Samedi 10 mai 2008
Cité 2008 ... au rond point de la "Zone" ...un tout petit bout de femme, toute jeune... immobile... campée sur ces deux jambes enflées par  la chaleur, serre contre elle son panneau de suppliques...  à sa droite, à sa gauche... de grosses voitures, aux marques prétentieuses et aux conducteurs condescendants, l'ignorent, la rongent, la méprisent ... la richesse limite leur horizon... ils pensent santé, voyage, loisir... elle pense à son ventre qui s'arrondit  ...... elle et son petit panneau serré contre elle... elle ne gêne pas, parce qu'on ne la voit pas .... quel âge peut-elle avoir ?... quinze ou seize ans tout au plus .... qui s'en soucie ?... des heures entières, le visage imperturbable, elle cherche son égo emprisonné dans le flot des voitures ... sous son vêtement trop court se dresse son nombril proéminent  ...son ventre est déjà brun, son visage desséché par le soleil de printemps ... rien ne la protège ... elle ne sait pas pourquoi   ... mais elle sait qu'elle n'a pas le choix ... elle doit se nourrir, et ne pas oublier l'enfant .. mais personne ne les voit ...elle et son ventre.... ses vêtements délavés sont trop courts ... sa peau est brûlée et de petites rides creusent son jeune front ... elle est toute blonde ... toute belle, ses yeux gris se plissent sans trouver un autre avenir que celui qui l'entoure .....et pourtant la mer est derrière elle ... derrière ..... si proche...



sur le bitume
une toute petite fleur
sans terre



















 
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commentaires (3)   

Commentaires

rien que du quotidien .... une guerre civile larvée ... une misère organisée ... et de l'indifférence .... sommes nous devenus des monstres pour laisser faire ça ...

merci Dông Phong , et mimik de m'offrir ces quelques vers  très touchants

anna
commentaire n° : 1 posté par : anna le: 13/05/2008 19:01:17
Fleurette perdue
Dans la poussière et le vent
Lève sa corolle
commentaire n° : 2 posté par : mimik (site web) le: 12/05/2008 13:31:43
Emu par ce texte, je vous offre en retour ce haïku :

Nomade
Sur le noir goudron
Tant de blanches roses sont
Sans terre au fond

Bien amicalement.
commentaire n° : 3 posté par : Dông Phong (site web) le: 11/05/2008 18:19:19

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dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves



  la mer et le ciel
  par beau temps
  dans son regard


--

sous ma jupe
le vent
comme un intrus

la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude

--

avec la pluie
parfois
j'aime être triste

 

pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues

--

revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique

 


 les yeux ouverts
 émotion plaisir
... tsunami


 jour de marché
des couleurs  des sourires
de la chaleur partout


 

de l'arbre au panier
des cerises des cerises
au merle volées


entre les fleurs vives
deux petits papillons


sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie


sur le rocher, trois naïades
les pieds dans l'eau
paisibles et t belles


 
inquiétant
comme l'approche d'un orage
le silence


nue, au bord de l'eau
une libellule chemine
le contour de mes cimes



nuit épaisse et pleine
les arbres murmurent leur paresse
le vent sa langueur



 

visage ouvert
premier rayon de soleil
premier sourire


Le silence parfois
riche de sens et de force
 fertile




odeur de terre mouillée
odeur de camphre



comme un rêve de sang
les joues rose-rouge
trahissent l'évidence


que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches


  lancinant
le vent dans les embrasures
détruit l'été


odeur de thym frais
dans les cheveux mouillés
des contours sauvages


le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.


mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.


rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ



entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith



quelques aquarelles
ma lunette  mes jumelles
dans les étangs


une douceur de printemps
l'hiver aux aguets
juste un prélude

  

l'hiver s'installe
dans les têtes dans les corps
derrière la vitre

 

 

le chant du vent
dans mes os transis

complainte glaciale


 

le rose discret
sur sa pâleur
 timide

 
 

 







 

 

 

 
















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