Vendredi 22 juin 2007
.....Regarder au-delà des tombes et prendre le risque de vivre.. mais pour avoir le courage de vivre, il faut accepter la mort... ces cimetières sont là, pour nous le rappeler... mais nous avons une culture qui occulte de plus en plus ça ... tout sentiment  débordant et déconcertant est superflu pour notre  culture , pour se protéger elle tente sans cesse d'annihiler ce qui la gène, et qui la freine.. Les naissances, se font à la va-comme-je-te-pousse... on ne prend que peu de temps de vivre ces instants uniques, on bouscule les émotions..Suit alors l'enfance où là non plus, on ne laisse pas au petit Homme le temps d'être un enfant ;.. En crèche, puis en maternel, et  dans tout le cycle scolaire qui leurs succède,  l'enfant doit rendre des comptes,...On spécule sur son son savoir.. sur son potentiel .. s'il est mauvais élève sa vie peut basculer très vite... On s'enferme dans des raisonnements tels que: il faut toujours occuper l'enfant, il ne faut pas qu'il s'ennuie, il ne faut pas qu'il commette de bêtises, il ne faut pas, il ne faut pas... Toutes ces choses qui construisent au même titre que le reste un individu sont de plus en plus farder... Mes enfants m'ont fait grandir, ils m'ont entraînée là où je ne serais jamais allée sans eux, ils m'ont ouvert des portes, parfois contre mon gré... mais je les ai laissés libres d'être ce qu'ils étaient parce que j'avais compris qu'ils ne m'appartenaient pas... ils m'ont très vite fait comprendre que leur rôle leur était propre...Tout petits je leurs avais enjoint des responsabilités à assumer... parfois à contrecœur, parfois avec fierté, ils apprenaient à travers ces épreuves, qui ils étaient...
Notre société est faite d'un tout... elle s'équilibre dans le paradoxe.. Ce n'est pas de l'amour, que ne pas faire prendre conscience de ces réalités, c'est de la possession inconditionnelle, de l'égoïsme larvé.... de l'irresponsabilité de prendre  en charge une éducation parfois ingrate...dire non à  un enfant c'est faire face à une réaction,  on ne prend pas le temps du débat ...Plus que jamais, nous voyons dans nos sociétés modernes, des jeunes dépressifs, irresponsables, désarmés, parfois apathiques, parfois violents... Consommateurs, de substances licites où illicites ( et je n'ai rien contre les illicites) de façon recurrente , ils fuient leur évidence   ... la maturité à changer d'orientation, on ne se construit plus sur les mêmes bases ...les jeunes adultes  restent sous la tutelle de leurs parents et refusent de voler de leurs propres ailes au risque de vivre enfin leur histoire... ils ont peur et ce sont ces peurs qui les rétrécissent sur eux-mêmes... toute éducation à ses tares, mais ne pas en avoir, où sous prétexte d'aimer ses enfants, les gâter à outrance c'est affaiblir les êtres qu'on chérit.. c'est affaiblir la société de  demain....

j'ai eu l'occasion de rencontrer pas mal de jeunes durant ma petite vie.. je les ai énormément écoutés... il y a parmi eux des individus exceptionnels, même dans leur détresse, ils sont souvent percutants, vifs et  d'une intelligence sortie des sentiers battus... je les admire énormément et mal est de me faire prendre conscience que certains d'entre eux manquent de repères nécessaires, au relief de leur réflexion...

Je pense qu'il est extrêmement nécessaire de se pencher et de réfléchir sur notre société d'aujourd'hui pour construire celle de demain, d'aider par la réflexion, à grandir avec nos descendants....Une société qui compte autant de suicides de jeunes, montre sa vulnérabilité et son incapacité de se développer harmonieusement ... elle montre son déclin...

la mort, dans tout ça est tout autant dissimulée que tous les évènements majeurs de nos vies ... on "crématise "... on "cendre" .. vite très vite ;...on passe à autre chose.. laissant les vivants dans leur chagrin en espérant qu'à coup d'antidépresseur, ils ne fassent pas trop d'éclats .... 

                                 par delà notre temps
                         celui de nos enfants
                         un relief à construire



 


                                                                               





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commentaires (2)   

Commentaires

non Monika , je ne connaissais pas ce texte ... il est d'une beauté particulièrement réaliste et je te remercie de me l'avoir fait découvrir ... un régal de lecture
commentaire n° : 1 posté par : anna le: 23/06/2007 23:36:24
Anna, je te rejoins tout à fait dans ce que tu dis sur l'éducation des enfants. Quand mon fils était encore tout petit, je suis tombée un jour par hasard (!) sur le texte attribué à Khalil Gibran que tu connais certainement

Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à la Vie.

Ils viennent à travers vous mais non de vous.

Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous.

Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées.

Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes.

Car leurs âmes résident dans la maison de demain que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne cherchez pas à les faire à votre image.

Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, tels des flèches vivantes [...]

J'ai complètement adhéré à cette pensée et elle a guidé ma façon de vivre avec mes enfants. Je crois aussi qu'elle est pertinente pour celui ou celle qui enseigne.
commentaire n° : 2 posté par : Mohe (site web) le: 22/06/2007 16:24:56

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dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves



  la mer et le ciel
  par beau temps
  dans son regard


--

sous ma jupe
le vent
comme un intrus

la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude

--

avec la pluie
parfois
j'aime être triste

 

pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues

--

revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique

 


 les yeux ouverts
 émotion plaisir
... tsunami


 jour de marché
des couleurs  des sourires
de la chaleur partout


 

de l'arbre au panier
des cerises des cerises
au merle volées


entre les fleurs vives
deux petits papillons


sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie


sur le rocher, trois naïades
les pieds dans l'eau
paisibles et t belles


 
inquiétant
comme l'approche d'un orage
le silence


nue, au bord de l'eau
une libellule chemine
le contour de mes cimes



nuit épaisse et pleine
les arbres murmurent leur paresse
le vent sa langueur



 

visage ouvert
premier rayon de soleil
premier sourire


Le silence parfois
riche de sens et de force
 fertile




odeur de terre mouillée
odeur de camphre



comme un rêve de sang
les joues rose-rouge
trahissent l'évidence


que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches


  lancinant
le vent dans les embrasures
détruit l'été


odeur de thym frais
dans les cheveux mouillés
des contours sauvages


le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.


mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.


rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ



entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith



quelques aquarelles
ma lunette  mes jumelles
dans les étangs


une douceur de printemps
l'hiver aux aguets
juste un prélude

  

l'hiver s'installe
dans les têtes dans les corps
derrière la vitre

 

 

le chant du vent
dans mes os transis

complainte glaciale


 

le rose discret
sur sa pâleur
 timide

 
 

 







 

 

 

 
















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