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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 10:14

de moins en moins d'oiseaux traversent les mers, et les océans... habitués à voir le monde à l'envers ils perdent leur densité dans les nuages. Avec beaucoup d'effort ils retrouvent le magnétisme des pôles, mais les plus faibles tombent comme des mouches sur des terres inhospitalières... les villes sont des remparts de fréquences qu'ils ne savent pas surmonter...

Chaque printemps je constate d'autres absences... je les remarque muette, le coeur rempli de tristesse... Cette année martinets et hirondelles sont moins nombreux... ont-ils oublié de venir nicher dans nos étoiles ? La présence des limicoles se fait moins dense... leur chant décroît dans les marais... et je cours cours cours derrière eux, ma lunette sur l'épaule, mes jumelles autour du cou...  je franchis les roubines, marche dans les landes désertes, pietine la sansouire, foule la salicorne et remonte les cours d'eau jusqu'aux limites du possible...  je regarde le ciel, attendant le moindre changement... J'ai mal au dos, mal aux pieds, le soleil brûle ma peau, mais je cours, cours, cours désespérée et anéantie... 

Je n'ai plus la force de me demander pourquoi, nous en sommes arrivés à ça... j'ai bien trop peur de la réponse... et mon coeur s'emballe incontrôlable lorsque je ne me les imagine plus...

 

Ce soir la lune intimide les étangs, sa lumière paralyse les traces, anamorphose les ombres, réveille légendes et fantômes abandonnés dans ces eaux rampantes... je n'aime pas ce silence de mort qui flotte entre les joncs... Une peur ingérable sort de ce vide, remonte le long de mes jambes, s'infiltre dans mon ventre, sangle ma poitrine, étrangle ma gorge... me laisse au bord du noir sans air...

 

 

 

 

 

expropriant la nuit

le chant du butor étoilé

fête ses noces fragiles




 

 

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