Haïku Nomade
haïku, renku en vrac, sans retenue, sans limite
toujours nomades de nos pensées,
les mots d'une page à l'autre déshabillent nos secrets.
anna

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves
sous ma jupe
le vent
comme un intrus
la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude
--
avec la pluie
parfois
j'aime être triste
pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues
--
revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique
les yeux ouverts
émotion plaisir
... tsunami
sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie
inquiétant
comme l'approche d'un orage
le silence
visage ouvert
premier rayon de soleil
premier sourire
que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches
lancinant
le vent dans les embrasures
détruit l'été
odeur de thym
dans les cheveux mouillés
des contours sauvages
le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.
mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.
rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ
entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith
le chant du vent
dans mes os transis
... glacial...
le rose discret
sur sa pâleur
timide
-
Sur le dos d'un hérisson
Mort.
Et pour ceux qui auraient envie de poursuivre l'exercice dans une déclinaison différente - à la Perec, précisément : http://www.jms-jemesouviens.fr/
à ceux qui font fumer
les crapauds
Phil
quatre ou cinq têtards luisants
surveiller les pattes
plutôt que le précédant, je voudrais soumettre cette version ici que je trouve meilleure (mais donne-moi ton avis ):
dimanche de printemps
dans le jardin du curé
chercher des oeufs
Monika
on cherche des oeufs de Pâques
dans le jardin du curé
Monika
un rameau de sucre d'orge
à la main
phil
se partagent
un moineau cuit
Phil
sur le petit vélo jaune
-première hirondelle-
neige à Neuss
la maîtresse nous donne congé
pour en profiter
Monika
sur la luge avec mon père
neige plein les yeux
tenant le guidon
debout sur le tablier
de la vespa blanche
l'odeur de l'encens
dans la grande basilique
bicorne du Suisse
traversant la mare
le craquement de la glace
vêtement trempés
mon petit tableau d'ardoise
son éponge jaune
Monika
de l'odeur des plants de tomates
de mon parrain
mon père courant
après son chapeau
sur mon lit assises
ma mère et mes soeurs
les fesses blanches
de ma cousine
la bouche en feu
de la chaudière
Phil
mai 1940
sous la mitraille
fuyant
¤
montpellier
sur un cheval à bascule
blanc
¤
Je me souviens :
¤
21 juillet 1969
il marchait sur la lune
j'avais 33 ans
¤
des sièges de la 2 CV
sortis pour le pique-nique.
La vieille radio,
écho grésillant des mers :
mon père, très loin...
Dans la cuisine
toutes les femmes tendues
vers la voix voilée
(dans ma toute petite enfance, un père marin...)