Dimanche 14 novembre 2010
7
14
/11
/Nov
/2010
12:13
Sur les plateaux de l'Anatolie, la vie se conjugue aux temps oubliés... présent-passé ? on ne sait pas trop... la vie y reste
inchangée. le travail des hommes et des femmes y est dur et précaire... Les images défilent lentes et profondes de sens, on les regarde émus, se souvenant d'un temps, où nous vivions les
mêmes choses... se souvenant que quelque part, quelque chose nous a été volée, le coeur se desserre et s'ouvre à une tendresse infiniment déchirante ...
le temps de ce film, nous accompagnons un enfant poète, devenu silencieux... un père
apiculteur qui élève des abeilles dans les cimes des arbres... une mère tendre, douce et inquiète, qui partage sa vie avec les êtres qu'elle aime, dans une maison en bois perdue sur des versants
incroyablement boisés...
par de brèves chuchotements, le silence entre père et fils est très rarement brisé. Ces quelques mots soufflés entre eux, forgent une relation unique et profonde, où l'emotion se cache dans la pudeur des gestes et des regards ...
regard posé sur la vie, sur les arbres et sur le monde discret de la forêt...
regard posé sur le silence, l'amour, la tendresse des arbres, des hommes et des animaux
regard posé, sur un quotidien difficile...heureux et malheureux...
regard posé sur une culture menacée ...
regard sur la beauté et le chagrin que chacun se construit autour de soi
Dimanche 14 novembre 2010
7
14
/11
/Nov
/2010
11:41
Si l’action du film et les personnages sont contemporains, l’histoire puise sa source dans la culture d’un peuple mystérieux,
celui des Méria. Ils ont aujourd’hui disparu, leur culture a été depuis longtemps assimilée par les Russes... mais leur présence reste toujours palpable. Ils n’ont pas vécu d’une manière
singulière : ils s’habillaient, parlaient et se nourrissaient comme nous. Néanmoins, leurs racines sont davantage finno-ougriennes que slaves. Ils se reconnaissent entre eux à des signes subtils
qui échappent à notre perception. Lorsqu’ils ont à surmonter des épreuves, ils se tournent vers leurs rituels ancestraux. Par exemple, ils ne croient en aucun Dieu mais considèrent l’amour et
l’eau comme sacrés.
le titre original de ce fil est "Ovsyanki"ce qui signifie bruant, un fringille de la famille des moineaux...
deux hommes, deux oiseaux, une femme défunte... toute la force du film se déroule autour de ces étranges personnages
qui perpétuent et appliquent geste après geste sans hésitation ...un rituel connu d'eux seuls... Magnifiques dans leur chagrin pudique et impudique ces deux
hommes qui ont aimé la même femme, nous entraînent dans un voyage aux confins des secrets de l’âme, aux confins de l'éternel amour, à la célébration de la
féminité, dans un périple humain où tendresse et mélancolie ne font qu’un.
Jeudi 4 novembre 2010
4
04
/11
/Nov
/2010
23:02
premiers flocons
entre les feuilles rouges
des hêtres
les gouttières
se remplissent
de feuilles mortes
aucun bruit
les pas heurtent les pierres
du chemin
village de montagne
l'eau du torrent
traverse le lavoir
lavoir
où sont -elles
ces femmes aux mains gercées ?
sur les pierres usées
le silence remplace
le linge et le savon
plus un cri
plus un souffle
les lavandières ne reviendront plus
temps triste
sans pluie sans lumière
je redescends des montagnes
Publié dans : haiku-nomade
Mercredi 3 novembre 2010
3
03
/11
/Nov
/2010
22:05
unique au monde, le désert d'Atacama, est un lieu où s'inscrit la mémoire des civilisations .... sa sécheresse conserve l'histoire de la planète et
permet aux astronomes de remonter dans le temps ...
ce documentaire est de toute beauté .... beauté de l'univers, beauté des personnes qui le découvrent... beauté aussi de ses femmes qui arpentent ces
lieux à la recherche de leurs frères, de leurs soeurs, de leurs pères , de leurs mères, disparus, torturés, et enfouis dans ce désert... La corrélation entre ces êtres est indéniable...
Tout n'est que mémoire... le présent n'existe pas ... mais le passé proche ne peut être sans ce travail de mémoire qui nous concerne tous ... sans l'acharnement de ces femmes
désespérées, sans la volonté de ces hommes qui recherchent dans les étoiles, ce que nous sommes...Ensemble ils s'inscrivent dans le souvenir proche de leur pays de leur planète de notre
univers...
Lundi 25 octobre 2010
1
25
/10
/Oct
/2010
16:21
odeur de laine mouillée
sur le fil à linge
l'hiver se répète
il pleut
des montagnes
lentement vers la plaine
sur chaque nuage
flotte un nénuphar
cours d'eau
tout de calme
dans les marais
Publié dans : haiku-nomade
Vendredi 15 octobre 2010
5
15
/10
/Oct
/2010
12:28
Vincent Ségal violoncelliste, Ballaké Sissoko, joueur de kora
Lorsque les musiques se mélangent... les visages se détendent, les sourires remplissent les coeurs... l'envers du monde apparaît, simple, pur, sans
contrainte sans orgueil, tel qu'il devrait être à l'endroit... s'il arrivait un tout petit peu à se retourner... à se souvenir...
elle me suit
je la suis
l'aigrette solitaire
Mercredi 6 octobre 2010
3
06
/10
/Oct
/2010
20:45
terre d'asile
terre d'exil
quitter l'une
se perdre dans l'autre
aux arbres nus
s'accroche
le froid de la nuit
mouette des brumes (mer de Béring)
Lundi 4 octobre 2010
1
04
/10
/Oct
/2010
21:01
petite visite par... là ou si ça ne marche pas... aller là http://yurtao.canalblog.com/
Lundi 4 octobre 2010
1
04
/10
/Oct
/2010
20:31
au bout du pinceau
le silence
Publié dans : haiku-nomade
Samedi 25 septembre 2010
6
25
/09
/Sep
/2010
12:53
je suis restée là... assise... sur ce versant de montagne, face à la mer... Trait d'horizon à peine perceptible, tant la distance me séparait
d'elle, elle prenait avec le jour qui s'étirait, une teinte foncée soutenue presque menaçante... Au large les nuages se formaient avec une rapidité unique à cette étendue... De brume ils sont
devenues nuages... noirs inquiétants... ils roulaient vers la montagne comme des vagues déchaînées...
de la mer
les nuages sombres
roulent vers les versants
j'étais seule au soleil, assise en tailleur sur un rocher... un circaète planait au dessus de ma tête... nous ne semblions accorder de
l'importance qu'à la beauté de ce temps en changement... je le regardais déployer ses ailes blanches de grand seigneur, en quête de quelques serpents piégés dans les dernières chaleurs
d'automne... les quelques... avant son départ pour l'Afrique... Je fermais les yeux pour garder sa lumière dans ma mémoire.... les rouvrais ensuite pour regarder sur ma droite, cette forêt
de hêtres devenue familière à force de l'observer, de l'approcher, de l'apprivoiser, sans qu'elle ne me cède pour autant, le pouvoir de la saisir dans sa puissance...
sans âge
ces hêtres
sont plus sauvages que les oiseaux
sombres très sombres... comme ils savent le devenir à l'automne avant de prendre leur éclat final... les hêtres, franchissent le temps l'air de
rien... j'étais là... assise... immobile parmi l'immobile... pendant un temps suffisamment long pour ne plus sentir mes membres inférieurs...
j'étais tranquillement bien... tellement bien et tellement triste en même temps...
yeux fermés
les nuages ont une odeur
de sel porté vers les sommets...
ce goût de sel
un goût de nuages
Une envie de rejoindre la terre me saisit... une envie presque incontrôlable...
Sur le rocher chaud,
l'ombre des nuages
comme manteau
Publié dans : haiku-nomade
Mardi 21 septembre 2010
2
21
/09
/Sep
/2010
12:53
automne
ombres et lumières
allègent le feuillage
avant dernière saison
un peu de fraîcheur
le matin
en ville...
je viens je pars
pour finir ailleurs
fin de l'été
un oiseau solitaire sur l'étang
entouré de déchets
Publié dans : haiku-nomade
Dimanche 19 septembre 2010
7
19
/09
/Sep
/2010
11:38
voilà un film sud Coréen des plus démarqué... D'un cynisme impitoyable, il dénonce une société coréenne ultra bourgeoise où règnent des
richissimes sans partage ... Im Sang Soo avec un esthétisme glaçant, se saisit de la fiction éponyme de Kim Ki-young sortie en 1960 et en fait un sujet radicalement cuisant ...
Quittant très rapidement le monde en vrac de la rue décrit dans le début du film, le réalisateur nous enferme quelques minutes plus tard, dans une
villa somptueusement oppressante... Dans cette immense prison dorée, 5 personnes vivent en huis-clos... les tensions rapidement insupportables provoquent des émotions saturées... la
claustrophobie frôle l'érotisme... un érotisme sophistiqué, qui se devine plus qu'il ne se voit... Plus souvent sous-jacent qu'existant, il tend la situation vers l'inévitable., où
l'horreur côtoie une beauté froide quasi écoeurante qui nous conduit brutalement au drame final...
tout simplement génial ...
( un p'tit de plus à aller voir )
Vendredi 17 septembre 2010
5
17
/09
/Sep
/2010
22:05
long métrage palestinien...
faut -il en dire plus... ?
Je n'en ai pas la force...
Vendredi 17 septembre 2010
5
17
/09
/Sep
/2010
21:31
quelque part sur un rocher
assise
face à la mer
réchauffant mon dos
les rayons d'automne
accompagnent les oiseaux
Publié dans : haiku-nomade
Mercredi 15 septembre 2010
3
15
/09
/Sep
/2010
14:52
minuscule oiseau au chant puissant... le troglodyte mignon est un oiseau commun de nos forêts et de nos jardins... peut-être un des plus
petits (8 g) avec le roitelet... sa vitalité et son comportement assez familier nous le rendent très sympathique... la queue relévée il se dresse souvent sur les murettes et transperce
l'air de son chant retentissant... été comme hiver il accompagne nos saisons de sa présence vivace et sympathique... il est certainement un de nos endémiques le plus gai, le plus
désinvolte...
sous bois
le chant du troglodyte
une longueur d'avance
petit squatteur permanent
le troglodyte disparaît
sous le feuillage
pas l'ombre d'un rapace
le ciel bleu bleu bleu
encore bleu
quelques marches taillées dans le roc
pour une dénivelée de 1200m
tout en haut
sur le sommet
le vent cherche à m'emporter
dormir en haut de la montagne
croiser
le levant et le couchant
PS: j'ai eu la chance et le privilège de pouvoir faire graver trois sceaux en pierre, qui accompagneront
dorénavant mes peintures... je les ai dessinés et envoyés au bout du monde... où le graveur a fait un remarquable travail de reproduction.
aposés dans l'ordre, ces sceaux représentent ce que j'aime le plus.
" tsuru" grue cendré,"
" yachou" oiseau sauvage
" hana" plante ou fleur naturelle.
Ils seront enterrés avec moi, comme la coutume le veut dans
ces pays,..