Écrire, c'est migrer au fond de son âme, sans jamais savoir où le vent, la
fatigue et l'instinct nous déposent, sans jamais connaître les limites de son voyage.
Tant de haïku derrière moi... et tout à découvrir... la connaissance est sans limite, le doute aussi...
anna
dessins, sculptures, photos, écrits
des traits de vie
de mes mains à vos yeux
En 1974, au cœur de la révolution culturelle chinoise, un garçon de 11 ans observe le monde des adultes et n’y comprend pas grand-chose. La
rencontre avec un meurtrier en fuite le pousse au secret et au mensonge. Cette confrontation signera la perte de son innocence.
WangXiaoshuai, signe là une oeuvre d'une très grande sensibilité. Prises de vue, paysages,
poésie s'allient avec générosité et subtilité, permettant à un thème aussi délicat que celui de la révolution chinoise, d'être perçu non sans être dénué de la réalité dramatique de
l'époque, avec les soucis ordinaires des enfants et des adultes soumis à un tel diktat...
Kore-Eda, cinéaste précieux, n’a quasiment nul autre pareil pour saisir la vie en mouvement, tout au moins avec cette délicatesse là. «I wish» est,
en effet, une caresse sur la joue, rassurante, apaisante, qui fleure bon la douce mélancolie comme (presque) seul le cinéma asiatique peut nous en procurer. Sans morale, plein de tendresse,
moelleux comme un karukan, innocent comme un dessin à la gouache. Un film coup de cœur, enjoué et réjouissant. Une merveille !!!
26 avril puis premier mai 1986... c'est le printemps, le petit monde rural s'affaire et se prélasse dans la douceur des jours heureux.. Tout revit,
la nature généreuse dispense sa beauté sans retenue, et personne ne sait que cela ne sera que de courte durée...
26 avril 1986; l'accident arrive, avec ses sommes d'injustices, de crimes et de mensonges... mensonges qui traverseront le monde sans
aucun scrupule, sans aucun remords ...
l'arrogance doublée d'un désir de pouvoir est criminelle... et récurrente...
je me souviens... de ce premier mai 1986, il faisait beau... nous avions dressé la table dehors et nous partagions ce premier repas de printemps
avec les toutes premières feuilles de châtaignier enfin décidées à éclore... Les enfants jouaient sous les arbres... et je tenais mon quatrième enfant, un bébé de 6 mois dans les bras...
Nous étions loin de cette Ukraine qui sombrait inconsciemment dans ce cauchemar indicible... mais de plus en plus proches de ce nuage mortifère, qui tranquillement explosait les
frontières
je me souviens de cette peur indéfinissable et impalpable qui a suivi cette catastrophe...
je me souviens quelques années plus tard... avoir partagé avec une petite dizaine d'enfants contaminés un atelier de land art en montagne...
J'entends encore leur rires et leurs angoisses, leurs cris, et leurs étonnements... je les vois toujours barbouillés de pigments... éternels dans leur conscience...
«Howl» est un ‘’biopic’’ d’Allen Ginsberg, véritable héros de la contre culture américaine, et initiateur dans les années 50 de la Beat
Generation dont firent parti aussi Jack Kerouac et William Burroughs, un mouvement épris de liberté qui a marqué plusieurs générations, les beatniks, les hippies et des figures comme Bob
Dylan, John Lennon et bien d’autres. Dans le rôle principal, James Franco interprète le jeune Allen Ginsberg. En écrivant son livre/poème Howl dans les année 50, Allen Ginsberg fait
exploser les barrières du conformisme et du langage. Dès sa publication en 1957, les milieux conservateurs intentent un procès pour obscénité à l’éditeur. Avec l’absolue sincérité qui le
caractérise, Ginsberg - le poète, l’icône de la contre-culture et le chroniqueur de la Beat Génération - raconte ses voyages, ses histoires d’amour et sa quête de liberté qui l’ont
conduit à la plus électrique de ses œuvres : le poème Howl. «Howl», le film, entrelace trois sujets : le procès pour obscénité de 1957, des séquences d’animation inspirées par le poème et
le portrait d’un écrivain qui, en inventant de nouvelles formes d’expression, a changé sa propre vie et a galvanisé une génération.
Dans la région d'Azuka, berceau du Japon, la vie s'écoule avec ses légendes... histoire d'amour, de confrontation, de passion et de rêve... tout se
déroule comme au temps des dieux qui habitaient les trois montagnes environnantes...
fragile et bouleversant, le temps se déplace dans l'attente... les morts traversent la vie des vivants sans les déranger, juste pour leur rappeler
que ce sont les montagnes, les rivières, le ciel, tous les éléments qu'ils ont tendance à détruire, qui les relient à ce qu'ils ne peuvent voir...
ce film est un hymne à la nature, à l'homme à la femme, à l'union, à la séparation, à la beauté du doute...
Tanger, de l'aube à la nuit, le temps, l'espace, le sommeil sont rares. Quatre jeunes femmes de vingt ans travaillent pour survivre, elles sont
réparties en deux castes, les textiles et les crevettes. Leur obsession, bouger et fuir sans cesse...
"tomber de très haut, on se fracasse en bas et on parle plus, tandis que tomber soi-même, voilà une vraie dégringolade, une putain de
chute.
je suis un tremplin, une planche, au bord d'un plongeoir
lorsque le cinéma invite des acteurs d'une telle dimension pour exprimer pudeur et dignité, on ne peut que s'incliner devant un tel chef d'oeuvre
d'intelligence et de finesse... Tout est dit sans parole... Chaque image dévoile une réalité ordinaire à fleur de peau... Chaque regard croisé nous transporte vers une beauté relationnelle
discrète et silencieuse.
Nous voilà à 500 km du cercle polaire... un endroit où les actions humaines et la psychologie paraissent être lestées d'un poids
particulier, conséquence d'un climat, d'une présence de l'espace et de la lumière.
L'action se situe à Barrow, petite bourgade du nord de l'Alaska, au coeur de la communauté inuite, à laquelle appartient d'ailleurs le réalisateur,
né à Seattle mais venu tourner dans le berceau de sa famille avec des comédiens du cru, tous non professionnels.
Une dispute entre trois adolsecents ivres d'alcool et de crack tourne mal, Un des trois jeunes hommes est tué . les deux autres dissimulent son
corps et inventent l'hypothèse d'un accident à l'origine de la disparition de leur camarade
cet accident tragique, devient révélateur d'un mal-être adolescent et plus généralement du malaise d'une civilisation au sein de laquelle les règles
morales cessent d'être clairement perçues.
relevant le defis de cet immensité glacé les deux jeunes hommes apprendront à faire face à leur responsabilité et assumeront leur
erreur...
d'après un roman de Yasuhiko Tagiguchi dont le cinéaste Masaki Kobayashi(l'auteur de
Kwaidan en 1965) réalisa en 1962 une superbe adaptation, Takashi Miike a osé relever le défis et faire un remake de ce classique du cinéma japonais...
Mise en abîme des émotions, à travers l'insoutenable épreuve endurée par Motome ( au début du film), ou cruauté et suspens altèrent avec une
esthétique épurée des lieux du rituel, le film évolue ensuite en mode poétique, contemplatif avec un sens de l'honneur d'une pureté déconcertante...honneur des pauvres gens prenant le pas sur celui de samouraïs figés dans des carcans moraux absurdes et inhumains.
Hara Kiri trouve sa poésie dans les flocons de neige tourbillonnants, dans la mousse et les voiles, dans les lattes de
bois et les arbres. En jouant des couleurs, des formes et des textures, le réalisateur pose un hommage vibrant aux artistes du Japon ancien en opposant à leur épure un univers foisonnant mais
tout aussi profond.
"il était une fois en Anatolie" est un film dont on ne sait pas au juste ce qu'on attend... Sombre, autant par ses hommes aux humeurs changeantes
qui occupent tout l'écran pendant 2 h30 que par son paysage d'hiver monotone et glacial... Mais voilà, il faut s'appelerNuri Bilge
Ceylan, pour faire de cet ensemble de vie quelque chose qui frise le magnifique... Ces visages sinistres transpercent le coeur de ceux
qui les regardent, ne laissant aucune autre possibilité que de s'attacher à chacun de ces hommes. Au plus profond de cette Anatolie sobre et sauvage, les questions sans réponses heurtent les âmes
indulgentes. Jouant du clair obscur à faire pâlir Quentin de La Tour, Nuri Bilge Ceylan apporte au film, une touche pénétrante de sentiments dont on ne peut que deviner la consistance. Avec
cet éclairage d'un autre âge, il imprègne les deux femmes qui traversent discrètement ce film, d'une importance majeure. Ombres de lumière parcourant la tristesse des hommes comme un champ de
bataille, ramassant au passage quelques regards émerveillés et désespérés, ces femmes sans un mot répondent aux questions essentielles que se pose ce pays dépossédé... La force deNuri Bilge Ceylan, consiste à nous apporter tout cela avec pas mal d'humour...
troublant et très poétique Curling fractionne les vies... les frotte les unes aux autres, les empêche d'atteindre leur destin... Dans
cet univers de glace et de neige, les histoires pourtant singulières, se déroulent monotones sans étonnement. Devant le pire, elles se divisent simplement et s'éloignent l'une d'elle, pour se
préserver des réponses inutiles.
tout commence par un problème de portage d'eau ... Nous sommes dans un pays du Maghreb, une région aride et déserte, un village, perdu à flanc de
montagne que les femmes gravissent quotidiennement pour chercher l'eau nécessaire à la communauté. Mais le chemin qui y mène est abrupt, difficile et rocailleux...Il arrive parfois que l'une
d'entre elles, tombe et perde en silence l'enfant qu'elle porte... Cela dure depuis la nuit des temps, depuis que l'homme dans son intérêt aveugle, soumet la femme à ses volontés... Mais trop
c'est de trop. Les temps changent ailleurs et partout. Le téléphone portable a pris sa place dans ces coins reculés, pendant que les femmes continuent, sous le regard des hommes paresseux, et des
touristes en manque d'exotisme, de travailler comme des bêtes de somme. Puis dans l'ombre de la nuit, à l'insu de tout regard elles se font violer et battre sans ménagement.
la révolte gronde... les femmes s'endurcissent... elles surmontent les coups et les sarcasmes des hommes privés de l'essentiel. Parce que pour avoir
gain de cause et imposer un autre moyen d'acheminer l'eau au village, elles décident de faire la grève de l'amour...
une femme ne vit pas sans eau, et encore moins sans amour. Elle ne peut aimer, que libre de toute contrainte... Ce film est un cri vers cette
urgence... vers cet éminent besoin d'intelligence...
Premières images, des femmes avancent vers leurs cimetières respectifs dans une danse funèbre à la cadence sinistre d'une marche
qui se fracture sur une terre escarpée... Elles sont libanaises, pleurent à tour de rôle leur père, leur mari, leur frère, leurs fils... Guerre impitoyable qui n'épargne rien...
arrache tout sur son passage... même le courage des plus téméraires... Mais elles en ont mares... elles sont musulmanes et chrétiennes et veulent la paix dans leur village coupé du reste du Liban
par les mines qui l'entourent... Cette volonté l'imam et le prêtre la soutient sans condition...
sur toile de fond d'un drame qu'on ne voit jamais, la vie dans ce village bat comme un coeur survolté ... Tout y est permis pour maintenir le
calme et ces mères, ces filles ces soeurs et ces femmes ... iront jusqu'à l'impossible pour calmer la ferveur guerrière de leurs hommes...
la mémoire est un chant, si celui ci n'est plus pratiqué la mémoire s'éteint... Tradition orale depuis la nuit des temps, chaque vibration de
ce chant capte une histoire de vent, d'immensité, de chevaux et de turbulence... tout se réunit dans la beauté diphonique des voix qui tremblent dans la steppe... Pourtant sur la frontière des
deux Mongolies, la mémoire s'effrite dans le ciel infiniment bleu... Les voix oublient leur magie parce que l'histoire n'est plus comprise n'est plus entendue... Urna
Chahar Tugchi chanteuse et ambassadrice de la Mongolie intérieure tente de retrouver quelques fragments de ce chant. Elle s'enfonce au Nord de la Mongolie extérieure, chez ses cousins
indépendants, pour rassembler ces bouts d'histoire qui façonneront pendant un temps encore le sourire de ce peuple courageux...