Haïku Nomade
haïku, renku en vrac, sans retenue, sans limite
toujours nomades de nos pensées,
les mots d'une page à l'autre déshabillent nos secrets.
anna
soleil au mille éclats
dans ces yeux endiablés
horizon infini
ce soir dans l'air
comme une odeur
ourlée de rosée
odeur de fruits
odeur de fruits de mer
envie de rosée
derrière la cravate
un soir d'automne
le long de la plage
plage en décembre
un peu d’eau salée
aux coins des yeux
clin d'oeil taquin
tendresse profonde
ses yeux ouverts
larmes de sel
sur ses joues rouges
comme une rivière
la dame
aux joues roses tendres
amie du rouge
pour un rêve de sang
les joues teintées de rose-rouge
trahissent l'évidence
la vague venant
jusque à son acmé
un instant y reste
émotion subtile
de l'enfance à l'âge tardif
lumière si claire
vagues agitées
au dessus de l’horizon
naissance
le sel dans le ciel
montagne d’aigue marine
des salins
aigue-marine
la transparence de mes yeux
dans le Vacarés ...
quelques nuages
dans le ciel et dans l’étang
quelques cygnes
des cygnes sur l'étang
entre les roseaux et les joncs
avec les grandes aigrettes
explosion noire
surprise dans la roubine
des cormorans
claquettes sur l’étang
l’envol en cadence
des cormorans
ligne sur le canal
l’envol en pointillés
du cormoran
suivre leurs traces
dans les eaux profondes
de vraies torpilles
plage en hiver
son visage au soleil
pâle
les cormorans posés
sur les filets de pêche
au repos
étendent leurs plumes
digèrent leurs proies
au vent d'automne
sur l’étang
des cormorans et des mouettes
jouant aux dames
échec et mat
le jeu est fini
ils se sont envolés
content
dans le ciel quatre mouettes
deux cormorans
noir cerclé de blanc
au-dessus du bleu
mes yeux aveugles
Le va et vient alterné des yeux gris bleu
Les allées venues du ciel dans son regard
escale dans ce regard, amarres jetées aux confins de cet être,
pour un souffle , un voyage au bout de la nuit ...
au bout de la jetée
on confond les sermons
et les serments
au bout de la jetée
la mer engloutit tout
fétu de sermons sermentés
l’amour a ses règles
elle exige un serment
assermenté
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dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves
courir vers lui
le ciel immense
ses bras ouverts
--
terre
la couleur de ses yeux
semer des fleurs
--
sous ma jupe
le vent
comme un intrus
la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude
--
petite la tenue
sortie des draps
elle pense à lui
--
éclat de rire
dans ses bras
éclat de vie
--
son sourire
entre les draps
deux mots
--
boire son vin
dans la même coupe
se resservir
--
les restes du dîner
sur la table
parfum de sexe à côté
--
horizon confondu
au bout du bout
deux en un
--
odeur de mer
odeur de terre
la vie
--
reflet de lui
petit miroir
parle tant
--
parler et rire
un demi et un café
au soleil
--
à l'ombre des regards
collée contre le mur
lui si près de moi
--
deux oiseaux farouches
espiègles aussi
par moment
--
du bout des doigts frêles
calligraphie délicate
pensée dévoilée
--
le destin se cache
dans la courbe des reins tendus
frontière invisible
--
sur les ondes
une voix chaude
un chant dans ma tête
la pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues
--
revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique
les yeux ouverts
émotion plaisir
un tsunami
c'est jour de marché
des couleurs et des sourires
de la chaleur partout
de l'arbre au panier
des cerises des cerises
au merle volées
entre les fleurs vives
deux petits papillons
leur éclat en noce
sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie
sur le rocher, trois naïades
les pieds dans l'eau
paisiblement belles
vent éclair tonnerre
la pluie sans retenue
brume sur les versants
chaleur assassine,
dernières perles de rosée
aux feuilles suspendues
nue, au bord de l'eau
une libellule chemine
le contour de mes cimes
du bruit à l'odeur
tout est fébrile
reflet de chaleur
nuit épaisse et pleine
les arbres murmurent leur paresse
le vent sa langueur
visage ouvert
premier rayon de soleil
sourire, ivresse.
Le silence parfois
riche de sens et de force
éloquence fertile
mille secrets cachés
odeur de terre mouillée
odeur de camphre
comme un rêve de sang
les joues rose-rouge
trahissent l'évidence
que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches
plaintes lancinantes
le vent dans les embrasures
détresse d'automne
odeur de thym frais
et dans les cheveux mouillés
des contours sauvages
le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.
mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.
un rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ
entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith
une douceur de printemps
l'hiver aux aguets
juste un prélude
la pluie ce soir
sur les roseaux des larmes
que la terre absorbe
le chant du vent
dans mes os transis
complainte glaciale
le rose discret
sur sa pâleur
la timide
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