Haïku Nomade
haïku, renku en vrac, sans retenue, sans limite
toujours nomades de nos pensées,
les mots d'une page à l'autre déshabillent nos secrets.
anna
Plage du Travers
elle se referme
à chaque regard
fin octobre
le dernier rayon
pour la route
le soleil bas
les vagues hautes
étincelles
son cul
sortant de l’eau
soleils mouillés
plus de culottes
le regard sur les étangs
beauté chromatique
révélant le blanc
et la noblesse du coton
sa culotte
blancheur sagace
dévoile sa moiteur montante
marée de folies
et comme les aigrettes
pour une saison de passage
le blanc se dilate
cuirassant la pâleur
de la peau privée de pigments
sa petite
glane les derniers rayons
sous les couleurs d'automne
et passe l'hiver
rien ne le rend si blanc
qu'une grande douceur
gland d'automne
le vent complaisant
comme une onde sur le ventre tendu
heurte le roc dressé
les cuisses aérées
sous la robe légère
vent dans les voiles
ou sculpte encore
le galbe enivrant des courbes
sous la tourmente du large
raidi
prêt à franchir les sens
inédit
libre alors le vent
des courbes au monts
voyage au long cours
ébauche de l'oeuvre
le temps perfectionne
le trait infiniment beau
le roc à l’air libre
suinte lentement
coule le temps
la mer sans bruit
accommode sa lingerie fine
se retire sans bruit
elle se dévêt
dans la nuit d’été deux fleurs
blanche balance
suspendues dans l'air
en équilibre sur les vagues
un présent fragile
en équilibre
au dessus de l’écume
fragile fléau
bouillonnement de vie
sourdre des profondeurs
cri dantesque
petite mort d’une
après midi d'un
cracheur de vie
après midi, nuit chaude
lendemain incertains
temps de chien
la mer retirée
une odeur de chevelure
marine
odeur de mer
minérale entre les algues
comme une offrande
un parfum d’algue
et de mangue et un poil
entre les dents
comme de la soie
souvenir d'une douceur
saveur pénétrante
unis et nus
un cœur bat
plus fort
battement éperdu
outremer et azur confondus
le berceau de vénus
plonger d’abord
dans ses yeux couleur du ciel
et de la mer

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves
courir vers lui
le ciel immense
ses bras ouverts
--
terre
la couleur de ses yeux
semer des fleurs
--
sous ma jupe
le vent
comme un intrus
la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude
--
petite la tenue
sortie des draps
elle pense à lui
--
éclat de rire
dans ses bras
éclat de vie
--
son sourire
entre les draps
deux mots
--
boire son vin
dans la même coupe
se resservir
--
les restes du dîner
sur la table
parfum de sexe à côté
--
horizon confondu
au bout du bout
deux en un
--
odeur de mer
odeur de terre
la vie
--
reflet de lui
petit miroir
parle tant
--
parler et rire
un demi et un café
au soleil
--
à l'ombre des regards
collée contre le mur
lui si près de moi
--
deux oiseaux farouches
espiègles aussi
par moment
--
du bout des doigts frêles
calligraphie délicate
pensée dévoilée
--
le destin se cache
dans la courbe des reins tendus
frontière invisible
--
sur les ondes
une voix chaude
un chant dans ma tête
la pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues
--
revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique
les yeux ouverts
émotion plaisir
un tsunami
c'est jour de marché
des couleurs et des sourires
de la chaleur partout
de l'arbre au panier
des cerises des cerises
au merle volées
entre les fleurs vives
deux petits papillons
leur éclat en noce
sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie
sur le rocher, trois naïades
les pieds dans l'eau
paisiblement belles
vent éclair tonnerre
la pluie sans retenue
brume sur les versants
chaleur assassine,
dernières perles de rosée
aux feuilles suspendues
nue, au bord de l'eau
une libellule chemine
le contour de mes cimes
du bruit à l'odeur
tout est fébrile
reflet de chaleur
nuit épaisse et pleine
les arbres murmurent leur paresse
le vent sa langueur
visage ouvert
premier rayon de soleil
sourire, ivresse.
Le silence parfois
riche de sens et de force
éloquence fertile
mille secrets cachés
odeur de terre mouillée
odeur de camphre
comme un rêve de sang
les joues rose-rouge
trahissent l'évidence
que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches
plaintes lancinantes
le vent dans les embrasures
détresse d'automne
odeur de thym frais
et dans les cheveux mouillés
des contours sauvages
le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.
mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.
un rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ
entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith
une douceur de printemps
l'hiver aux aguets
juste un prélude
la pluie ce soir
sur les roseaux des larmes
que la terre absorbe
le chant du vent
dans mes os transis
complainte glaciale
le rose discret
sur sa pâleur
la timide
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