haiku-nomade


Mercredi 4 novembre 2009
les nuits sont parfois longues ... sans sommeil, elles nous harcèlent de pensées sombres ou nous agressent d'idées nouvelles... parfois, plus généreuses,  elles nous laissent simplement divaguer ...

la lune est pleine... Par la lucarne du grenier, elle éclaire la petite chambre dans laquelle je tente de dormir... je me tourne et me retourne, trouvant le lit affreusement vide... l'absent est trop loin... je me recroqueville  en boule les mains entre les cuisses et laisse aller mes pensées là où elles trouvent un passage... la lune éclaire la pièce comme en plein jour... dehors, le vent souffle et les nuages traversent la vitre  à toute allure  ... rien ne fait obstacle à rien... je pense au vide et au plein, à ce que je suis et ne suis pas... je pense à hier et aujourd'hui tout en évitant demain...

tournant ma tête vers le tilleul mis à nu par les bourrasques, je vois la lune s'élever de plus en plus haut, de plus en plus loin dans la nuit... quelques feuilles mortes arrachées à l'arbre, narguent  légères, la clarté et la rondeur  solitaires de la lune...



je regarde dehors
de mon lit
la nuit passe toute seule



tramontane
les feuilles
se perdent dans les nuages



pleine lune
ce soir
je repense à ma mère







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Mercredi 21 octobre 2009
la pluie ruisselle contre les vitres... la ville est noire... il fait presque chaud... l'eau s'infiltre sous les tuiles et  imbibe  le plafond... Entêtée et imprévisible, elle se fraye un autre passage le long des montants des fenêtres... le mur en pierres dégouline... J'aime ces instants où tout se déchaîne... lorsque le vent frappe avec violence tout ce qui lui résiste...  lorsque impitoyable, il ne laisse  dans ses retranchements que la crainte d'une nouvelle rafale bien plus terrible... j'aime lorsque j'ignore tout de ses caprices... et que je replie mes pensées, attendant qu'il veuille bien se calmer... cela me remet un peu de plomb dans la cervelle et me ramène à  ma  juste dimension... minuscule...


trop de gris
 ce matin
les tuiles brillent


 contre la vitre
un peu de sel

 de mer


couchée
la pluie prend
la direction du vent


tempête
la ville tout entière
attend


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Mercredi 14 octobre 2009

Venant du nord
avec le vent
les oies sauvages



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Mercredi 14 octobre 2009


À la vie à la mort

en si peu de mots















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Mercredi 7 octobre 2009


je rêve de fleurs sur la route
de cerfs-volants dans le ciel








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Dimanche 4 octobre 2009




exclamation !
sur le piquet
une boule de plumes



octobre
la moisson des riz
remplit le ciel d'oiseaux



grossi soixante fois
un vol de cigognes
vers le sud



dans la poche
l'encyclopédie des oiseaux
pour les plus rares



le livre se referme
tous les oiseaux
s'envolent











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Vendredi 2 octobre 2009
lorsqu'on a la bonne idée par défaut  de mettre toutes ses données sur un disque dur externe, que celui-ci par malchance tombe de son emplacement et se casse, on se sent terriblement dépossédé... on se  sent vide ..

je ne suis pas une flippée de la sauvegarde... j'aime laisser aller les choses où elles doivent aller ... et j'en paie le prix fort...

dans ce disque je conservais toutes les photos que je ne retrouverai jamais... des essais, des corrections, des écrits, une classification des oiseaux, qui m'a pris des années de recherche... sans parler des travaux de recherche pour la thèse que je rédige en ce moment...

pas mal d'années de travail, de pensées, d'essais... de rires et de larmes... une collection de films quasi introuvables... une discothèque inclassable et surtout et avant tout,  l'enfance de mes enfants et de mon petit fils...


je palpe le vide... il pèse ce matin... le poids d'une page que je tourne...



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Jeudi 1 octobre 2009



dans le jardin
basilic et  tomates
terminent la saison



dans mon panier
les pommes du verger
jaune piqué de "vers"



la nuit s'infiltre
sous mon pull
quelques frissons






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Mercredi 30 septembre 2009
retour en montagne
aucun bruit ce soir
aucun


---


arbre abattu
à mes pieds
un silence de mort



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Vendredi 25 septembre 2009
cela faisait quelques temps, que je n'étais pas retournée sur les étangs...
Nous avons attendu, les oiseaux et moi,  que tout ce petit  monde d'envahisseurs rentre chez lui, pour nous  retrouver sur la frange de terre qui sépare l'eau de la mer de celle des étangs... l'endroit était presque désert, je me suis enhardie à poursuivre un couple de sternes caugek qui fonçait en rase-motte au dessus des vagues...  Touchant du bout de leurs ailes la surface de l'eau, elles se projetaient dans l'air. Lançant leurs cris aigus, elles défiaient terre et étangs... je pédalais de toutes mes forces en les suivant le long de la berge. Le temps d'un regard, elles se sont rapprochées de moi. Le temps d'un éclat, mon rire s'est mélangé à leurs cris...  puis, lentement  elles se sont laissées absorber par le bleu du ciel et de la mer... et ont disparu...

je ne sais pas décrire le bonheur, j'ai juste appris à le vivre n'importe où, sans jamais le chercher... aussi éphémère soit-il, j'ai  appris à le recevoir sans arrière pensée et sans penser du tout... lui, a simplement appris à être là n'importe où, flottant, sans attache, se donnant à qui voulait bien l'accueillir... 

De temps à autres nos chemins se croisent et se séparent.
..


le ciel est sans nuage
le chemin de ma maison
indivisible


il fait chaud


sur le sable mouillé
quelques plumes blanches
abandonnées











 


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Mercredi 23 septembre 2009
un peu de ciel bleu
entre les nuages



la compagnie daki paya


offrant à chacun de  leur spectacle  toute la beauté des instant perdus... elles laissent entre  France et Espagne des moments de poésie  inoubliables ...

elles battent le pavé  des festivals où on se souvient d'elles...

...emmenant avec elles les sourires et le bonheur des gens qui passent  et qui s'arrêtent, ces trois petites têtes coquines charmeuses et insaisissables replient livre et ombrelle, portant  leur banc de feuilles d'automne vers d'autres horizons... nomades















regardez !
la beauté
est dans la rue





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Mardi 22 septembre 2009
à Soufiane,


revenant de l'école
il me tient la main
nos yeux dans les nuages




y a t-il quelque chose de plus important que cet instant volé au temps, où rien ne semble se passer,  où pourtant, se déroule l'essentiel ? y a t-il quelque chose de plus important, que de regarder les nuages la tête vide ?  y a t-il quelque chose de plus important que de laisser la vie parcourir tranquillement son voyage ?



ce matin
le vent disperse les fleurs
sans envie

----
 







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Lundi 14 septembre 2009


vers le cimetière
il se dirige
sans souvenir

---

l'automne arrive
froissé
fané

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automne
c'est au pied des arbres
que tout recommence

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Vendredi 11 septembre 2009

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Mardi 25 août 2009
silence...   les pierres roulent au pied de la montagne, qui s'émiette lentement  et  se replie en surface... Nul ne sait ce que raconte  l'enfer de ce sacrifice...  et  sur sa peau hérissée, s'épanouissent inaccessibles,  quelques fleurs minuscules et singulières....ici,  les fréquences ne passent pas de la même manière... là, elles ne se laissent pas absorber par n'importe quelle matière...  les couleurs redoublent d'éclat....

Il me reste en mémoire, le bruit des pas heurtant la roche...  les murmures du vent frais frappant  l'herbe rase laissée par les troupeaux en  transhumance... le ciel d'un bleu trop pur pour mes yeux...  le dos courbé de ces hommes  de là-bas... hommes érodés par le poids d'une vie primaire... souvenir, goutte à  goutte, de  leurs  visages  plissés par le vent, la lumière et  l'eau...  souvenir  farouche de  leur regard éclairé par  une fatigue  dont ils sont dignes ... Fiers, ils parlent d'autrefois, comme un temps  où le travail, la tâche et la besogne ne laissaient place à aucune fantaisie... un temps, où les rires se chargeaient de  dissimuler les larmes.... j'entends leurs  voix sombres , elles tremblent, elles  résonnent d'arrogance, de colère, de résignation...et d'amour...

derrière son muret de pierres sèches, le jardin au bord du chemin protège  des légumes patiemment cultivés... poireaux,  raves, choux, haricots, pommes de terre, carottes n'ont que peu de temps pour arriver à terme...  il n'y a ni tomates, ni poivrons, ni aubergines... ces espèces capricieuses et gourmandes de chaleur n'ont cure ici...  Il fait trop froid là-haut... mais rien n'empêche les volubilis, et les roses trémières d'accrocher leurs couleurs aux  tuteurs des fèves fanées... Ici, le jardin mesure le temps de chacun... ce chacun,  aime ce qu'il fait  et connaît  la patience...  il  appartient à la montagne... à ses caprices,   sa générosité,  son intolérance...  il la défie  avec prudence et admiration...  il  dose ses efforts, son souffle... n'en donne jamais de trop ...  la retranche dans ses exigences ...la ménage sournoisement...

homme-montagne est un duel-duo...  une histoire d'amour, de divorce... de construcion, de déconstruction...   de défi, d'osmose... d'intérieur, d'extérieur ... de  provocation et de silence... d'équlibre...

 Ce langage a perdu sa raison...  il est devenu hors-temps
... une parole sans bruit... une bataille sans adversaire... Un à un, ces hommes quittent  la montagne et laissent le folklore coloniser la mémoire d'autres hommes...

 Au fond de leurs yeux le silence est encore plus difficile à voir...

dans les cimetières les murets se fendent et s'effondrent ...



sans cri
le pic empale la lune
ciel de montagne

---

sommet de la montagne
quelques roches libèrent
le commencement des fleuves

---

sous les mélèzes
l'eau devient sombre
sans ciel

---





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libre




 

 






5  nomade(s) migre(nt) sur ce blog


dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves



j'irai là
où la beauté
est sans décor


sous ma jupe
le vent
comme un intrus

la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude

--

avec la pluie
parfois
j'aime être triste

 

pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues

--

revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique

 

 les yeux ouverts
 émotion plaisir
... tsunami


sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie



inquiétant
comme l'approche d'un orage
le silence


visage ouvert
premier rayon de soleil
premier sourire



que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches


  lancinant
le vent dans les embrasures
détruit l'été


odeur de thym
dans les cheveux mouillés
des contours sauvages


le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.


mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.


rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ



entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith



  

l'hiver s'installe
dans les têtes dans les corps
derrière la vitre

 

le chant  du vent
dans mes os transis

...  glacial...


 

le rose discret
sur sa pâleur
 timide

 
 

 







 

 

 

 
















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