Haïku Nomade
haïku, renku en vrac, sans retenue, sans limite
toujours nomades de nos pensées,
les mots d'une page à l'autre déshabillent nos secrets.
anna

La terre m'entraînera sous ses ailes
de pluie.
Face à moi, dans la boue des temps de suie et de révolte,
je pourrai enfin pleurer toutes ces tempêtes, je pourrai hurler tous ces temples détruits.
Ruisselante, couverte d'origine, je me relèverai, un jour, lavée des hiers et des autres,
pour couvrir l'horizon d'un regard-ciel aux mille espoirs.

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves
courir vers lui
le ciel immense
ses bras ouverts
--
terre
la couleur de ses yeux
semer des fleurs
--
sous ma jupe
le vent
comme un intrus
la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude
--
petite la tenue
sortie des draps
elle pense à lui
--
éclat de rire
dans ses bras
éclat de vie
--
son sourire
entre les draps
deux mots
--
boire son vin
dans la même coupe
se resservir
--
les restes du dîner
sur la table
parfum de sexe à côté
--
horizon confondu
au bout du bout
deux en un
--
odeur de mer
odeur de terre
la vie
--
reflet de lui
petit miroir
parle tant
--
parler et rire
un demi et un café
au soleil
--
à l'ombre des regards
collée contre le mur
lui si près de moi
--
deux oiseaux farouches
espiègles aussi
par moment
--
du bout des doigts frêles
calligraphie délicate
pensée dévoilée
--
le destin se cache
dans la courbe des reins tendus
frontière invisible
--
sur les ondes
une voix chaude
un chant dans ma tête
la pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues
--
revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique
les yeux ouverts
émotion plaisir
un tsunami
c'est jour de marché
des couleurs et des sourires
de la chaleur partout
de l'arbre au panier
des cerises des cerises
au merle volées
entre les fleurs vives
deux petits papillons
leur éclat en noce
sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie
sur le rocher, trois naïades
les pieds dans l'eau
paisiblement belles
vent éclair tonnerre
la pluie sans retenue
brume sur les versants
chaleur assassine,
dernières perles de rosée
aux feuilles suspendues
nue, au bord de l'eau
une libellule chemine
le contour de mes cimes
du bruit à l'odeur
tout est fébrile
reflet de chaleur
nuit épaisse et pleine
les arbres murmurent leur paresse
le vent sa langueur
visage ouvert
premier rayon de soleil
sourire, ivresse.
Le silence parfois
riche de sens et de force
éloquence fertile
mille secrets cachés
odeur de terre mouillée
odeur de camphre
comme un rêve de sang
les joues rose-rouge
trahissent l'évidence
que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches
plaintes lancinantes
le vent dans les embrasures
détresse d'automne
odeur de thym frais
et dans les cheveux mouillés
des contours sauvages
le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.
mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.
un rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ
entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith
une douceur de printemps
l'hiver aux aguets
juste un prélude
la pluie ce soir
sur les roseaux des larmes
que la terre absorbe
le chant du vent
dans mes os transis
complainte glaciale
le rose discret
sur sa pâleur
la timide
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