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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 12:30

octobre 2014

 

5h30 du matin, le jour se lève. Pas de décalage horaire. Au Japon, on vit à l'heure solaire. Lever tôt, coucher raisonnablement tard, la perception du temps change, même si celui-ci est invariable au notre. Mais voir la nuit tomber à 18 h alors que nous sommes en octobre, perturbe un peu notre notion d'espace et de temps. Pourtant, ces heures matinales nous deviennent très vites familières.

 

Le sentier du volcan Yake dake s'ouvre à nous de façon surprenante. La forêt qui nous accueille filtre la lumière avec obstination. Les arbres nourris par les caprices du volcan, dressent leurs houppiers en désordre vers l'inconnu. Ils sont immenses et leur âge ne se compte certainement plus. Je lève la tête vers leurs cimes que je ne peux percevoir. Les plus vieux d'entre eux, ont la face nord de leurs troncs recouverts d'une épaisse couche de mousse qui les protège de la neige et du vent glacial. Il règne dans cette forêt une lourdeur oppressante, incroyablement envoûtante. Les racines des hêtres, des érables, des marronniers et des hinoki, s'entrecroisent sur le sentier compliquant considérablement notre progression. Mille mètres de dénivelé nous attendent. Comparés aux mille six cents que nous allons entreprendre pour gravir le Haku San, troisième divinité du Japon après le Fuji San, cela semble être des broutilles. Mais nous ne savons pas encore bien appréhender les pentes des volcans de ce secteur.

La montée se fait silencieuse d'autant plus que des ours noirs sont signalés dans le coin. Pourtant, rien ne viendra perturber cette ascension éprouvante pas même les oiseaux. Passerelles et échelles nous secondent dans cette lente progression et le sommet derrière d'épais nuages et fumerolles aux propriétés toxiques, se laisse entrevoir par intervalle...

Les couleurs d'automne moirent étrangement la brume, et malgré la fatigue, je me laisse complètement submerger par cet étonnant paysage. Avançant avec une endurance remise à l'épreuve chaque instant, le souffle se fait difficile, les pentes sont raides et le froid mordille les joues. La végétation se retire peu à peu du relief, mettant à nu une roche volcanique rugueuse au contact pourtant chaud. Chaleur qui nous rappelle simplement que sous nos pieds, ça bouillonne. Quelques indications bordent le chemin jusqu'au sommet, qui enfin après de longues heures de marche nous ménage une petite place dans les fumerolles délétères..

 

sommet du Yake dake

du Japon

nous ne voyons que nos chaussures.

 

Le Yake dake s'enferme dans son mutisme de volcan un peu oublié... Il ne nous révéle rien de ce qui l'environne. Ce géant à l'altitude modeste, nous aura accordé le droit de le gravir sans manifester de contrariété, ce qui pour des gaïjin comme nous est déjà une très grande faveur.

 

 

Enfin après tant de temps, je reprends mes pinceaux...

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Published by anna - dans Japon Honshu
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