise  .... et je suis partie ... reprenant ma petite route entre les joncs ....


difficile de ne pas être triste ... lentement, cette tristesse  se mue en  nostalgie  et en repos ... en souvenirs inoubliables et merveilleux ... je  ne garde qu'eux ...


et puis une envie soudaine d'aller au cinéma ....



" De l'autre côté" de Fatih  Akin ....presque du Fassbinder .. j'avais découvert ce  réalisateur avec " Head On"  un film très troublant par la violence que génère la fuite d'une culture, mais aussi par une  histoire d'amour  dramatique, inviolable, même au-delà des choix imposés ...
Dans ce dernier film, avec plus de douceur, le réalisateur reprend le sujet du croisement des gens, et des cultures .. il affine le regard des vivants et embellit celui des morts ... Rencontre de deux jeunes femmes merveilleuses, rencontre d'une mère, d'un père, d'un fils, de deux filles  ... et la volonté de toutes ces personnes de se chercher, de se frôler, de bouger leur histoire sans qu'elles le savent, pour ne  finalement  pas se trouver, et  aboutir  malgré tout à la paix .. les personnages sont beaux , sont charnels ... presque des anges .... parfois des démons ...  vivant sans hésiter ce qu'ils ont à faire ...  C'est téméraire c'est  émouvant .... 



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Jeudi 15 novembre 2007
Chère Monika,


Tu es arrivée sur mes pages virtuelles , comme un printemps vigoureux .. toi qui te rapproches plus de l'automne, tu as la fraîcheur des petits matins aux parfum de rosée ... Tu m'as donné tant  de courage ....combien de tes courriers sont-ils arrivés dans ma boîte de mail, alors que je perdais totalement pied ? je ne le sais plus , il y en a eu tant. Tu n'as jamais hésité à prendre de ton temps si précieux, pour répondre à mes détresses ... Tu as été pendant tout ces moments difficiles , un peu comme ma grande soeur , tantôt patiente, tantôt énervée devant la situation , et j'ai apprécié tous tes comportements, parce qu'ils étaient sincères et profonds ... Tu es une femme extraordinaire .. tu aimes suffisamment la nature pour avoir senti le vent souffler dans mes veines et la terre respirer dans mon ventre.
Presque de la même culture, mais toutes les deux déracinées , nous partagions le goût des petits peuples du nord ... quelle providence , il fallait réussir cet exploit à travers cet univers aussi vaste  que celui du net ..nous l'avions réussi ...

Tes haïkus respirent la même fraîcheur, le même calme , que tout ce que tu arrives à transmettre

Nous écrirons  ce renku original que tu as eu l'idée de vouloir composer à trois  ..."un renku pour trois continents"   avec Phil, s'il est toujours d'accord ...

je penserai tout le temps à toi

anna


  le vent  soufflera
mes pensées

d'un continent à l'autre
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Jeudi 15 novembre 2007
Cher Phil,

Encore une soirée passée ensemble avec ta petite tribu,  encore une soirée où vous avez su me faire rire ... encore une soirée où nous tentions une xième fois de refaire le monde, en cherchant un peu d'espoir dans les dysfonctionnements  abrutis de nos gouvernenements, encore une soirée à écouter de la musique et à parler poésie dans votre salon ....encore une soirée où le très beau sourire de Silouane a rempli mon coeur de  bonheur , encore une soirée où les dessins de Myriam, s'enchaînèrent  comme la plus belle suite de haïkus jamais faite ...encore une soirée  où  la plénitude  de vie de  Nadia et sa verve intarissable ( presque pire que la mienne ) emplissaient toute la maison de vie,  encore une soirée où ton excellente  cuisine a su colorer mon appétit ...

Nous nous sommes croisés sur le net  par le haïku et avons  réussi à nous  rapprocher  parce que nous vivions dans la même région...et que doucement nous apprenions à nous connaître ... j'aurais voulu t'accueillir  dans  mon cabanon, mais je suis partie trop vite et le temps ne s'accordait pas à  ce souhait ...alors tu as pris ton courage et est monté au bout du bout du monde avec ta très belle famille, dans cette maison en cévennnes qui a vu grandir mes quatre enfants, au rythme des saisons ..et qui abrite la plus belle aventure osée, même si elle a pris fin ,elle reste entière ..

je suis contente que tout cela ait pu se réaliser , grâce à la seule et unique volonté d'aller au bout de nos envies .. 


Vous avez  été, toi et Nadia, les piliers d'un moment important de ma vie ...j'ai toujours pu compter sur vous et sur votre générosité  sans faille .

du fond du coeur


au-delà des idées
du courage
au-delà de la vie
la vie

pie-bavarde.jpg


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Lundi 5 novembre 2007
Phil ... tu m'as envoyé une des plus belles chansons de Brel ... elle est à l'image de cette histoire,  j'ai noté le texte et le retranscris ici
non, tu n'as pas fait une connerie... tu as tout simplement compris 

merci 
anna 


ils  sont plus de deux mille et je ne vois qu'eux deux
la pluie  les a soudés semble t-il l'un à l'autre

ils  sont plus de deux mille et je ne vois qu'eux deux
et je les sais qui parlent ,
il doit lui dire je t'aime
elle doit lui dire je t'aime

je crois qu'ils sont en train de ne rien se promettre
ces deux-là sont trop maigres pour être malhonnêtes

ils sont plus de deux mille et je ne vois qu'eux deux
et brusquement ils pleurent , ils pleurent à gros bouillon
tout entourés qu'ils sont d'adipeux en sueur,
et de bouffeurs d'espoir qui les montrent du nez

mais ces deux déchirés superbes de chagrin
abandonnent au chien l'espoir de les juger

la vie ne fait pas de cadeaux

et nom de dieu c'est triste hors lit le dimanche
avec ou sans bécots

et maintenant ils pleurent je veux dire tous les deux
tout à l'heure c'était lui lorsque je disais il

tout encastrés qu'ils sont ils n'entendent plus rien
que les sanglots de l'autre


et puis
et puis infiniment 
comme deux corps qui brillent
infiniment lentement
ces deux corps se séparent
et en se séparant
ces deux corps se déchirent 
et je vous jure qu'ils crient


et puis ils se reprennent,
redeviennent un seul ,
redeviennent feu
et puis se redéchirent,
se tiennent par les yeux

et puis en reculant, comme la mer se retire
il consomme l'adieu, il bave quelques mots
agite une vague main
et brusquement il fuit, il fuit sans se retourner
et puis il disparaît bouffé par l'escalier

la vie ne fait pas de cadeaux

et nom de dieu c'est triste hors lit le dimanche
avec ou sans bécots

et puis il disparaît bouffé par l'escalier

et elle,
elle reste là

coeur en croix, bouche ouverte,
sans un cri, sans un mot

elle  connaît sa mort , elle vient de la croiser,
faudra qu'elle se retourne

et se retourne encore,
ses bras vont jusqu'à terre

ça y est 
la porte est refermée

la voilà sans lumière,
elle tourne sur elle-même

et déjà elle sait, qu'elle tournera toujours
elle a perdu des hommes
là, elle perd un amour

l'amour lui a dit , revoilà l'inutile
elle vivra de projets qui ne feront qu'attendre
la revoilà fragile avant que d'être à vendre

je suis là, je la suis
je n'ose rien pour elle
que la foule grignotte comme un quelconque fruit





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Mardi 16 octobre 2007
 l'oeuvre ratée
 est tragique
elle montre la défaillance humaine
elle est excellente

enfermée dans sa cage
  elle est la reine
d'un espace infini


le monde est une illusion
réelle


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Dimanche 7 octobre 2007
je marche
dans
mes rêves



Ouest de Montpellier
 une femme aux cheveux roux
fait du stop
son sourire souligne la blancheur de sa peau

nos regards
m'arrêtent

elle s'assied
je démarre
on parle

et ça colle
en quelques minutes
nos  sourires et nos vies s'animent

sans détour
on va à l'essentiel

elle me dit
j'ai trente huit ans
je suis tout juste maman


nos yeux se croisent
les siens tout gais
mes larmes avouent l'impensable

nous ne prenons
pas la même direction


elle me serre dans ses bras
m'embrasse si fort

me dit
 si belle
courage...j'y crois


l'auto-stoppeuse
dans le rétro
ses bras s'éfilent sans fin


dernier regard
dans mes larmes
elle voit mon sourire


 je repense à elle
sans cesse
tant de vie en tout juste 20 minutes

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Mardi 25 septembre 2007
Merci Janik.B de votre post dans l'article "promenade du soir" encourageant ... cela m'aurait certainement plu de figurer dans ce receuil, mais il aurait fallu que je connaisse l'existence de sa réalisation ... Mais avant toute chose , je suis contente de voir que ce j'écris apporte un peu de plaisir un peu de vie et peut-être du désir ..après tout c'est bien là l'essentiel ...L'échange se fait alors et c'est à travers cet échange que nous nous découvrons ...On ne le comprend pas assez , c'est bien dommage, nous franchirions plus facilement les angoisses, les peurs et les habitudes qui nous figent dans nos vies ... dans notre confort ... Nous pourrions vivre tellement mieux...



et dans les draps moites
son corps se love
ses mains entre les cuisses


anna


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Lundi 24 septembre 2007
si triste et sans force
mon coeur
lentement de jour en jour

je  viens de rentrer  chez moi,  et de regarder mes courriers ... je suis surprise de voir par vos envois privés combien ce blog vous a touchés...je reste perplexe et ne sais plus si je dois le continuer malgré tout .... c'est vrai aussi que c'est mon chez moi et que j'y ai laissé autant de rires que de larmes ... si tel est votre souhait ... je continuerai d'y laisser mes traces de vie et d'esprit, mes vagabondages et mes rencontres ...des tous petits moments de mon moi  si vivant ...J'ESSAIERAI ....!!

merci à vous tous

anna
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Vendredi 14 septembre 2007

migrer encore une fois
jusqu'au Détroit
  les accompagner




Les oiseaux qui migrent par le Détroit de Gibraltar viennent en majorité de la moitié nord de l'Europe. Certains migrateurs terminent leur voyage sur les côtes atlantiques européennes, à l'abri du rude climat de l'intérieur du continent et des régions nordiques, mais la majorité continue plus au Sud. Dans certains cas, ils s'arrêtent au niveau des régions chaudes de la péninsule ibérique et du Maghreb et dans d'autres, ils vont jusqu'à l'Afrique transsaharienne. Ainsi, le Détroit de Gibraltar constitue pour eux un endroit stratégique pour leur migration. Les oiseaux terrestres qui cherchent à éviter les longues traversées marines, mettent le cap vers la péninsule ibérique en suivant les côtes ouest-européennes, celle-ci se transforme alors en un grand tremplin avant le saut vers le Maghreb. De fait, de nombreux migrateurs nocturnes qui volent à de hautes altitudes et sur un large front, se lancent sur l'Océan vers l'Afrique à partir de la moitié occidentale de la péninsule ibérique . Pour eux, le Détroit de Gibraltar semble être un obstacle insignifiant. Mais pour les migrateurs diurnes plus réticents à se lancer en mer, ils suivent les côtes ibériques jusqu'au Détroit afin d'effectuer une traversée maritime la plus courte possible.

Mais le Détroit de Gibraltar joue un rôle plus important dans la migration des oiseaux planeurs pendant les deux passages pré et post-nuptiaux. Les Cigognes, les Milans, les Vautours, les Bondrées, les Aigles bottés ou les Circaètes voyagent en profitant des thermiques, ces flux d'air chaud qui montent du sol réchauffé par le soleil. Ils gagnent alors de l'altitude puis se laissent glisser jusqu'à leur destination. En utilisant ce type de vol, ils sont capables de couvrir de grandes distances avec un coût énergétique minimal. Beaucoup de ces oiseaux n'ont pas l'habitude d'endurer de longues périodes de vol battu. Comme les thermiques se forment au-dessus de la terre (l'eau de la mer absorbe les radiations et ne réchauffe pas l'air), ils ont l'obligation de ne pas quitter la côte. Cela les amène à se concentrer dans les détroits où après avoir pris de l'altitude dans une ascendance thermique, ils se lancent en planant vers l'autre rive. Pour cette raison, le Détroit de Gibraltar est, avec les détroits du Bosphore et de Messine, l'un des points de passage obligatoires de centaines de milliers d'oiseaux planeurs dans leurs migrations vers l'Afrique .

Le rôle du Vent dans la Migration :

Les forts vents d'Est et d'Ouest qui battent les côtes du Détroit sont sans nul doute les facteurs les plus importants qui influent sur le comportement des migrateurs.  Des études au radar ont montré que les oiseaux ont tendance à voler très haut lorsque le vent est favorable, alors qu'ils descendent et suivent le sol lorsqu'ils ont le vent contre, en essayant d'avancer péniblement en luttant contre ces conditions contraires. Pour les oiseaux non planeurs, leurs flux sont déviés et ils approchent le Détroit selon différentes directions.

 

 

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Mercredi 11 juillet 2007
 Chère Monika,
J'apprécie les commentaires que tu fais sur mon blog . le commentaire sur le haïku de la pie .. m'a surprise, parce que dans un premier jet, j'ai écrit la même chose que toi ... et je ne sais pour quelle raison, je ne l'ai pas trouvé équilibré ...et  il a donné ce que j'ai écrit .. mais en te relisant, j'ai changé d'avis ... c'est vraiment une histoire de prise de vue de lecture ... de toute manière le haïku est avant tout, un instantané ...et une émotion ... les plus beaux haïkus s'équilibrent, quand, à leur  lecture,  l'image et l'émotion passent en harmonie ...et qu'il n'y a plus rien d'autre à dire que: "c'est beau"... C'est pour cela aussi que je n'aime pas ces concours qui se déroulent de plus en plus de droite et de gauche ... pour moi, cela ne veut rien dire et les choix sont très arbitraires ... la plus part du temps je n'aime pas cet amalgame fait sur une page de divers haïkus sélectionnés.... pour moi le haïku se savoure seul ... il n'est pas nécessaire d'essayer d'en faire des quantités, il suffit d'en réaliser de temps à autres et c'est déjà pas mal ;.. pour ma part, je ne prétends rien d'autre, qu'écrire ce que je vis au fil d'une existence... parfois le haïku en naît ... je le vois , j'ignore sa qualité extérieure, mais je ressens sa force ... je suis alors contente ... c'est tout, et je continue ...  c'est ma seule façon de rester intègre  ... avec ma perception des choses, de la terre, de la vie et de mes émotions .... je cherche toujours à rééquilibrer ce qui est si facilement tangible ... mais je ne cherche jamais à faire un haïku pour qu'on me dise que celui-ci est bon .... en fait, ce que je veux, c'est arriver à transmettre le plus fort possible une image et l'émotion de cette image .... la relation à la terre que j'ai depuis plus de 25 ans m'aide énormément .. Comme je te l'ai dit les peuples premiers m'ont beaucoup appris... mais  en vivant très isolée en montagne  et avec le temps et l'écoute de la vie autour de moi,  acompagnée de cette passion que j'ai pour les oiseaux, j'ai appris à sentir la terre passer dans mes veines ;.. à comprendre le souffle de celle-ci dans les arbres , dans les plantes dans tout ce qui rythme la vie  ;.. j'ai entendu les arbres pleurer .. Nous avions un jour abattu un énorme cèdre devant la maison ... trop  près et dangereux ... nous étions déchirés par cet acte humainement égoïste ...mais nous l'avons fait .. la tronçonneuse a oeuvré... et quand il est tombé je l'ai entendu hurler ...Je crois tout simplement à la vie de ce qui m' entoure et à la force de cette vie ... en ayant pris conscience de ça ... on ne peut  plus voir les choses autrement ... et le regard qu'on porte sur le monde change ... Le rapport entre le haïku, les peuples premiers et les oiseaux, est ce lien, au souffle de la Terre, et à tout ce qu'elle nous invite à vivre dans l'instant et dans l'émotion....mais ce rapport ne concerne que ma perception des choses, je ne prétendrais  jamais en faire une pensée générique ... c'est pour cela aussi, que je n'interviens jamais sur les haïkus écrits par les autres poètes ... je ne peux tout simplement pas le faire ... parce que même raté, un haïku reste beau ... maladroitement beau et à l'image de celui qui l'a conçu à cet instant-là ...

à l'ombre des platanes
les canaux lentement
vers les cultures

la vie autrefois
quelques traces
 reposent  dans ce lieu

des clôtures en bois
une jument son poulain
tant de tendresse

on s'arrête
on se serre
encore plus fort







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Vendredi 6 juillet 2007
 Monika , toi qui es si loin ... Aujourd'hui, perdue dans une des parties les plus septentrionales du Québec .. dans ce confins immense où on se perd à force de chercher son chemin... Tu es là, juste là,  où on prend une avant-dernière  fois le bac pour traverser le St Laurent ... plus si loin de Natshaquan ou en Innu Nutashkuan ...  Gilles Vigneault , m'a fait rêver il y a déjà si longtemps avec ce mot Innu venu des espaces immenses et des épinettes ... le Labrador et  son tout jeune territoire Inuit, le Nunatsiavut ... Raconte-moi les petits peuples du Nord ... Raconte-moi ce que la vie leur offre ... Hier, ils étaient fières et nobles dans leur atours sauvages , aujourd'hui soumis ils trépignent devant l'ingratitude jetée à leur pied ... que deviennent les enfants sans mocassins,  que deviennent les parents sans harpon... que deviennent les vieux sans histoire ?...cette histoire où se cachent dans chaque nom indien, un  lac ou une  rivière  ... Monika, je reviendrai dans ce pays qui me trouble tant .. je reviendrai bientôt .....

anna
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Jeudi 28 juin 2007

bottes réalisées  à partir de modèle de kamiks inuit

Monika m'a demandé de raconter ma passion pour les peuples premiers .. en quelques mots je tente modestement de le faire

Je n'ai jamais été ce  qu'on appelle quelqu'un  de rangé ... et cela depuis mon enfance ... l'école m'était insupportable.. Rester des heures assise alors que le dehors m'attendait, me rendait quelque peu nerveuse ;... j'ai grandi  à "l'arrache", entre des identités troublées et  toujours à la recherche de ce qui correspondait le plus à mon goût sauvage. C'est comme ça, que j'ai découvert  à 19 ans  toute la génération beat des Etats Unis et avec elle les inconditionnels des tribus perdues .... j'ai remonté la filière, et j'ai découvert peu à peu toutes ces cultures , leur  savoir ancestral ..  toute leur histoire, du nord au sud ... patiemment je les ai  approchés  à ma manière .. discrètement j'ai appris leur beauté, leur dureté,  leur précarité,  leur grandeur et leur dialogue avec la Terre .... j'ai refait leurs gestes pour comprendre;... j'ai transmis à mes enfants le regard sur la nature, le profond respect de l'environnement ...l'importance de  vivre  notre histoire  sans massacrer ce qui nous a été laissé en héritage ...de pouvoir fermer les yeux un  jour en se disant qu'on a fait ce qu'on a pu pour ne pas en rajouter ... je n'ai aucune autre prétention que de passer .... discrètement ...comme un vol d'oiseaux...dans mon espace temps ....

 

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Vendredi 22 juin 2007
.....Regarder au-delà des tombes et prendre le risque de vivre.. mais pour avoir le courage de vivre, il faut accepter la mort... ces cimetières sont là, pour nous le rappeler... mais nous avons une culture qui occulte de plus en plus ça ... tout sentiment  débordant et déconcertant est superflu pour notre  culture , pour se protéger elle tente sans cesse d'annihiler ce qui la gène, et qui la freine.. Les naissances, se font à la va-comme-je-te-pousse... on ne prend que peu de temps de vivre ces instants uniques, on bouscule les émotions..Suit alors l'enfance où là non plus, on ne laisse pas au petit Homme le temps d'être un enfant ;.. En crèche, puis en maternel, et  dans tout le cycle scolaire qui leurs succède,  l'enfant doit rendre des comptes,...On spécule sur son son savoir.. sur son potentiel .. s'il est mauvais élève sa vie peut basculer très vite... On s'enferme dans des raisonnements tels que: il faut toujours occuper l'enfant, il ne faut pas qu'il s'ennuie, il ne faut pas qu'il commette de bêtises, il ne faut pas, il ne faut pas... Toutes ces choses qui construisent au même titre que le reste un individu sont de plus en plus farder... Mes enfants m'ont fait grandir, ils m'ont entraînée là où je ne serais jamais allée sans eux, ils m'ont ouvert des portes, parfois contre mon gré... mais je les ai laissés libres d'être ce qu'ils étaient parce que j'avais compris qu'ils ne m'appartenaient pas... ils m'ont très vite fait comprendre que leur rôle leur était propre...Tout petits je leurs avais enjoint des responsabilités à assumer... parfois à contrecœur, parfois avec fierté, ils apprenaient à travers ces épreuves, qui ils étaient...
Notre société est faite d'un tout... elle s'équilibre dans le paradoxe.. Ce n'est pas de l'amour, que ne pas faire prendre conscience de ces réalités, c'est de la possession inconditionnelle, de l'égoïsme larvé.... de l'irresponsabilité de prendre  en charge une éducation parfois ingrate...dire non à  un enfant c'est faire face à une réaction,  on ne prend pas le temps du débat ...Plus que jamais, nous voyons dans nos sociétés modernes, des jeunes dépressifs, irresponsables, désarmés, parfois apathiques, parfois violents... Consommateurs, de substances licites où illicites ( et je n'ai rien contre les illicites) de façon recurrente , ils fuient leur évidence   ... la maturité à changer d'orientation, on ne se construit plus sur les mêmes bases ...les jeunes adultes  restent sous la tutelle de leurs parents et refusent de voler de leurs propres ailes au risque de vivre enfin leur histoire... ils ont peur et ce sont ces peurs qui les rétrécissent sur eux-mêmes... toute éducation à ses tares, mais ne pas en avoir, où sous prétexte d'aimer ses enfants, les gâter à outrance c'est affaiblir les êtres qu'on chérit.. c'est affaiblir la société de  demain....

j'ai eu l'occasion de rencontrer pas mal de jeunes durant ma petite vie.. je les ai énormément écoutés... il y a parmi eux des individus exceptionnels, même dans leur détresse, ils sont souvent percutants, vifs et  d'une intelligence sortie des sentiers battus... je les admire énormément et mal est de me faire prendre conscience que certains d'entre eux manquent de repères nécessaires, au relief de leur réflexion...

Je pense qu'il est extrêmement nécessaire de se pencher et de réfléchir sur notre société d'aujourd'hui pour construire celle de demain, d'aider par la réflexion, à grandir avec nos descendants....Une société qui compte autant de suicides de jeunes, montre sa vulnérabilité et son incapacité de se développer harmonieusement ... elle montre son déclin...

la mort, dans tout ça est tout autant dissimulée que tous les évènements majeurs de nos vies ... on "crématise "... on "cendre" .. vite très vite ;...on passe à autre chose.. laissant les vivants dans leur chagrin en espérant qu'à coup d'antidépresseur, ils ne fassent pas trop d'éclats .... 

                                 par delà notre temps
                         celui de nos enfants
                         un relief à construire



 


                                                                               





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2  nomade(s) migre(nt) sur ce blog

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves

 

courir vers lui
le ciel immense
ses bras ouverts
--

terre
la couleur de ses yeux
semer des fleurs

--

sous ma jupe
le vent
comme un intrus

la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude

--

petite la tenue
sortie des draps
elle pense à lui

--

éclat de rire
dans ses bras
éclat de vie

--


son sourire
entre les draps
deux mots

--


boire son vin
dans la même coupe
se resservir

--

 

dans le sable
quatre empreintes
l'une apprivoise l'autre


--

 
les restes du dîner
sur la table
parfum de sexe à côté

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horizon confondu
au bout du bout
deux en un

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odeur de mer
odeur de terre
la vie

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reflet de lui
petit miroir
parle tant

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parler et rire
un demi et un café
au soleil

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à l'ombre des regards
collée contre le mur
lui si près de moi

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deux oiseaux farouches
espiègles aussi
par moment

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du bout des doigts frêles
calligraphie délicate
pensée dévoilée

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le destin se cache
dans la courbe des reins tendus
frontière invisible

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sur les ondes
une voix chaude
un chant dans ma tête

 

la pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues

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revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique

 

 



les yeux ouverts
émotion plaisir
un tsunami


c'est jour de marché
des couleurs et des sourires
de la chaleur partout


 

de l'arbre au panier
des cerises des cerises
au merle volées


entre les fleurs vives
deux petits papillons
leur éclat en noce



sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie


sur le rocher, trois naïades
les pieds dans l'eau
paisiblement belles


 
vent éclair tonnerre
la pluie sans retenue
brume sur les versants


chaleur assassine,
dernières perles de rosée
aux feuilles suspendues


nue, au bord de l'eau
une libellule chemine
le contour de mes cimes


du bruit à l'odeur
tout est fébrile
reflet de chaleur


nuit épaisse et pleine
les arbres murmurent leur paresse
le vent sa langueur



 

visage ouvert
premier rayon de soleil
sourire, ivresse.


Le silence parfois
riche de sens et de force
éloquence fertile




mille secrets cachés
odeur de terre mouillée
odeur de camphre



comme un rêve de sang
les joues rose-rouge
trahissent l'évidence


que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches


plaintes lancinantes
le vent dans les embrasures
détresse d'automne


odeur de thym frais
et dans les cheveux mouillés
des contours sauvages


le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.


mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.


un rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ



 

entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith



quelques aquarelles
ma lunette et mes jumelles
images insolites

une douceur de printemps
l'hiver aux aguets
juste un prélude

  

l'hiver s'installe
dans les têtes dans les corps
derrière la vitre



la pluie ce soir
sur les roseaux des larmes
que la terre absorbe



 

le chant du vent
dans mes os transis

complainte glaciale


 

 

le rose discret
sur sa pâleur
la timide

 
 

 







 

 

 

 
















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