Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 19:43

Il est tombé cet été... Une nuit de tempête l'a brisé. 

  Il était né entre les rochers de granit, avait grandi là, sur cette terre sans manière, avec laquelle il avait négocié chaque année de sa vie, un peu plus de profondeur, un peu plus de surface... Terre qui n'a eu d'autre choix que d'accepter ce pacte exhorté d'un faîne, égaré là il y a quelques 70 ans... Terre, qui chaque automne gagnait en échange de sa présence, souplesse et odeur. Il s'était agrippé aux pierres avec une rage de vivre propre aux êtres en péril.. et s'était aménagé lentement un espace presque inviolable. Plongeant ses racines entre les rochers, il prenait possession du lieu sans laisser de place à ses descendants...

 

L'été, au dessus du torrent, lorsque ses feuilles s'alourdissaient d'humidité, il faisait bon s'adosser contre lui...  Le soir lorsqu'un brin de brise chatouillait son feuillage, on pouvait entendre son rire nonchalant glisser le long du tronc et se perdre dans l'entrelacement des racines... Son allure semblait faite d'éternité.

 

La maladie l'a touché sans que personne ne s'en rende compte... chaque année, il fleurissait et produisait davantage de fruits, prenant soin par ce subterfuge de dissimuler ce détail qui ne trompe pas les initiés...  la mort était déjà en lui.

 

je l'ai trouvé ainsi, allongé par terre, les branches brisées dans le torrent...


L'été s'est terminé sur son agonie, l'automne ne lui a pas servi de linceul. Ses congénères un peu plus loin, accablés par son sort, n'ont rien eu à dire...


tronçonneuse en main, merlin et coins dans l'autre... je suis arrivée ce matin, pour le débiter....

 

Il est mort depuis 6 mois...  je me permets aujourd'hui de prendre ce qu'il m'offre de plus précieux ... 

 


 

De coeur à coeur, je le remercie sans un mot et je me mets au travail...

 

 

 

 

bruit régulier du torrent-

frappant de toutes mes forces

le coin éclate le tronc


 

 

 

quartier après quartier

l'arbre se métamorphose

en bois de chauffage

 

 

 

 

chant de l'arbre qui s'ouvre

chaque frappe raisonne

dans la montagne

 

 

 

 

m'arrêtant

pour voir le travail

et souffler.

 

 

 


soulevant les copeaux

le vent revient

plus froid

 

 

 

 

sur la souche

un admirateur à plumes

pas même inquiet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Publié dans : haiku-nomade
Retour à l'accueil

libre




 

 






5

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves



j'irai là
où la beauté
est sans décor


sous ma jupe
le vent
comme un intrus

la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude

--

avec la pluie
parfois
j'aime être triste

 

pluie en rafale
contre la vitre
et sur les joues

--

revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique

 

 

sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret 


 
le rose discret
sur sa pâleur
 timide

 


visage ouvert
premier rayon de soleil
premier sourire


 

que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches

 

 

 


odeur de thym
dans les cheveux mouillés
des contours sauvages


le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.


 

 

 

 

  

l'hiver s'installe
dans les têtes dans les corps
derrière la vitre

 


le chant  du vent
dans mes os transis
...  glacial...



 
 

 







 

 

 

 
















-


 

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés