Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 09:30

devant la rivière qui s'écoule tout en clapotant son histoire, je regarde sans la voir la berge d'en face... mes pensées ont dépassé ses limites... en un rien de temps, elles ont traversé les forêts, les montagnes, les continents, et se trouvent déjà en train de flotter sur la mer du Japon... Trois cormorans remontent le courant à tire d'ailes, emportant une fraction de seconde un bout de mes pensées ... puis le silence revient, bref et rapide... Je suis désorientée... Une bourrasque de vent guerrier, me rappelle à mon devoir... Marquant sa souveraineté, il évince cette quiétude en rebroussant rageusement les vaguelettes de la rivière... Sans vouloir contrarier les caprices du temps, les branches des arbres,  fléchissent sous la menace ... Serrant ma main un peu plus fort, l'enfant inquiet m'appelle... je reviens lentement à ses interrogations...  Le bébé dans mon dos s'est endormi, et nous avons encore du chemin à faire...

 

 

provisoires

dans la boue

les traces de gibiers et de chiens

 

 

gris

 les berges les arbres, les oiseaux

et les nuages  flottant vers la mer

 

 

l'enfant

s'endort

dans le sac de portage

 

 

son souffle

sur ma nuque

 

 

le plus grand

ramasse les plumes

de cormoran

 

 

là où nous avions bivouaqué

plus même la trace

du feu

 

 

lente et massive

la rivière élargit

ses limites

 

 

 

l'érable jaspé

se courbe un peu plus

sur l'eau

 

 

 

au printemps

avec les feuilles en plus

l'arbre comtemplera les poissons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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libre




 

 






5

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves



j'irai là
où la beauté
est sans décor


sous ma jupe
le vent
comme un intrus

la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude

--

avec la pluie
parfois
j'aime être triste

 

pluie en rafale
contre la vitre
et sur les joues

--

revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique

 

 

sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret 


 
le rose discret
sur sa pâleur
 timide

 


visage ouvert
premier rayon de soleil
premier sourire


 

que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches

 

 

 


odeur de thym
dans les cheveux mouillés
des contours sauvages


le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.


 

 

 

 

  

l'hiver s'installe
dans les têtes dans les corps
derrière la vitre

 


le chant  du vent
dans mes os transis
...  glacial...



 
 

 







 

 

 

 
















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