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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 10:25

pas un chat, pas un rat !!! est-ce possible ? Est-ce possible, de trouver un endroit nu de toute intention humaine...? j'aurais tant eu envie de le croire en remontant  de gours en gours, de cascades en torrents, les sources de cette rivière qui dans ce coin de la France est le dithyrambe des kayakistes.

 

 

 

les feuilles des arbres bougent

promenant ainsi

leur nonchalance



libellules et papillons accompagnent notre lente progression dans ce chaos granitique... chaque cascade remplit avec fracas son gour... chaque rocher fixe un passage entre les chutes d'eau. Notre progression  périlleuse nous élève dans un monde où la mousse est plus souple que le meilleur des matelas,  où l'eau, dévoile dans sa transparence chaque recoin de ses profondeurs...



bouillonnement de l'eau

chute !

une libellule se balance



il fait chaud...  malgré l'altitude, la chaleur nous accable...   nous nous baignons dans les endroits les plus accessibles...



un cincle plongeur rase la surface de l'eau... tellement vite que je devine davantage son vol que sa silhouette... mais c'est bien lui,  j'en suis certaine... ce désordre confondu lui convient en tous points.


Rien de plus ici...

la silhouette 

d'un oiseau



rien de plus... mise à part une petite bergeronnette grise s'enhardissant au soleil, sous  l'ombre  tranquille d'un circaète planant entre les nuages...

 

rochers, terre, mousse, les arbres s'empêtrent dans les berges... Certains, tendent généreusement  leurs branches auxquelles, je m'accroche volontiers, les remerciant silencieusement au passage... ...


 toute cette eau, court, sillonne, galope, clapote, bouillonne, chute, tourmente le paysage... elle influence mon esprit, et je ne pense plus à rien...


 

assise au bord de l'eau

je rêve

sans rêve

 

 

regarde ! me dit mon compagnon, la cascade est tellement haute que sa chute souffle les branches...

 

chaos, confusion, désordre...  la beauté qui s'expose dans ce vrac est déroutante, elle nous offre une réflexion introspective... elle nous propose de la regarder, sans crainte, sans doute, sans discernement , telle qu'elle est... secrète, désinhibée, envahissante, intuitive et parfois dangereuse... telle que nous  pouvons la recevoir, chacun, à hauteur de notre abandon...

 


souffle-

au pied de la cascade

les arbres frissonnent

 

 

 

 

 

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commentaires

daniel 17/07/2010 20:07



bonjour anna,


ce dernier haïku, droit dans le bol ?


biz, dan



luc 14/07/2010 08:44



C'est magnifique...


Par delà votre récit, je voyais en filigrane d'autres lieux, d'autres arbres, une autre cascade, je percevais une autre chaleur, un autre souffle, ...


Mais les mêmes émotions étaient là, semblables aux vôtres, les émotions d'un être humain face à la tranquille, à la magnifique, à l'inconsciente puissance
de la Nature.


Emotions auxquelles s'ajoutait le souvenir de mes enfants, petits, qui me suivent tant bien que mal pour se rafraîchir sous les gouttelettes que le vent disperse, le
souvenir de mes parents restés sur le chemin de terre et que je salue d'un signe de la main.


La cascade s'élance toujours dans le vide comme le Temps dans l'éternité et nous dans notre finitude...


Merci Anna, vraiment



John fu 12/07/2010 18:27



Monika, vous avez raison, Anna à cette force inouïe de nous transporter dans son monde, un monde bien à elle , un monde qui lui est familié, alors quil nous est  hostile.(en tout cas pour
moi)


en lisant vos pages, vos mots Anna, il m'arrive d'avoir les larmes aux yeux. j'ai compris avec le temps, que svotre univers est intense et ne peut admettre aucune condition; vous êtes l'eau,
l'arbre, la terre, vous le dites avec votre langage avec votre peinture. vous le crier tantôt, avec urgence.C'est troublant.


John Fu


 



monika 12/07/2010 16:34



Merci, anna, pour ce récit de l'eau... J'aime beaucoup... c'est un peu comme si je pouvais moi-même faire ce parcours en haute montage...


Tu connais "De l'eau" de John von Düffel (traduit de l'allemand, Albin Michel, 2001)? Je crois que tu appércierais !