Jeudi 15 mai 2008
... entre les galets, dans l'ombre des pas, les sternes soulignent la blancheur du ciel... la mer voit la terre ... la mer me regarde...  la solitude me pousse vers elle...  les vagues tirent mes chevilles et m'indiquent le large  ... je regarde la beauté du ciel... mon coeur se serre... le sel se mélange au sel ... et je retire enfin mes pieds de l'eau... Hier,.. j'étais seule avec ma lunette et mes jumelles... hier j'étais seule, et les oiseaux refusaient de me porter ... occupés à leur futur... ils passaient au-dessus de mes cheveux presque menaçants... j'ai marché de longues heures... l'épaule à moitié démise du poids de la lunette... j'avançais vers l'ouest...  seule... sur ce bout de littoral...  j'ai vu le très très rare chevalier à pattes jaunes... et le plus commun, même s'il reste singulier, chevalier arlequin... immobile, le souffle court, derrière ma lunette je les voyais évoluer dans la lagune...  pendant  que les gravelots à collier  interrompu couraient dans tous les sens entre les galets...

les mots sépuisent... peu à peu... je perds l'habitude de parler... les yeux  restent vivants...




solitaire
les mots s'égarent
j'entends le petit duc scops








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Mercredi 14 mai 2008
un vent léger traverse mon logement perché dans les nuages... il fait sonner la cloche accrochée à la poutre de la chambre ... elle  tintinabule doucement et cadence la brise qui passe...  Au bout de cette clochette pend une grande plume alaire de buse variable... c'est là que l'air s'emprisonne et devient mélodie ...
 cette petite cloche en bronze, est une cloche d'été... venue du Japon, où je ne suis jamais allée, elle m'accompagne depuis quelques années dans mes errances... Perdue dans mes montagnes... elle s'est glissée dans mes bagages et m'a suivie dans les rizières... fidèle, elle reste auprès de moi depuis que j'habite en ville...

elle est harmonie... mais pour moi, elle est surtout refuge... lorsque je l'entends... j'écoute les bruits de la montagne, les mouvements des rizières... et j'oublie les chaos de la ville ....





  dehors
le soleil réchauffe les tuiles
jusqu'à la mer

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Mardi 13 mai 2008
me revoilà devant la mer... mon regard flotte sur les vagues... j'attends que l'eau me parle... me charme... réponde à mes questions... mais elle ne parle que de vagues et d'écume .. elle ne parle que de la couleur de sa surface, et s'empresse de cacher celle des profondeurs... elle me chuchote des secrets que je ne comprends pas... je suis trop petite pour l'entendre ...  trop petite pour la connaître...  je ne sais que l'écouter... elle... et voir les oiseaux...






flux  reflux
tous ces coquillages
parlent de mer et d'oiseaux





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Samedi 10 mai 2008
Cité 2008 ... au rond point de la "Zone" ...un tout petit bout de femme, toute jeune... immobile... campée sur ces deux jambes enflées par  la chaleur, serre contre elle son panneau de suppliques...  à sa droite, à sa gauche... de grosses voitures, aux marques prétentieuses et aux conducteurs condescendants, l'ignorent, la rongent, la méprisent ... la richesse limite leur horizon... ils pensent santé, voyage, loisir... elle pense à son ventre qui s'arrondit  ...... elle et son petit panneau serré contre elle... elle ne gêne pas, parce qu'on ne la voit pas .... quel âge peut-elle avoir ?... quinze ou seize ans tout au plus .... qui s'en soucie ?... des heures entières, le visage imperturbable, elle cherche son égo emprisonné dans le flot des voitures ... sous son vêtement trop court se dresse son nombril proéminent  ...son ventre est déjà brun, son visage desséché par le soleil de printemps ... rien ne la protège ... elle ne sait pas pourquoi   ... mais elle sait qu'elle n'a pas le choix ... elle doit se nourrir, et ne pas oublier l'enfant .. mais personne ne les voit ...elle et son ventre.... ses vêtements délavés sont trop courts ... sa peau est brûlée et de petites rides creusent son jeune front ... elle est toute blonde ... toute belle, ses yeux gris se plissent sans trouver un autre avenir que celui qui l'entoure .....et pourtant la mer est derrière elle ... derrière ..... si proche...



sur le bitume
une toute petite fleur
sans terre



















 
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Mercredi 7 mai 2008
dans la cour étroite de mon immeuble s'élève  ..lentement vers les  toits, lentement vers le ciel ... l'ave maria de Schubert... moment intemporel... croisement des siècles... ma porte est ouverte ...les pierres blanches de la cage d'escalier semblent respirer la fluidité des notes et des voix... tout est calme... je travaille sans bruit... la ville semble  disparaître et ne laisser place qu'à la beauté des choses ...derrière elle, devant moi, ne reste que les rêves d'un temps plus serein, celui que je n'aurai plus la patience d'attendre... Le soleil remplit ma pièce de vie... je me replie dans l'ombre des voiles de tissus... dehors la chaleur réchauffe les tuiles jusqu'à la mer et les martinets noirs scanent le ciel par centaines... l'un d'entre eux est rentré ce matin dans mon petit logement... l'a traversé... puis s'est enfui...



est-ce dans l'obscurité
que l'inutile vérité
s'éclaircit
?









 


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Mardi 6 mai 2008


suite de rêves
jour et nuit
déracinés




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Samedi 3 mai 2008
ses petits pas
sans bruit
elle



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Mardi 22 avril 2008



un air de jeune saison
dans le rose des nuages


sans jamais accoster
le silence
des nuages



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Lundi 21 avril 2008


sous leurs pas
la terre pleure


 détresse d'un peuple


Richard Desjardins et Robert Monderie ont visé juste avec L'erreur boréale (1999), un documentaire choc sur les pratiques douteuses des compagnies forestières. Ils secouent à nouveau notre indifférence en faisant la lumière sur une triste réalité autochtone, sur un Peuple invisible : la nation algonquine du Québec. Pour la toute première fois, son histoire trouve enfin le chemin des écrans.
Les Algonquins vivaient jadis en symbiose avec le vaste territoire qu'ils occupaient. Cet équilibre fut rompu avec l'arrivée des Européens au 16e siècle. Peu à peu, leur mode de vie ancestral a été réduit en miettes, sans compter le pillage de leurs ressources naturelles. Ils ne sont d'aileurs plus que 9000 personnes réparties dans une dizaine de communautés, certaines plongées dans une grande misère alors que les droits humains de ce peuple autochtone sont souvent bafoués.
Ces Amérindiens souffrent en silence : sont-ils appelés à disparaître? Avant qu'il ne soit trop tard, Richard Desjardins et Robert Monderie tirent la sonnette d'alarme.




Monika  m'en a parlé et m'a envoyé le lien ...je savais toute cette horreur, je l'ai étudiée pendant 25 ans ... une acculturation impitoyable ... les Algouquins.. mais pas qu'eux, ...tous les petits peuples du nord, mais aussi toutes les minorités ont été touchés de plein fouet ...

elle a vu le film ... je n'ai pas eu cette chance là, mais j'éprouve le besoin de rappeler, en mettant cette   bande annonce, ce que le mercantilisme et le pouvoir engendrent ...



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Samedi 19 avril 2008
au rythme de ses mouvements répétitifs, la mer me renvoie sur mon rivage ... dans le sable encore frais, je ramasse les morceaux brisés  de ma conscience et tente de les ajuster  un à un ... lorsque le vent charie les vagues et que l'écume frotte le ciel tout aussi noir ... je me surprends à rêver de large ...de détroit et d'écueils ... je me mets à rêver d'oiseaux ... l'envie de partir  me gagne chaque jour davantage ... et  frappe à ma mémoire le rappel d'un pays, qui souhaiterait que je m'y perde ...il est si bon de rêver ....!!!



au fil de l'eau
les rêves
échangent de rêves




lavoir d'Aubais ... une petite merveille à voir ...






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Mardi 15 avril 2008



le monde
est-il aussi grand
qu'une feuille qui tombe



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Jeudi 10 avril 2008
quelques jours d'hiver
au printemps
trop de gris sur les toits


7h30 du matin, le ciel sombre de la mer  étouffe le littoral.... bas, bas, les nuages écrasent l'abbaye que je vois à peine ... les étangs ne laissent place à aucune variante de couleur ... tout est vraiment très gris ... presque noir,chargé...j'adore ce temps, lorsque je suis loin de la ville ... C'est le moment où les oiseaux se comportent différemment ... leurs cris transpercent les nuages et saturent l'espace ... Sur ce gris mer-étang, le rose des flamants pâlit avec le lever du jour ... les deviner, et les voir ...à travers la brume qui court à la surface de l'eau ... debout, sans bouger ... juste arrêter le temps une seconde et laisser la brume m'envelopper ... la rosée remonte sur les jambes nues ... et serre les chevilles ...j'ai froid , je tire mon gilet de laine sur mes épaules et je marche, abandonnant l'envie de croire que la brume veuille me retenir.....


ciel mer étangs
grise la couleur du temps
jusqu'aux cris des oiseaux

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Lundi 7 avril 2008
parce que j'ai eu un réel plaisir à partager cette soirée ... entre tout ce petit monde souriant et plein de vie ;.. parce qu'on descendait insouciants la rue de l'Aiguillerie vers les Ursulines ...et qu'on s'étonnait de cette ruche plus en action de nuit que de jour ... parce que je tenais la main de mon petit fils ... et que je rigolais avec ma fille aînée ... parce que devant moi deux hommes marchaient en parlant de choses et d'autres... parce que la vie c'est aussi simple que ça ...
parce que Mozart disait :
"vivre bien et vivre heureux, voilà deux choses différentes. Et sans un peu de magie, je ne connaîtrais pas la seconde"...

cette magie, j'essaie de la trouver tous les jours .. parfois elle surgit comme une évidence parfois elle se heurte à ma tristesse ... l'autre soir ... elle était vraiment avec moi ... depuis si longtemps ...
                    
http://profile.myspace.com/index.cfm?
fuseaction=user.viewprofile&friendid=360392336



http://philquinta.canalblog.com/

http://fourques.canalblog.com/



ps : les photos sont foirées .. grave de chez grave !!! mais bon le trouble .. sans flash... bref .. j'essaie de trouver une excuse à ma médiocrité de photographe ... et puis je hais les ap. numériques.. rien ne vaut la profondeur de l'argentique ... et le numérique rame .. rame en émotion ...donc  je reste nulle en photo


dans ma boîte de mail de la part de Phil:

A Anna



de sa chambre
les toits
et d'autres chambres

*

chambre sur les toits
sur les murs muets
les oiseaux

*

Grues d'Hokkaido -
par chaque image
l'ami ravi

*

que c'est beau !
dis je dans l'escalier
qui monte chez elle

*

fantaisiste
la jeune femme
jusqu'aux chaussures

*

quand elle dit
"c'est cool !"
tout est dit

*

rumba improvisada -
regards à sa mère
entre les morceaux

*

salle de concert
le yogi et l'aquarelliste
sympathisent

*

Jardin du Peyrou -
sur son cheval Louis XIV
écoute du rap

*

crevettes -
seulement si je lui
décortique

*

tous artistes
ses quatre enfants -

*

flamenco -
un couple d'anglais
mange des tapas

*

soirée flamenco -
sur les étagères
de faux cactus

*

Phil


---------------------------


un peu de vin
quelques bières
la musique se boit sans effort



ruelle étroite
nous sommes que trois
 étonnés du monde



au rythme des guitares
les palmas
les danses beaucoup plus tard


j'ai loupé la frontière


deux jeunes filles
 ravissement des hanches
temps contre temps



 tard dans la nuit
seule
j'ai refermé ma porte


la fièvre me tient
et pire qu'elle
le reste


   anna



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Samedi 5 avril 2008
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Mercredi 2 avril 2008
son sourire avait la couleur des journées calmes et pleines de douceur ... enfant, ce qui l'inquiétait le plus c'était de ne pouvoir avoir un crayon de couleur dans les mains ... adolescente, elle n'a eu de cesse de chercher tous les supports des plus officiels aux plus cocasses ... pour peindre ses espoirs, ses rêves, et tout ce qui lui passait par la tête ...elle a tout essayé selon ses moyens, mais c'est  l'huile qu'elle a choisie  pour l'intensité de ses tableaux  ...

petite femme au coeur aussi vaste que son imagination .... elle continue à peindre et à apprendre à son petit bout de bonhomme, le plaisir de la couleur ...

sur le sol de sa chambre , dans le vieux mas ;.. reste les éclats de peinture que son empressement d'agir a imprégnés à jamais... comme du Jackson Pollock ...


je me souviens
dans ses mains d'enfant
 les crayons de couleur


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2  nomade(s) migre(nt) sur ce blog

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves

 

courir vers lui
le ciel immense
ses bras ouverts
--

terre
la couleur de ses yeux
semer des fleurs

--

sous ma jupe
le vent
comme un intrus

la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude

--

petite la tenue
sortie des draps
elle pense à lui

--

éclat de rire
dans ses bras
éclat de vie

--


son sourire
entre les draps
deux mots

--


boire son vin
dans la même coupe
se resservir

--

 

dans le sable
quatre empreintes
l'une apprivoise l'autre


--

 
les restes du dîner
sur la table
parfum de sexe à côté

--

horizon confondu
au bout du bout
deux en un

--

odeur de mer
odeur de terre
la vie

--

reflet de lui
petit miroir
parle tant

--

parler et rire
un demi et un café
au soleil

--

à l'ombre des regards
collée contre le mur
lui si près de moi

--

deux oiseaux farouches
espiègles aussi
par moment

--

du bout des doigts frêles
calligraphie délicate
pensée dévoilée

--

le destin se cache
dans la courbe des reins tendus
frontière invisible

--

sur les ondes
une voix chaude
un chant dans ma tête

 

la pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues

--

revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique

 

 



les yeux ouverts
émotion plaisir
un tsunami


c'est jour de marché
des couleurs et des sourires
de la chaleur partout


 

de l'arbre au panier
des cerises des cerises
au merle volées


entre les fleurs vives
deux petits papillons
leur éclat en noce



sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie


sur le rocher, trois naïades
les pieds dans l'eau
paisiblement belles


 
vent éclair tonnerre
la pluie sans retenue
brume sur les versants


chaleur assassine,
dernières perles de rosée
aux feuilles suspendues


nue, au bord de l'eau
une libellule chemine
le contour de mes cimes


du bruit à l'odeur
tout est fébrile
reflet de chaleur


nuit épaisse et pleine
les arbres murmurent leur paresse
le vent sa langueur



 

visage ouvert
premier rayon de soleil
sourire, ivresse.


Le silence parfois
riche de sens et de force
éloquence fertile




mille secrets cachés
odeur de terre mouillée
odeur de camphre



comme un rêve de sang
les joues rose-rouge
trahissent l'évidence


que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches


plaintes lancinantes
le vent dans les embrasures
détresse d'automne


odeur de thym frais
et dans les cheveux mouillés
des contours sauvages


le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.


mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.


un rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ



 

entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith



quelques aquarelles
ma lunette et mes jumelles
images insolites

une douceur de printemps
l'hiver aux aguets
juste un prélude

  

l'hiver s'installe
dans les têtes dans les corps
derrière la vitre



la pluie ce soir
sur les roseaux des larmes
que la terre absorbe



 

le chant du vent
dans mes os transis

complainte glaciale


 

 

le rose discret
sur sa pâleur
la timide

 
 

 







 

 

 

 
















-