Partager l'article ! ici et là... toujours ailleurs...: devant la rivière qui s'écoule tout en clapotant son histoire, je regarde sans la voir la berge d'en face.. ...
Écrire, c'est migrer au fond de son âme, sans jamais savoir où le vent, la fatigue et l'instinct nous déposent, sans jamais connaître les limites de son voyage.
Tant de haïku derrière moi... et tout à découvrir... la connaissance est sans limite, le doute aussi...
devant la rivière qui s'écoule tout en clapotant son histoire, je regarde sans la voir la berge d'en face... mes pensées ont dépassé ses limites... en un rien de temps, elles ont traversé les forêts, les montagnes, les continents, et se trouvent déjà en train de flotter sur la mer du Japon... Trois cormorans remontent le courant à tire d'ailes, emportant une fraction de seconde un bout de mes pensées ... puis le silence revient, bref et rapide... Je suis désorientée... Une bourrasque de vent guerrier, me rappelle à mon devoir... Marquant sa souveraineté, il évince cette quiétude en rebroussant rageusement les vaguelettes de la rivière... Sans vouloir contrarier les caprices du temps, les branches des arbres, fléchissent sous la menace ... Serrant ma main un peu plus fort, l'enfant inquiet m'appelle... je reviens lentement à ses interrogations... Le bébé dans mon dos s'est endormi, et nous avons encore du chemin à faire...
provisoires
dans la boue
les traces de gibiers et de chiens
gris
les berges les arbres, les oiseaux
et les nuages flottant vers la mer
l'enfant
s'endort
dans le sac de portage
son souffle
sur ma nuque
le plus grand
ramasse les plumes
de cormoran
là où nous avions bivouaqué
plus même la trace
du feu
lente et massive
la rivière élargit
ses limites
l'érable jaspé
se courbe un peu plus
sur l'eau
au printemps
avec les feuilles en plus
l'arbre comtemplera les poissons

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves
j'irai là
où la beauté
est sans décor
sous ma jupe
le vent
comme un intrus
la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude
--
avec la pluie
parfois
j'aime être triste
pluie en rafale
contre la vitre
et sur les joues
--
revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique
sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret
le rose discret
sur sa pâleur
timide
visage ouvert
premier rayon de soleil
premier sourire
que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches
odeur de thym
dans les cheveux mouillés
des contours sauvages
le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.
le chant du vent
dans mes os transis
... glacial...
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