Mercredi 3 juin 2009
petit matin triste... le soleil rentre par la fenêtre, le jasmin  a tellement grandi qu'il filtre les rayons et tamise la pièce... je travaille depuis le lever du jour... tous mes livres et cahiers ouverts  sur la table,  voisinent avec mes bols de café que je ne prends plus le temps d'enlever...  une brise tout juste perceptible passe d'une pièce à l'autre et tourne les pages de  mes documents, sans se soucier de mes hésitations... elle pousse la connaissance au delà de mes limites... et bouscule la petite cloche d'été qui tintinnabule par la légèreté d'une plume de buse...

 un  violon soliste  joue les concertos  de Taro Iwashiro... lyriques et répététifs...  mes pensées me ramènent  aux êtres que j'aime...  et à cet appel, ce matin m'apprenant la perte, pour un ami musicien, de ses deux instruments...  un peu  comme s'il avait perdu son coeur et son sang en même temps...

la solitude me berce...  et me plaît... elle pénètre mon corps, et mon coeur... change mon regard, apaise mon impermanence... ne laissant plus aucune place à autre chose qu'à l'essentiel...

il m'arrive de plus en plus souvent de ne plus vouloir  parler... de ne plus vouloir écrire et peindre... mais de garder la force de regarder le moindre flottement...

ma construction nomade prend forme... sans temps ni but précis, elle  s'adapte  à ma façon d'être... elle me permettra de quitter l'apparat urbain... pour retrouver ce que je n'aurais jamais dû quitter... la forêt...

 la ville me grignote lentement... presque deux ans... c'est plus que ce que j'aurais cru pouvoir  tenir... je me  surprends chaque jour d'être encore  là... même si j'y suis très peu ... je ne la supporte plus...



pas un seul arbre
sur les toits de la ville
les odeurs de la ville


la poussière du chemin
retombe
derrière mon vélo


le temps
n'est rien
que du temps


dans ses petites mains blanches
les fleurs s'étranglent









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5  nomade(s) migre(nt) sur ce blog


dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves



j'irai là
où la beauté
est sans décor


sous ma jupe
le vent
comme un intrus

la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude

--

avec la pluie
parfois
j'aime être triste

 

pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues

--

revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique

 

 les yeux ouverts
 émotion plaisir
... tsunami


sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie



inquiétant
comme l'approche d'un orage
le silence


visage ouvert
premier rayon de soleil
premier sourire



que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches


  lancinant
le vent dans les embrasures
détruit l'été


odeur de thym
dans les cheveux mouillés
des contours sauvages


le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.


mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.


rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ



entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith



  

l'hiver s'installe
dans les têtes dans les corps
derrière la vitre

 

le chant  du vent
dans mes os transis

...  glacial...


 

le rose discret
sur sa pâleur
 timide

 
 

 







 

 

 

 
















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