Mercredi 16 janvier 2008

trois heures du matin ... le sommeil refuse de  m'ouvrir sa nuit ... je  n'arrive pas à lire  et les pensées  bousculent ma tête sans  jamais apporter   de repli ... je suis fatiguée ,... mon corps  reste  froid ... je me relève .. mes pieds restent nus.... mais je me couvre d'une djelaba noire ... et d'un pull par dessus tout, pour ne pas claquer des dents ...et  tente quelques esquisses ...mes pinceaux crisent sur les pages blanches ... j'ai déchiré trois dessins ... 

le vent ce soir
sur mon sommeil
arrache ma nuit

tout à l'heure, à l'aube je devrai être présentable  et  cohérente ... un rencart  pour  quelques  instruments de musique de plus à vernir ... et je suis en vrac ...une fois de plus, j'écoute, mélancolique, "spiegel im spiegel", d'Arvo Pärt... cette musique m'accompagne dans ce passage douloureux,  dans cette métamorphose d'une femme vers une autre femme .... le vent souffle de toutes ses forces ... l'embrun de la mer touche mes petites fenêtres tournées vers l'est et le sud ... je vois, dans le reflet des lumières urbaines les antennes s'affoler sous les rafales de vent ... c'est à ses moments là que j'aimerais être au bord de la mer, au bord des étangs ... ces étangs qui me font tant décoller,  tant rêver, où je me promène avec les oiseaux les plus variés ..

je repense à tout ce qui me secoue depuis quelques temps  ..; à toute cette vie qui déborde de  mes cellules et que je contiens avec tant de mal  ... à cette nostalgie qui chaque jour s"imprègne indélébile dans mon coeur

l'amour est un évènement  extraordinaire, qui n'apparaît que de temps à autres, un individu, au cours de son existence  peut ne jamais s'y trouver  impliqué ..il passe alors à  côté de la vie ... la passion amoureuse est  la clé qui ouvre la porte de phénomènes prodigieux ....

 la sexualité humaine est discontinue, et n'éclate dans toute sa force qu'au moment de l'amour, elle est alors inépuisable et en même temps pleinement satisfaite. Nous vivons des jours et des jours enlacés à l'être aimé, chaque regard, chaque contact, chaque pensée échangés, avec l'être aimé se charge d'une intensité érotique. Notre vie sensorielle et physique se dilate et s'aiguise ... nous découvrons les odeurs, que nous ne sentions pas ou plus, nous distinguons des couleurs et des paysages que ne voyions pas habituellement et notre vie intelectuelle, elle même se développe ...Un geste, un regard un mouvement de l'être aimé nous parlent et résonnent au plus profond de notre être... et nous devenons sincères ...Nous voulons nous fondre dans l'autre et vivre dans une fusion, qui se colore de tendresse pour ses faiblesses, ses naïvetés, ses défauts ... On devient unique pour l'autre,  et l'autre, l'être aimé devient absolument irremplaçable ... toute séparation devient douleur et nous rappelle que l'autre est incomparable ..

la sexualité ordinaire, qui s'apparente à la faim, à la soif nous accompagne, lorsque notre vie se déroule uniforme, ennuyeuse tel le temps linéaire.. la sexualité extraordinaire se manifeste au contraire lorsque l'élan vital recherche des voies nouvelles et différentes, l'amour explore alors les frontières du possible..de l'imagnaire et de la nature .. c'est l'état naissant, cette sexualité est liée à l'intelligence, à la fantaisie, à l'enthousiasme, à la passion ..Elle marque les tournants de notre vie, ou les tentatives de tournant, elle n'est pas sans risque ...Elle est un désir perpétuel et en même temps nous la craignons ..Dans la sexualité extraordinaire le temp diffère ... alors que  la sexualité ordinaire, révèle que la misère sexuelle est notre grisaille quotidienne .


pour indiquer les deux formes de vie heureuse, le bouddhisme japonais utilise deux expressions ... le nin et le ten. Le nin, représente la paix et la tranquilité, le ten le moment extraordinaire de l'émotion et de l'amour . Le nin est déjà la joie, et un jour de nin correspond à une année d'un monde tourmenté. Mais un jour de ten, correspond à mille à dix mille années de temps .

dans l'état naissant
le temps devient éternel

quand nous perdons notre amour, l'attente d'une heure, devient l'attente d'années ou de siècles, et la nostalgie de cet instant d'éternité nous accompagne toujours .


je suis triste
comme le temps

le tourment est indescriptble
le chaos, là où je l'attends le moins





--

 le vent ce soir
 sur les lampadaires
sans jamais les éteindre



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4  nomade(s) migre(nt) sur ce blog

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves

 

courir vers lui
le ciel immense
ses bras ouverts
--

terre
la couleur de ses yeux
semer des fleurs

--

sous ma jupe
le vent
comme un intrus

la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude

--

petite la tenue
sortie des draps
elle pense à lui

--

éclat de rire
dans ses bras
éclat de vie

--


son sourire
entre les draps
deux mots

--


boire son vin
dans la même coupe
se resservir

--

 

dans le sable
quatre empreintes
l'une apprivoise l'autre


--

 
les restes du dîner
sur la table
parfum de sexe à côté

--

horizon confondu
au bout du bout
deux en un

--

odeur de mer
odeur de terre
la vie

--

reflet de lui
petit miroir
parle tant

--

parler et rire
un demi et un café
au soleil

--

à l'ombre des regards
collée contre le mur
lui si près de moi

--

deux oiseaux farouches
espiègles aussi
par moment

--

du bout des doigts frêles
calligraphie délicate
pensée dévoilée

--

le destin se cache
dans la courbe des reins tendus
frontière invisible

--

sur les ondes
une voix chaude
un chant dans ma tête

 

la pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues

--

revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique

 

 



les yeux ouverts
émotion plaisir
un tsunami


c'est jour de marché
des couleurs et des sourires
de la chaleur partout


 

de l'arbre au panier
des cerises des cerises
au merle volées


entre les fleurs vives
deux petits papillons
leur éclat en noce



sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie


sur le rocher, trois naïades
les pieds dans l'eau
paisiblement belles


 
vent éclair tonnerre
la pluie sans retenue
brume sur les versants


chaleur assassine,
dernières perles de rosée
aux feuilles suspendues


nue, au bord de l'eau
une libellule chemine
le contour de mes cimes


du bruit à l'odeur
tout est fébrile
reflet de chaleur


nuit épaisse et pleine
les arbres murmurent leur paresse
le vent sa langueur



 

visage ouvert
premier rayon de soleil
sourire, ivresse.


Le silence parfois
riche de sens et de force
éloquence fertile




mille secrets cachés
odeur de terre mouillée
odeur de camphre



comme un rêve de sang
les joues rose-rouge
trahissent l'évidence


que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches


plaintes lancinantes
le vent dans les embrasures
détresse d'automne


odeur de thym frais
et dans les cheveux mouillés
des contours sauvages


le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.


mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.


un rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ



 

entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith



quelques aquarelles
ma lunette et mes jumelles
images insolites

une douceur de printemps
l'hiver aux aguets
juste un prélude

  

l'hiver s'installe
dans les têtes dans les corps
derrière la vitre



la pluie ce soir
sur les roseaux des larmes
que la terre absorbe



 

le chant du vent
dans mes os transis

complainte glaciale


 

 

le rose discret
sur sa pâleur
la timide

 
 

 







 

 

 

 
















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