Vendredi 4 avril 2008
effectivement cela te rappelle Georges Perec .. Marcel ....et pour cause .... !!! et j'avoue que je trouve l'idée géniale.. Nous écrivons depuis quelques jours des "je me souviens" avec Monika et bien sûr c'est elle qui en a eu l'idée après avoir lu un livre de Joe Brainard qui s'appelle " I remember" J'avoue que je me suis laissée prendre au jeu et ....il est excellent ... Se souvenir au hasard de traits de vie piochés dans notre mémoire ...est étonnant de redécouvertes ...

je propose donc à tous ceux qui en ont envie ... et Johal est déjà de la partie ... de faire un "je me souviens" collectif en haïku ....j'espère que vous serez nombreux à essayer cet exercice de "brèves de mémoire "..

je commence et j'essaie de gérer au mieux ... la mise à jour, de cette page du blog , et  y rajouter les "je me souviens" que vous mettrez  en commentaire ... si quelqu'un a une autre idée pour gérer cela ... mieux ... je prends de suite ...


je me souviens
de l'alambic de mon père
toutes ses  mirabelles

anna

 c'est parti .... merci de bien vouloir contribuer à cette tentative de souvenir ... merci Monika pour l'idée .. on avancera à fur et à mesure des envies de souvenir ...en espérant être nombreux ...
------

Je me souviens
des sièges de la 2 CV
sortis pour le pique-nique.

Martine
----
samedi midi
la grosse soupe aux dix légumes
saucissson à l'ail (M.T-P).

Monika
-----
La vieille radio,
écho grésillant des mers :
mon père, très loin...

Dans la cuisine
toutes les femmes tendues
vers la voix voilée

(dans ma toute petite enfance, un père marin...)

Johal
----
¤
mai 1940
sous la mitraille
fuyant

¤
                                                                         ¤
21 juillet 1969
il marchait sur la lune
j'avais 33 ans

¤

Montpellier
sur un cheval à bascule
blanc
¤
Marcel
----
je me souviens
du bleu
des yeux de mon père

des tresses
de ma soeur
coupées
sur la table de la cuisine

anna
-----

je me souviens
de l'odeur des plants de tomates
de mon parrain

seau à charbon
la bouche en feu
de la chaudière

sieste d'été
les fesses blanches
de ma cousine

forte grippe
sur mon lit assises
ma mère et mes soeurs

folle tramontane
mon père courant
après son chapeau

Phil
----

premier jour d'école
mon petit tableau d'ardoise
son éponge jaune

Monika

----

dévalant la pente
sur la luge avec mon père
neige plein les yeux


tenant le guidon
debout sur le tablier
de la vespa blanche


l'odeur de l'encens
dans la grande basilique
bicorne du Suisse

traversant la mare
le craquement de la glace
vêtements trempés


Mimik

neige à Neuss
la maîtresse nous donne congé
pour en profiter

Monika


La reine du monde
sur le petit vélo jaune
-première hirondelle-

Johal

de mes joues rouges
au premier
baiser

anna
----
quatre garçons
se partagent
un moineau cuit


Dimanche de Pâques
un rameau de sucre d'orge
à la main


Phil
-----

dimanche de printemps
dans le jardin du curé
chercher des oeufs

Monika

----

des lézards etc.
toute une vie rampait
dans ma poche

anna
-------


dans un vieux bocal
quatre ou cinq têtards luisants
surveiller les pattes

Mimik
-----

                                                                           

                                                                             

 
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4  nomade(s) migre(nt) sur ce blog

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves

 

courir vers lui
le ciel immense
ses bras ouverts
--

terre
la couleur de ses yeux
semer des fleurs

--

sous ma jupe
le vent
comme un intrus

la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude

--

petite la tenue
sortie des draps
elle pense à lui

--

éclat de rire
dans ses bras
éclat de vie

--


son sourire
entre les draps
deux mots

--


boire son vin
dans la même coupe
se resservir

--

 

dans le sable
quatre empreintes
l'une apprivoise l'autre


--

 
les restes du dîner
sur la table
parfum de sexe à côté

--

horizon confondu
au bout du bout
deux en un

--

odeur de mer
odeur de terre
la vie

--

reflet de lui
petit miroir
parle tant

--

parler et rire
un demi et un café
au soleil

--

à l'ombre des regards
collée contre le mur
lui si près de moi

--

deux oiseaux farouches
espiègles aussi
par moment

--

du bout des doigts frêles
calligraphie délicate
pensée dévoilée

--

le destin se cache
dans la courbe des reins tendus
frontière invisible

--

sur les ondes
une voix chaude
un chant dans ma tête

 

la pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues

--

revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique

 

 



les yeux ouverts
émotion plaisir
un tsunami


c'est jour de marché
des couleurs et des sourires
de la chaleur partout


 

de l'arbre au panier
des cerises des cerises
au merle volées


entre les fleurs vives
deux petits papillons
leur éclat en noce



sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie


sur le rocher, trois naïades
les pieds dans l'eau
paisiblement belles


 
vent éclair tonnerre
la pluie sans retenue
brume sur les versants


chaleur assassine,
dernières perles de rosée
aux feuilles suspendues


nue, au bord de l'eau
une libellule chemine
le contour de mes cimes


du bruit à l'odeur
tout est fébrile
reflet de chaleur


nuit épaisse et pleine
les arbres murmurent leur paresse
le vent sa langueur



 

visage ouvert
premier rayon de soleil
sourire, ivresse.


Le silence parfois
riche de sens et de force
éloquence fertile




mille secrets cachés
odeur de terre mouillée
odeur de camphre



comme un rêve de sang
les joues rose-rouge
trahissent l'évidence


que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches


plaintes lancinantes
le vent dans les embrasures
détresse d'automne


odeur de thym frais
et dans les cheveux mouillés
des contours sauvages


le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.


mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.


un rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ



 

entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith



quelques aquarelles
ma lunette et mes jumelles
images insolites

une douceur de printemps
l'hiver aux aguets
juste un prélude

  

l'hiver s'installe
dans les têtes dans les corps
derrière la vitre



la pluie ce soir
sur les roseaux des larmes
que la terre absorbe



 

le chant du vent
dans mes os transis

complainte glaciale


 

 

le rose discret
sur sa pâleur
la timide

 
 

 







 

 

 

 
















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