Vendredi 2 novembre 2007

le jour  s'efface
avec lui
les fleurs de roseaux

1-copie-1.jpg

au bout du bout du monde ...pour y venir il faut y avoir une raison ... une envie  d'échapper à soi-même, à sa vie  à ses contraintes et  tout simplement retrouver le goût d'aimer..


 
pins.jpg
petite route perdue
dans les rizières
pour une rencontre


jonc.jpg










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Mercredi 31 octobre 2007
... l'automne  mordore  les eaux des étangs  et  durcit  celles des rizières.  Après plus de vingt ans de vie  rigoureuse sur un des reliefs les  plus austères de  France, j'apprivoise doucement  la géométrie de l'eau .
  Je la contemple  paisible et changeante sous les lumières du jour et de la nuit .... mes pensées s'écoulent au rythme de son  cours et  mes soupirs se déposent dans sa vase.  Tant de mémoire la berce vers le large. Tantôt douce, parfois sauvage, elle ne se soucie que de son tracé.


entre les joncs
l'eau perd son cours
 rien ne la retient




 
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Mercredi 31 octobre 2007
le soleil , par les deux petites fenêtres de ma  pièce de vie,  éclaire ma table ... le café fume, les volutes s'élèvent dans les rayons ...  Chopin rythme les contingences  de la vapeur de café .. je rêve.... les yeux encore gonflés d'une nuit sans sommeil ... j'entends le rouge queue sur la fenêtre voisine , son chant me rappelle le printemps trop loin ...
l'hiver m'attend et avec lui l'incertitude de le franchir ... je suis devenue transparente et si légère ...!!!


j'ai revu les cigognes noires, elles aussi restent  de ce côté de la méditerranée ..;peut-être arriverons-nous à passer le détroit ensemble ... elles, pour aller dans leur quartier d'hiver , moi pour un autre  voyage et un autre détroit ....!!!


ce matin Chopin mélancolique
se vaporise
  dans les volutes de café


"les Nocturnes"
au lever du jour
rappellent  mon insomnie

 
 dernier jour d'octobre
rien ne fait penser à l'hiver
et pourtant !


Philip Glass
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Mardi 30 octobre 2007



ensemble sur nos  vélos ce fameux lundi-là,  nous pédalions comme des gamins sans tenir nos guidons , main dans la main  nos espoirs dans nos rires , nos peurs dans nos baiser , nous rigolions, nous étions heureux , il y a si peu de temps ...
sous l'autoroute, nous avions  découvert,  les piliers de soutien tagués, par les artistes les plus underground de notre époque  .. Sorti des salons d'expositions figés, l'art crie en couleur forcée, sa liberté, sa volonté,  il retrouve sa dimension et son expression


   sous l'autoroute
les piliers reposent
les artistes exposent



peintres de la lumière
et de l'acrylique
land art - underground
 

sorti des musées
l'art  respire


pas de mécène
la clandestinité
porte la civilisation


peintures  guerrières
apocalypse
la violence est belle


pas d'illusion
tout se reflète
sur le béton


  deux pour le voir
juste deux
 et continuer la route





 

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Mardi 30 octobre 2007





mes pas sans cesse me mènent vers la mer, vers ce point de rencontre de deux en un  .... aujourd'hui ,vers l'abbaye de Maguelone , les étangs oscillaient entre le vert glauque et le bleu noir ... le ciel bleu , de ce bleu d'hiver que seul le vent éclaircit, avait la mine basse devant le dégradé violent de la mer ...la plage était déserte , le vent poussait mes pas vers l'ouest , je n'ai pu aller plus loin , je me suis assise sur le sable ,  me suis repliée et ai abandonné mon esprit aux galets ...ma détresse à la mer...




que de pas  se mélangent 
le sable dans les  traces
 couche par couche


 son nom
dans mes pas
le tout dans une vague

le tout vers le large






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Lundi 29 octobre 2007
Il y a un an, je quittais les montagnes pour les rizières, il y a  tout juste un an je poussais la porte de ma cabane pour un séjour de neuf mois... la première nuit passée, fut la plus dure... je ne savais pas ce qui m'attendait et je me sentais étrangère à ce relief. .. j'écoutais, j'attendais, je regardais silencieuse et doucement je me suis laissée séduire par ces étendues à perte de vue, je découvrais les ciels vastes à en perdre la tête., je découvrais les étangs, leurs couleurs qui s'accordaient au ciel,  les végétations de steppe, les chevaux, les taureaux, les oiseaux en nombre exceptionnel. je découvrais la terre blessée par la sécheresse, par  le vent et les hommes rugueux et rêches de ce bout du bout du monde.
C'était l'automne et l'hiver s'installa entre mes planches mal jointoyées, avec rapidité... le vent s'infiltrait et balayait ma cabane, pendant que mon poêle ronflait du bois que j'avais coupé dans les roubines. Je courais après les travaux à faire de droite et de gauche,  et le Rhône imperturbable  coulait à côté de ma vie .
Sauvage, je me promenais de longues heures dans les rizières asséchées, mes jumelles et ma lunette comme seules compagnes. Dans les étangs, j'a vu les oiseaux les plus singuliers, mais aussi les plus communs.. tous, m'apportaient un plaisir simple mais très profond..j'ai vu les vols de grues cendrées passés sur mon cabanon et les flamants rose , sans cesse autour de moi .
Mon confort, très limité ne me permettait pas, d'avoir le net dans ma cabane au début de mon installation... J'avais celui-ci dans un grenier non chauffé. Je passais mes nuits, enveloppée dans des couvertures et les doigts complètement gelés, à corriger quelques travaux, et à écrire des haïkus sur le net,.. Et un soir je l'ai rencontré, Lui.   Je lui ai répondu une fois sur un forum, et petit à petit de haïku en haïku, on s'est rapproché imperceptiblement, jusqu'à nous toucher devant la mer
j'ai souvent eu très froid dans ce lieu hostile et puis j'ai fini par tirer un câble téléphonique et  m'installer le confort dans mes planches près de mon poêle..L'hiver s'est écoulé ainsi, lentement au rythme d'une nouvelle rencontre, d'une découverte, et d'un réel plaisir.

Puis le printemps s'aménagea son temps et s'épanouit avec les venues de plus en plus fréquentes de cette rencontre ... les douceurs pointaient de toute part.. Les oiseaux partaient pendant que d'autres revenaient...Tout bougeait...
Mes premiers travaux dans les abricotiers m'ont étonnée... Je me suis fait surprendre par la résistance psychologique et physique que demandaient de telles activités ;seule au début, je me suis faite accompagnée par la suite de femmes très courageuses.et puis la douceur du climat me permit de franchir le Rhône de façon plus anarchique... une embarcation de fortune me portait chaque jour vers mon lieu de travail..

Je rentrais parfois épuisée avec de temps à autre 11 heures de boulots dans les pattes, je me précipitais sur mon ordinateur et sur le net , juste pour avoir le plaisir de le lire, Lui, et de voir son plaisir sourdre entre les mots...je passais mes soirées devant mon cabanon,  et je rêvais d'un avenir différent ; j'écoutais les bruits de la nuit, souvent étouffés par des concerts de grenouilles assourdissants...

Chaque semaine, je parcourais à pied un bout de la départementale 202 à sa rencontre. Chacun de nous avait son point de repère au bout de cette ligne droite... moi une voiture grise, Lui un tout petit point minuscule ...ce furent pour nous les moments les plus heureux de cette bien trop courte période...

L'été vint avec ses joies, mais aussi ses peines... la chaleur devint parfois insupportable, je frôlais les 40 ° dans mon petit espace...Les nuits plus insupportables que les jours, le sommeil tardait malgré le ventilateur qui tentait de tromper les températures excessives... et la récolte des abricots vira au pénible...

Lui était parti ... nous souffrions tous  deux de cet éloignement et à son retour nous découvrions pour la première fois le plaisir de partager quelques jours ensemble ...

 Le reste du temps, je cultivais le jardin avec mon amie... je lui apprenais les gestes des montagnes pendant qu'elle me montrait ceux des rizières... le temps passa encore par là jusqu'à la fin de l'été...Mon chagrin de plus en plus inconsolable par une réalité inflexible, me décida de quitter la vie sauvage des rizières, pour me rapprocher de Lui et du nouveau travail que je commençais à maîtriser...

j'ai refermé la porte de ce cabanon, laissant sur le seuil les plus beaux souvenirs, mais aussi les plus douloureux... Depuis, il reste clos... personne ne l'a rouvert...il a besoin de repos... il a besoin de laisser passer tout ce que je lui ai cédé

 Devant l'étang,  il attend lui aussi des jours meilleurs
                                                          un an vient de passer
 


 tout peint de blanc
le cabanon veille avec le pin
sur mon histoire


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Lundi 29 octobre 2007

j'ai  fait un rêve
le plus beau des rêves


 ce n'était  qu'un rêve
mais je l'ai rêvé


au réveil
il s'est caché
sous les draps


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Dimanche 28 octobre 2007


tout au bout  du  chemin
l'automne perd
ses dernières feuilles



l'hiver et moi
attendons
attendons
'une autre saison

feuille-28.jpg

il y a un an
j'ouvrais
la porte de mon cabanon



la nuit toujours
révèle ses faiblesses
et ses espoirs


de si loin
un sourire
embrasse mes lèvres


le passé
au présent
se mélangent


je ne me battrai
pas toujours seule



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Dimanche 28 octobre 2007
refaire des gestes
point par point
pour une démarche souple


le savoir
des petites mains
habille  les pieds


chaque automne
les mocassins tout juste faits
piétinent l'hiver

moca1-copie-1.jpg
  marcher sans bruit
  frôler la terre
l'entendre



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Dimanche 28 octobre 2007
j'éteins la lumière
la fenêtre entrouverte
passe la nuit

pas un souffle de vent
le contours des odeurs
aussi précis que les ombres


la chambre redéfinie
l'obscurité oublit son mystère
et mon sommeil


la nuit défile
de la chambre
à la chambre


après la nuit


la rosée
 sur la vitre
coule son destin


sur la pierre de seuil
quelques flaques
et un troglodyte mignon


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Vendredi 26 octobre 2007
l'odeur du bruit
la pluie sur les feuilles
assombrit le ciel

elles tombent
une à une
la goutte la feuille

le sol mousseux
retient les derniers bruits
de la saison

la nuit encore
  les oiseaux chuintent
leur vol étouffé

je reste assise
sans voix
 mon parapluie tambourine

un rythme
une vie
une pensée prend l'eau
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Jeudi 25 octobre 2007
 vol d'oiseaux
son reflet plus vague
dans la mer


rose et noir très blanc aussi
les couleurs
clapotent au large

  est-ce le bleu du ciel
  que je vois dans l'eau ?

est-ce le bleu de l'eau
que je vois dans le ciel ?

mon regard
confond les deux

 le long des eaux claires
je reprends ma route
silencieuse



hopper.corn-hill.jpg
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Mardi 23 octobre 2007
il y a des jours où le chagrin  me ravage et me broie  , aujourd'hui les larmes m'accompagnent dans mon travail..... Toute la nuit, j'ai corrigé les pages d'une revue en urgence ... Le froid, la tristesse plus envahissants dans le calme nocturne, ne m'ont pas épargnée ... Plus seule, que jamais , je sens mon désespoir  se dilater dans mes veines .. ma vitalité s'éteindre et mon coeur se briser à jamais ... le jardin des plantes est fermé depuis hier ... même lui ne pourra accueillir ma détresse ...dès que mon travail sera fini, j'irai  vers les étangs.. laisser  mes larmes amères se diluer dans le bleu de la mer.. dans le gris des étangs ...

jamais je n'ai été aussi triste .. aussi désemparée ...



tant d'efforts
ne voir que le noir
même devant la mer

si fin le sable
avec le vent
crisse dans ma tête

mon sourire s'efface
et dilue la couleur de mes yeux

les oiseaux sont  là
je les entends
les vois à peine

feuille-rose.jpg

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Lundi 22 octobre 2007
la tristesse
dans mes murs
l'absence et le froid


j'ai peur de l'hiver 
sans le savoir
il fera froid

 tant de travail
ce soir
pour oublier ma peine


automne-hiver
ma tronçonneuse
et les arbres


chaque année
pour  quelques stères
  elle chauffe


même en ville
le chant du bois
et son odeur


la ville
pour peu de temps
je l'ignore

 seule
elle me tue

j'ai quitté la montagne
pour le rencontrer

quitté les  rizières
pour me rapprocher

j'aimerais quitter la ville
mais ne le peux encore


tant de larmes
solitaire


automne-4.jpg





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Lundi 22 octobre 2007
mi octobre

  jardin des plantes
autour de l'arbre à voeux

son enveloppe
protège
les souhaits les plus touchants

gardien
des désirs et des attentes
depuis si longtemps


nos regard
émus
devant

 les petits mots
écrits

billets doux
même sur un tiket de caisse
écrit "je l'aime"

symbole d'espoir
dans son écorce

le plus beau des haïkus


le vent la pluie
comme pour les autres
l'effaceront


 
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1  nomade(s) migre(nt) sur ce blog

dans sa respiration
dormir
toucher ses rêves



  la mer et le ciel
  par beau temps
  dans son regard


--

sous ma jupe
le vent
comme un intrus

la tenir
entre mes cuisses
ma main toute chaude

--

avec la pluie
parfois
j'aime être triste

 

pluie en rafale
contre la vitre
et sur mes joues

--

revenir ce soir
ma cabane
une odeur unique

 


 les yeux ouverts
 émotion plaisir
... tsunami


 jour de marché
des couleurs  des sourires
de la chaleur partout


 

de l'arbre au panier
des cerises des cerises
au merle volées


entre les fleurs vives
deux petits papillons


sa peau froissée ondule,
dans chaque pli
un secret de sa vie


sur le rocher, trois naïades
les pieds dans l'eau
paisibles et t belles


 
inquiétant
comme l'approche d'un orage
le silence


nue, au bord de l'eau
une libellule chemine
le contour de mes cimes



nuit épaisse et pleine
les arbres murmurent leur paresse
le vent sa langueur



 

visage ouvert
premier rayon de soleil
premier sourire


Le silence parfois
riche de sens et de force
 fertile




odeur de terre mouillée
odeur de camphre



comme un rêve de sang
les joues rose-rouge
trahissent l'évidence


que le vent balaie
sans cesse les terres arides
de ces nobles mapuches


  lancinant
le vent dans les embrasures
détruit l'été


odeur de thym frais
dans les cheveux mouillés
des contours sauvages


le souffle de la terre
sur mon ventre tendu
que seul un homme entend.


mes pieds dans les feuilles
pas moyen d'être discrète
froissement, trahison.


rappel au temps !
le soleil mordore les arbres
et tanne mon départ



entre terre et ciel
le pourpre à l'horizon
lentement au zénith



quelques aquarelles
ma lunette  mes jumelles
dans les étangs


une douceur de printemps
l'hiver aux aguets
juste un prélude

  

l'hiver s'installe
dans les têtes dans les corps
derrière la vitre

 

 

le chant du vent
dans mes os transis

complainte glaciale


 

le rose discret
sur sa pâleur
 timide

 
 

 







 

 

 

 
















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