Mercredi 9 avril 2008
Mal de pierres de Milena Agus,

Une Sarde aux yeux étranges et grands ouverts ... une femme, dans les années quarante ... toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie ....

un bijou ...!!

extraits:

  Alors ils changeaient de trajet, et quand le Rescapé voyait que grand-mère était distraite et s'arrêtait soudain sur le milieu de la route pour regarder une façade d'hôtel ou les feuillage des arbres, ou Dieu sait quoi, comme elle a été coutumière jusque dans sa veillesse, il posait une main sur son épaule et d'une légère pression la poussait sur le bord de la route .
"Une  princesse, vous vous comportez comme une princesse. Vous ne vous souciez pas du monde, autour de vous, c'est le monde qui doit se soucier de vous, votre seule tâche est d'exister. C'est bien ça ?"
Cette fiction amusait grand-mère, être princesse de la rue Manno, actuellement de la rue Sulis,et avant de la province du Campidano.
Sans rendez-vous précis, ils arrivaient de plus en plus tôt au petit déjeuner, afin d'avoir plus de temps pour le journal, qu'ils lisaient tout près l'un de l'autre sur le banc, et pour leur promenade où le Rescapé, trouvait toujours l'occasion de poser sa main, sur son épaule pour la diriger dans une autre direction.
un jour le Rescapé demanda à voir les bras de grand-mère en entier et quand elle releva les manches de son chemisier, il parcourut d'un doigt attentif ses veines à fleur de peau.
Une beauté, tu es une vraie beauté, dit-il passant du vous au tu. Mais toutes ces cicatrices ?" Grand-mère répondit, qu'elle s'était coupée au travail aux champs.
"Pourtant on dirait des entailles au couteau.
- On coupe tellement de choses. C'est le travail de la terre qui veut ça .
- Mais pourquoi sur les bras et pas aux mains ? on dirait des coupures volontaires, elles sont nettes "
Elle ne répondit pas, il lui prit la main, l'embrassa, embrassa toutes ces cicatrices de ses bras et suivit du doigt les traits de son visage.

.....;.....

Le Rescapé dit que grand-père était un heureux homme, vraiment et pas comme elle le prétend un malchanceux qui aurait écopé d'une pauvre folle, simplement, elle était une créature que Dieu avait faite à un moment où il n'avait pas envie de femmes habituelles en série, Il avait eu une inspiration poétique et Il l'avait créée, grand-mère riait de bon coeur, disait qu'il était fou lui aussi et que c'était pour ça qu'il ne voyait pas la folie des autres.

------------

Tout le monde était persuadé qu'un homme de cinquante ans ne regarde pas une femme de son âge , mais ce raisonnement valait pour les choses du monde. Pas pour l'amour. l"amour ne s'attarde ni sur l'âge, ni sur rien qui ne soit l'amour. Et c'est exactement de cet amour là que le Rescapé l'avait aimée. la reconnaîtrait-il tout de suite ?Quelle mine ferait-il ? Ils ne s'embrasseraient pas en présence de grand-père, de papa, ou de la femme du Rescapé ou de sa fille. Il se serreraient la main et se regarderaient longtemps. A en mourir. Mais, si elle essayait de sortir seule et qu'elle le rencontrât seul, alors là oui, ils tomberaient dans les bras l'un de l'autre et s'embrasseraient pour récupérer toutes ces années; et s'il le lui demandait, elle ne rentrerait plus jamais chez elle. car l'amour est plus important que tout le reste.




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Lundi 7 avril 2008
 le dernier de la page précédente s'est arrêté à celui de mimik ... je crée un répertoire spécial "je me souviens" , on les retrouvera tous là-dedans ...

vacances dans les Alpes
aux sommets de 3000 mètres
elle préfère les livres

Monika


16 ans
sur les parois rocheuses
10 m de chute

anna


Oh, cette poupée !
Presqu'aussi grande que moi...
Aïtatxi, aux anges !

(aïtatxi = grand-père basque)

Johal

--------
cadeau de Noël
au lieu d'un chien vivant
un lion en peluche

Monika

-------
 "salauds" dis-je
à ceux qui font fumer
les crapauds

Phil

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Lundi 7 avril 2008
parce que j'ai eu un réel plaisir à partager cette soirée ... entre tout ce petit monde souriant et plein de vie ;.. parce qu'on descendait insouciants la rue de l'Aiguillerie vers les Ursulines ...et qu'on s'étonnait de cette ruche plus en action de nuit que de jour ... parce que je tenais la main de mon petit fils ... et que je rigolais avec ma fille aînée ... parce que devant moi deux hommes marchaient en parlant de choses et d'autres... parce que la vie c'est aussi simple que ça ...
parce que Mozart disait :
"vivre bien et vivre heureux, voilà deux choses différentes. Et sans un peu de magie, je ne connaîtrais pas la seconde"...

cette magie, j'essaie de la trouver tous les jours .. parfois elle surgit comme une évidence parfois elle se heurte à ma tristesse ... l'autre soir ... elle était vraiment avec moi ... depuis si longtemps ...
                    
http://profile.myspace.com/index.cfm?
fuseaction=user.viewprofile&friendid=360392336



http://philquinta.canalblog.com/

http://fourques.canalblog.com/



ps : les photos sont foirées .. grave de chez grave !!! mais bon le trouble .. sans flash... bref .. j'essaie de trouver une excuse à ma médiocrité de photographe ... et puis je hais les ap. numériques.. rien ne vaut la profondeur de l'argentique ... et le numérique rame .. rame en émotion ...donc  je reste nulle en photo


dans ma boîte de mail de la part de Phil:

A Anna



de sa chambre
les toits
et d'autres chambres

*

chambre sur les toits
sur les murs muets
les oiseaux

*

Grues d'Hokkaido -
par chaque image
l'ami ravi

*

que c'est beau !
dis je dans l'escalier
qui monte chez elle

*

fantaisiste
la jeune femme
jusqu'aux chaussures

*

quand elle dit
"c'est cool !"
tout est dit

*

rumba improvisada -
regards à sa mère
entre les morceaux

*

salle de concert
le yogi et l'aquarelliste
sympathisent

*

Jardin du Peyrou -
sur son cheval Louis XIV
écoute du rap

*

crevettes -
seulement si je lui
décortique

*

tous artistes
ses quatre enfants -

*

flamenco -
un couple d'anglais
mange des tapas

*

soirée flamenco -
sur les étagères
de faux cactus

*

Phil


---------------------------


un peu de vin
quelques bières
la musique se boit sans effort



ruelle étroite
nous sommes que trois
 étonnés du monde



au rythme des guitares
les palmas
les danses beaucoup plus tard


j'ai loupé la frontière


deux jeunes filles
 ravissement des hanches
temps contre temps



 tard dans la nuit
seule
j'ai refermé ma porte


la fièvre me tient
et pire qu'elle
le reste


   anna



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Samedi 5 avril 2008
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Vendredi 4 avril 2008
effectivement cela te rappelle Georges Perec .. Marcel ....et pour cause .... !!! et j'avoue que je trouve l'idée géniale.. Nous écrivons depuis quelques jours des "je me souviens" avec Monika et bien sûr c'est elle qui en a eu l'idée après avoir lu un livre de Joe Brainard qui s'appelle " I remember" J'avoue que je me suis laissée prendre au jeu et ....il est excellent ... Se souvenir au hasard de traits de vie piochés dans notre mémoire ...est étonnant de redécouvertes ...

je propose donc à tous ceux qui en ont envie ... et Johal est déjà de la partie ... de faire un "je me souviens" collectif en haïku ....j'espère que vous serez nombreux à essayer cet exercice de "brèves de mémoire "..

je commence et j'essaie de gérer au mieux ... la mise à jour, de cette page du blog , et  y rajouter les "je me souviens" que vous mettrez  en commentaire ... si quelqu'un a une autre idée pour gérer cela ... mieux ... je prends de suite ...


je me souviens
de l'alambic de mon père
toutes ses  mirabelles

anna

 c'est parti .... merci de bien vouloir contribuer à cette tentative de souvenir ... merci Monika pour l'idée .. on avancera à fur et à mesure des envies de souvenir ...en espérant être nombreux ...
------

Je me souviens
des sièges de la 2 CV
sortis pour le pique-nique.

Martine
----
samedi midi
la grosse soupe aux dix légumes
saucissson à l'ail (M.T-P).

Monika
-----
La vieille radio,
écho grésillant des mers :
mon père, très loin...

Dans la cuisine
toutes les femmes tendues
vers la voix voilée

(dans ma toute petite enfance, un père marin...)

Johal
----
¤
mai 1940
sous la mitraille
fuyant

¤
                                                                         ¤
21 juillet 1969
il marchait sur la lune
j'avais 33 ans

¤

Montpellier
sur un cheval à bascule
blanc
¤
Marcel
----
je me souviens
du bleu
des yeux de mon père

des tresses
de ma soeur
coupées
sur la table de la cuisine

anna
-----

je me souviens
de l'odeur des plants de tomates
de mon parrain

seau à charbon
la bouche en feu
de la chaudière

sieste d'été
les fesses blanches
de ma cousine

forte grippe
sur mon lit assises
ma mère et mes soeurs

folle tramontane
mon père courant
après son chapeau

Phil
----

premier jour d'école
mon petit tableau d'ardoise
son éponge jaune

Monika

----

dévalant la pente
sur la luge avec mon père
neige plein les yeux


tenant le guidon
debout sur le tablier
de la vespa blanche


l'odeur de l'encens
dans la grande basilique
bicorne du Suisse

traversant la mare
le craquement de la glace
vêtements trempés


Mimik

neige à Neuss
la maîtresse nous donne congé
pour en profiter

Monika


La reine du monde
sur le petit vélo jaune
-première hirondelle-

Johal

de mes joues rouges
au premier
baiser

anna
----
quatre garçons
se partagent
un moineau cuit


Dimanche de Pâques
un rameau de sucre d'orge
à la main


Phil
-----

dimanche de printemps
dans le jardin du curé
chercher des oeufs

Monika

----

des lézards etc.
toute une vie rampait
dans ma poche

anna
-------


dans un vieux bocal
quatre ou cinq têtards luisants
surveiller les pattes

Mimik
-----

                                                                           

                                                                             

 
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Mercredi 2 avril 2008
son sourire avait la couleur des journées calmes et pleines de douceur ... enfant, ce qui l'inquiétait le plus c'était de ne pouvoir avoir un crayon de couleur dans les mains ... adolescente, elle n'a eu de cesse de chercher tous les supports des plus officiels aux plus cocasses ... pour peindre ses espoirs, ses rêves, et tout ce qui lui passait par la tête ...elle a tout essayé selon ses moyens, mais c'est  l'huile qu'elle a choisie  pour l'intensité de ses tableaux  ...

petite femme au coeur aussi vaste que son imagination .... elle continue à peindre et à apprendre à son petit bout de bonhomme, le plaisir de la couleur ...

sur le sol de sa chambre , dans le vieux mas ;.. reste les éclats de peinture que son empressement d'agir a imprégnés à jamais... comme du Jackson Pollock ...


je me souviens
dans ses mains d'enfant
 les crayons de couleur


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Mardi 1 avril 2008
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Mardi 1 avril 2008
dans le petit logement que je partage avec ma fille .... j'entends encore la guitare, les percussions et le saxophone de mes fils .... ils sont partis ....Ils... l'ont quitté un jour de fin d'été ...mais ont laissé dans cet  immeuble au coeur de la vieille ville leurs notes sur les murs en pierre et dans la mémoire des  habitants ....parfois les murs parlent et me racontent ... hier dans la cage d'escalier .. j'ai croisé ma voisine ... d'en bas ... dans un élan et dans un sourire rayonnant, elle m'a demandé où étaient  partis mes fils ... je lui ai répondu ... qu'elle devait enfin avoir la paix ... elle m'a répondu .. qu'elle regrettait leur présence ... et leur musique si belle qui remplissait l'espace et la rue ...

les rues sont étroites, les immeubles très vieux ...on entend ce que chuchotte le voisin ... parfois la voisine .. et tout ce petit monde partage quotidiennement ses peines et ses joies ... parfois les portes des appartements s'ouvrent et les échanges se font sur le palier ... Il m'arrive de laisser ma porte ouverte toute la journée ... invitant les gens à boire le thé ... à discuter ... et la magie s'opère ... je travaille dans ce logement , mais j'aime rire et partager mes moments de vie  et je me rends compte que je ne suis pas seule à en avoir envie ....

la vie reprend dans ce batiment du XII e siècle ... entre les voûtes et les pierres remises à neuf ..et les rires colorent l'escalier ...
Les bonjours et les saluts résonnent dans l'ombre des ruelles .. et doucement le relief humain de ce quartier m'accepte... mes sourires et ma bonne humeur .. ont été accueillis sans peine ... mais je continue à me sentir prisonnière de cet univers trop carcéral pour mes dérives sauvages ...

 Mes fils jouent régulièrement dans cette ville que je n'aime pas ...
le 5 avril au brind'zink ... à Montpellier .... j'ai invité Phil à partager ce moment musical .. autour de bonnes bières ... !!!

Phil ... j'espère que tu n'as pas oublié ... ...!!!!




dans la maison
silence
le temps marque une pause





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Lundi 31 mars 2008
la maison dans l'impasse de Maria Messina...

la vie sicilienne, telle que la dépeint Maria Messina, n'offre ni paysages grandioses, ni drames sanglants.... elle est en ton mineur, faite de petits remous, dans une eau marécageuse, où sans bruit, disparaissent des êtres qui n'ont même pas la force de se plaindre .... Il y règne une indéfinissable, odeur de renfermé, de prison, une mélancolie obstinée de la province pauvre... des milliers, de petits propriétaires ont le coeur rongé par un perpétuel souci d'économie et autant de soleil, aussi éclatant soit-il, n'illumine jamais leurs vies âcres et soupçonneuses ....La pauvreté étouffe tous les sentiments, sauf le sacrifice résigné ...

Maria Messina, est née en 1880...  a écrit plusieurs romans et recueils de nouvelles ... à lire et à relire ... c'est excellent ...!!!



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Lundi 31 mars 2008
terrasse de café
reste
le rouge transparent de ses lèvres










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Jeudi 27 mars 2008


petite merveille botanique
 "allées  et venues"
 les arbres changent de saison





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Jeudi 27 mars 2008







jardin des plantes
le rouge rouge des oeillets
cherche la lumière




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Lundi 24 mars 2008




nuit sans sommeil ... il reste les pinceaux et les rêves .... mes pensées s'inventent sur les toits ... il m'arrive d'y monter en pleine nuit ...regarder la ville dans son soupir ... et quand le vent souffle sur les tuiles, je devine les grands espaces ... mes yeux se tournent alors vers la mer ... mais ne voient rien ... rien ...
sur les toits de la ville, il ne se  passe  rien ....les rêves ricochent aux rêves et s'échouent au lever du jour .... la lune gênée saccade son existence .... les nuages voyagent sans prendre le temps d'accoster ...et ... il fait froid... si froid ....






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Dimanche 23 mars 2008


chercher qui tu es
donne
le vertige



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Dimanche 23 mars 2008

il me parle d'hiver
je lui parle de printemps


je n'ai pas terminé ma phrase
que le soleil se voile






 








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3  nomade(s) migre(nt) sur ce blog

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves

 

courir vers lui
le ciel immense
ses bras ouverts
--

terre
la couleur de ses yeux
semer des fleurs

--

sous ma jupe
le vent
comme un intrus

la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude

--

petite la tenue
sortie des draps
elle pense à lui

--

éclat de rire
dans ses bras
éclat de vie

--


son sourire
entre les draps
deux mots

--


boire son vin
dans la même coupe
se resservir

--

 

dans le sable
quatre empreintes
l'une apprivoise l'autre


--

 
les restes du dîner
sur la table
parfum de sexe à côté

--

horizon confondu
au bout du bout
deux en un

--

odeur de mer
odeur de terre
la vie

--

reflet de lui
petit miroir
parle tant

--

parler et rire
un demi et un café
au soleil

--

à l'ombre des regards
collée contre le mur
lui si près de moi

--

deux oiseaux farouches
espiègles aussi
par moment

--

du bout des doigts frêles
calligraphie délicate
pensée dévoilée

--

le destin se cache
dans la courbe des reins tendus
frontière invisible

--

sur les ondes
une voix chaude
un chant dans ma tête

 

la pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues

--

revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique

 

 



les yeux ouverts
émotion plaisir
un tsunami


c'est jour de marché
des couleurs et des sourires
de la chaleur partout


 

de l'arbre au panier
des cerises des cerises
au merle volées


entre les fleurs vives
deux petits papillons
leur éclat en noce



sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie


sur le rocher, trois naïades
les pieds dans l'eau
paisiblement belles


 
vent éclair tonnerre
la pluie sans retenue
brume sur les versants


chaleur assassine,
dernières perles de rosée
aux feuilles suspendues


nue, au bord de l'eau
une libellule chemine
le contour de mes cimes


du bruit à l'odeur
tout est fébrile
reflet de chaleur


nuit épaisse et pleine
les arbres murmurent leur paresse
le vent sa langueur



 

visage ouvert
premier rayon de soleil
sourire, ivresse.


Le silence parfois
riche de sens et de force
éloquence fertile




mille secrets cachés
odeur de terre mouillée
odeur de camphre



comme un rêve de sang
les joues rose-rouge
trahissent l'évidence


que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches


plaintes lancinantes
le vent dans les embrasures
détresse d'automne


odeur de thym frais
et dans les cheveux mouillés
des contours sauvages


le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.


mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.


un rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ



 

entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith



quelques aquarelles
ma lunette et mes jumelles
images insolites

une douceur de printemps
l'hiver aux aguets
juste un prélude