Partager l'article ! Sur la planche de Leila Kilani: Tanger, de l'aube à la nuit, le temps, l'espace, le sommeil sont rares. Quatre jeunes femmes de vingt ans travai ...
Écrire, c'est migrer au fond de son âme, sans jamais savoir où le vent, la fatigue et l'instinct nous déposent, sans jamais connaître les limites de son voyage.
Tant de haïku derrière moi... et tout à découvrir... la connaissance est sans limite, le doute aussi...
Tanger, de l'aube à la nuit, le temps, l'espace, le sommeil sont rares. Quatre jeunes femmes de vingt ans travaillent pour survivre, elles sont réparties en deux castes, les textiles et les crevettes. Leur obsession, bouger et fuir sans cesse...
"tomber de très haut, on se fracasse en bas et on parle plus, tandis que tomber soi-même, voilà une vraie dégringolade, une putain de chute.
je suis un tremplin, une planche, au bord d'un plongeoir
20 ans le vertige
on court
on bouge
je vole pas, je me rembourse
je cambriole pas, je récupère
je trafique pas, je commerce
je me prostitue pas, je m'invite
je mens pas, je suis déjà ce que je dis
je suis juste en avance sur ma propre réalité"

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves
j'irai là
où la beauté
est sans décor
sous ma jupe
le vent
comme un intrus
la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude
--
avec la pluie
parfois
j'aime être triste
pluie en rafale
contre la vitre
et sur les joues
--
revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique
sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret
le rose discret
sur sa pâleur
timide
visage ouvert
premier rayon de soleil
premier sourire
que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches
odeur de thym
dans les cheveux mouillés
des contours sauvages
le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.
le chant du vent
dans mes os transis
... glacial...
-