là
tout est abandonné
les roseaux reprennent leur place
Publié dans : haïku-haïga-peintures oiseaux et autres...
Écrire, c'est migrer au fond de son âme, sans jamais savoir où le vent, la fatigue et l'instinct nous déposent, sans jamais connaître les limites de son voyage.
Tant de haïku derrière moi... et tout à découvrir... la connaissance est sans limite, le doute aussi...
là
tout est abandonné
les roseaux reprennent leur place
vue sur le Mont Aigoual
petit espace entre les châtaigniers
pour une yourte
la route de plus en plus étroite
perd son bitume
reste la montée à pied
sauvage
accroché à la montagne
un potager après l'hiver
terrasse en-dessous
une yourte
se dore au soleil
au printemps
lentement
je laisserai la montagne m'apprivoiser
et dire que j'avais oublié de le mettre ... quelle honte !!!
à voir, revoir et encore revoir tant que la leçon ne rentre pas ....!!!
la présence des montagnes des eaux et des forêts, le long travail d'écoute que me demande la plus insignifiante des approches vers leur langage... approfondissent l'acuité de ma perception des choses... quoi de plus naturel ? quoi de plus évident ? Alors que mes pinceaux pendent sur leur potence et que mes yeux cherchent l'oiseau ou l'insecte qui me permettra de le peindre, je prends de plus en plus conscience de la vulnérabilité de la beauté qui m'entoure... Sans cesse menacée par les exigences humaines, elle recule dans les profondeurs des forêts et des océans... chaque repli est pourtant traqué puis reconquis douloureusement par la destruction de masse que génère la cupidité humaine...
et pourtant, chaque fois que je retrouve la forêt, la mer ou la montagne, je reprends espoir, car dans leur grandeur et leur puissante présence se transmet l'énergie de tous les savoirs...
sombres nuages
les grues cendrées tendent leurs cous
vers le Nord
plus sinistre que le ciel
la vase des marais
sur la grève monotone
deux oiseaux de passage
avez-vous entendu parler du gaz de schiste ? si oui, regardez cette vidéo pour mieux comprendre ce qu'une telle exploitation entraîne comme drame. Si non, regardez-là pour découvrir le massacre qui nous attend si le projet d'exploitation de ce gaz venait à être appliqué en France comme le souhaite notre Gorgone au pouvoir...
cette vidéo dure 107 minutes. Elle est un peu longue à télécharger (quelques heures) ... il faut patienter et relancer la vidéo plusieurs fois... mais elle est passionnante et dénonce un des plus gros drames écologiques en oeuvre depuis 6 ans aux États-Unis ...
se rebeller est juste... désobéir est un devoir... agir est nécessaire...
Mediapart jeudi 10 février ... il suffit de lire les bons journaux pour être bien informés.... et prendre des leçons ....
Révolution pacifique en Islande, black-out des Médias
Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n'en parle, aucun média ne relaie l'information, vous n'en trouverez presque pas trace sur « Google »: bref, le black-out total .
Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante :
Un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités » parce qu'elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s'il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d'orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » :
l'élection d'une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d'écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.
Alors que gronde dans l'Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleau-compresseur capitaliste, l'actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l'Europe une perspective :
la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.
Plus bas, vous trouverez deux articles traitant de cette révolution en marche, *à faire circuler le plus largement possible, puisqu'on ne doit compter sur aucun média pour le faire à notre place*.
http://www.cadtm.org/Quand-l-Islande-reinvente-la
Depuis le samedi 27 novembre, l'Islande dispose d'une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.
Depuis cette crise dont elle est loin d'être remise, l'Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l'Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d'ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C'était une première pour l'Islande, tout comme la nomination d'une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.
http://www.parisseveille.info/quand-l-islande-reinvente-la,2643.html
... bon, ben je lis énormément mais ne parle pas ou très peu en général de mes lectures divers et variées... mais là, j'avoue que la tentation de partager quelques passages (de début) de ce livre complètement génial que je suis en train de découvrir, est trop forte pour que je me taise...
je traverse ce livre ( paru aux Etats- Unis en 1974 ) avec lenteur... les va-et vient sont fréquents... je fais une halte, découvre la richesse des écrits, la pensée de l'auteur, repars en arrière, avance de quelques pages... rigole aux éclats et me délecte dans un savoir, une connaissance, une philosophie, un détachement hors du commun... ce livre est un puits sans fond d'espoir et de bon sens... à lire de toute urgence... !!!
Robert Pirsig est né en 1928 à Mineapolis. Il a étudié la chimie et la philosophie, puis le journalisme aux Etats-Unis, avant d'aller étudier la philosophie orientale à l'université hindoue de Bénarès. Il a été rédacteur technique dans les revues spécialisées consacrées aux motocyclettes.
on a inventé et on continuera à inventer les clichés et des stéréotypes, comme les "beatniks" ou les" hippies", pour désigner le mouvement de refus du système technologique. Mais il ne suffit pas, pour transformer les individus, pour faire d'eux une masse, de les désigner par un terme générique. John et Sylvia, comme la plupart de leurs semblables, refusent justement de faire partie d'une masse. C'est même contre cette idée qu'il se révoltent. Ils ont le sentiment que la technologie est étroitement lié aux forces qui essaient de les intégrer dans un troupeau anonyme. Et cela leur déplaît. Pour l'instant, ce mouvement de résistance reste passif, il se traduit par tous ceux qui le peuvent par une fuite à la campagne. Mais il pourrait bien trouver d'autres formes.
Si je ne suis pas d'accord avec mes amis sur l'entretien des motocyclettes, cela ne m'empêche pas de comprendre leur réaction devant la technologie. Mais je crains que leur attitude les voue à l'échec. Le divin Bouddha trouve aussi bien sa place dans les circuits d'un ordinateur, ou dans la boîte de vitesse d'une motocyclette, qu'à la cime d'une montagne ou dans les pétales d'une fleur. Ce serait rabaisser Bouddha que de penser le contraire et se rabaisser soi-même .
p 29-30
... En fait, quand je suis arrivé dans cet étrange atelier, j'avais moi aussi, vis-à-vis de ma machine, l'attitude des mécanos ou des rédacteurs de la notice d'entretien. Nous sommes tous des badauds, Aucune notice ne va au fond des choses, aucune ne traite de l'aspect fondamental de l'entretien des motocyclettes. Ce qui est fondamental, c'est de prendre les choses à coeur - et de cela, aucun manuel ne dit mot .
Au cours de ce voyage, je voudrais creuser un peu ce problème, et voir si cet étrange divorce entre l'être de l'homme et ses actes ne nous aidera pas à comprendre ce qui fait dérailler ce foutu XXe siècle. Je ne peux pas bâcler le travail, ce serait adopter l'attitude pernicieuse que je déplore.
Quand on se presse, c'est qu'on ne s'intéresse pas à ce qu'on fait et qu'on veut passer à autre chose. j'aborderai donc ce problème lentement et progressivement, mais j'y mettrai tous mes soins, et j'irai jusqu'au bout
Le paysage est devenu aussi plat que dans la géométrie d'Euclide. Pas une colline. Nous sommes entrés dans la vallée de la rivière Rouge. Nous arrivons au Dakota .
p 39- 40
- où est ce que tu as appris tout ça ? demande John
- Il suffit de réfléchir.
- je ne saurais même pas par où commencer.
C'est bien le problème : par où commencer. Pour arriver à le toucher, il faut d'abord remonter de plus en plus loin en arrière, jusqu'au moment où ce qu'on prenait pour un petit problème de communication devient une recherche philosophique de première importance.
p 79
.........
à force d'observer les oiseaux je me suis mise à regarder les arbres... à force de regarder la hauteur des arbres je me suis égarée dans le ciel, j'ai retrouvé les oiseaux et suis revenue avec eux me percher sur les branches des houppiers ... Puis j'ai regardé à l'envers, j'ai aperçu alors les mousses et surtout les lichens, ceux qui poussent au nord des troncs, ceux qui poussent au sud... ceux qui frisent , ceux qui s'étirent en longues barbes gris-vert et nourissent notre imaginaire... ceux qui ne sont qu'algues, ceux qui sont algues et champignons... , ... puis je me suis penchée davantage et j'ai vu, un monde de plus en plus petit, de plus en plus actif... un monde de lois et de règles... de batailles et de mariages, de symbiose et d'osmose... où... chacun cherche sa place. Du lierre, dont le pied peut atteindre quatre cent ans sans jamais altérer la vitalité de l'arbre sur lequel il s'appuie, à l'arbre lui même, dont on ne compte plus l'âge, tout s'équilibre et tout menace l'ordre des choses établi... Le monde de la forêt est un univers cosmopolite où chacun a un rôle déterminé, précis et régulateur, un rôle qui nous exclut, nous les humains, incapables que nous sommes d'écouter et de voir sans toucher
monde mystérieux sous bien des angles, où les amis deviennent des ennemis, où les nourrisseurs deviennent les destructeurs, où le cycle imperturbable de la vie génère sans cesse des adaptations totalement inattendues. Les lois des contraires sont imparables et l'harmonie qui suit le chaos ou le désordre qui s'installe après l'abondance, nous montrent combien tout est nécessaire pour évoluer
dans l'infiniment petit
l'infiniment grand
lorsque le vent souffle de la mer
tous les arbres se mettent à trembler
fin janvier
le soleil accroche ses rayons
sur la poussière des carreaux
je rêve souvent d'oiseaux
surprise au réveil
sans ailes
vent glacial
sur les étangs
une vieille passerelle en bois
tremble au dessus du canal
là
tout est abandonné
les roseaux reprennent leur place
laissant la plage
deux hommes
s'enfoncent dans la brume
par dessus les chants d'oiseaux
que des bruits d'ailleurs
vol de grues en formation
deux d'entre elles
rebelles
la force des femmes, leur beauté, leur silence., leur lutte, leur guerre... le travail de mémoire et l'indispensable transmission de la réalité, font de de film un chef d'oeuvre dans le genre.
Pour que le monde évolue, il faut connaître son histoire... Cette merveilleuse tragédie tirée de la pièce du dramaturge Wajdi Mouawad n'est pas sans nous rappeler que les incendies brûlent en chacun de nous dès lors qu' un secret reste enfoui... le mettre à jour n'est pas sans danger, certes, mais c'est la vie, et c'est le prix à payer pour continuer à la supporter ...
c'est un film vibrant de sens et de puissance qui ne nous laisse pas sans réflexion...
le talent d’écriture de Paul Laverty d’un côté (scénariste de Ken Loach) et la mise en scène pleine de sobriété de la cinéaste Icíar Bollaín ont fait de ce film une merveille incontournable.
le sujet est cuisant et contemporain... l'eau... l'eau que les multinationales refusent de donner aux plus démunis de cette planète... Nous sommes en Amérique du Sud, ce sont donc les indiens qu'on assoiffe et qu'on accule comme des rats... jusqu'à leur interdire de récupérer l'eau de pluie... Depuis l'époque des conquistadors, le drame est récurrent pour ces minorités indiennes et c'est ce que Iciar Bollein nous rappelle à travers cette fiction. La colonisation a changé de visage. La Bolivie en 2000, avant l’accession au pouvoir de Morales, est un pays dépendant des puissances occidentales et voisines. Rien n’a bougé depuis l’impérialisme espagnol.
mis en musique par Alberto Iglésias, et interprété par deux des plus grands comédiens hispanophones actuels (Luis Tosar, méprisant, faux dur et culpabilisant, et Gael Garcia Bernal (carnet de voyage ), trop humain pour ne pas être égoïste), le film se donne les moyens de ses ambitions.
Une histoire dans l'histoire ... l'exploitation a juste été délocalisée...
Je doute et trébuche sans cesse sur le regard que je porte sur ce que mes yeux me donnent à voir... Je suis riche de ce regard, je suis pauvre de ce qui me reste invisible... Les oiseaux m'ont appris tant de choses... les arbres me font de moins en moins peur... le ciel, nuit et jour multiplie mes espoirs... J'attends le printemps pour retourner dormir sous les étoiles.
De printemps en printemps, d'été en été, d'automne en automne, d'hiver en hiver, c'est toujours le même homme qui m'apprend à découvrir la terre et les montagnes. Son écoute de chercheur complète la mienne de rêveuse... Qu'il écoute les bruits de la terre ou que je tende l'oreille vers les cieux... nos esprits se croisent au milieu de ce dialogue impénétrable...
peu à peu le silence s'installe dans ma tête, pour laisser place à une autre écoute... peu à peu mon écriture se dilate pour laisser place à la page vierge... peu à peu ma peinture devient le reflet d'elle même... Lorsque tout sera accompli, viendra le temps où je laisserai ce blog tranquille...
de temps en temps
un vieil arbre
me sert de refuge
les oiseaux m'apprennent
à écouter les arbres
loin sur l'étang
l'enfant contre moi
identifie ses premiers oiseaux
ce ne sont plus des arbres
mais des spectres
du haut de la falaise
les arbres calcinés
implorent le ciel
terre brûlée
un silence de mort
tapi sur le versant
pas un aigle
de ceux que je suis venue chercher
le vol nuptial n'est plus là
(à savoir que le vol nuptial de l'aigle de bonelli commence en décembre et termine à la fin février)
aucun bruit
pas même le murmure d'une pensée
d'arbre
marchant
au milieu des chênes et des pins brûlés
sans les toucher
tout a brûlé
les oiseaux ont quitté la montagne
feu de forêt
m'éloignant
le coeur brûlé
Un vrai bonheur de musique et d'anti musique... un régal pour les rebelles... une joie pour les anticonformistes .... un film décalé comme je les aime ... un film complètement disjoncté ..
une pagaille totalement organisée par des virtuoses de la percussion, puisque les musiciens jouent leur propre rôle...
J'ai rigolé du fond du coeur ....
Il est des lenteurs quelque chose d'impalpable qui imprègne le temps et laisse l'oeuvre s'accomplir tout naturellement...Sur un mode Pythagorien de la transmutation des âmes, le réalisteur de ce film quelque peu surprenant, marque les quatre saisons de cette Calabre hors du temps par l'emboitement de nos quatre vies les une dans les autres.
L'homme est un minéral car son squelette est constitué de sels. L'homme est aussi un végétal car son sang est comme la sève des plantes ; il est animal parce qu'il est mobile et possède une connaissance du monde extérieur. Enfin l'homme est humain, car il a volonté et raison . Nous devons donc nous connaître quatre fois.
une poésie que seule un pays latin peut nous offrir ...

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves
j'irai là
où la beauté
est sans décor
sous ma jupe
le vent
comme un intrus
la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude
--
avec la pluie
parfois
j'aime être triste
pluie en rafale
contre la vitre
et sur les joues
--
revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique
sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret
le rose discret
sur sa pâleur
timide
visage ouvert
premier rayon de soleil
premier sourire
que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches
odeur de thym
dans les cheveux mouillés
des contours sauvages
le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.
le chant du vent
dans mes os transis
... glacial...
-